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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 06:00

 

Journée internationale

pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

 

C'est le 25 novembre 1960, qu'en République Dominicaine, les trois soeurs Mirabal (Patria, Minerva et Maria Teresa) furent sauvagement assassinées  sur les ordres du dictateur.

 

Une voiture attendait la leur en embuscade et elles ont été criblées de balles, achevées à la machette et remises dans leur voiture qui a été précipité dans le vide du haut d'une falaise.

 

Leur tort ? Etre des opposantes politiques.

 

Alors vous me direz, un dictateur, des opposants "extrémistes" ... Qu'est-ce que cela a à voir avec les violences sexistes ?

 

Eh bien, tout. Car ce sont les refus réitérés de l'une des soeurs aux assiduités du dictateur qui avait jeté son dévolu sur la jeune fille qui ont conduit à cet assassinat. Leur engagement politique n'était qu'un facteur aggravant et qui, du moins, a permis à Minerva de se refuser au dictateur.

 

Toute sa famille en a payé le prix fort. (informations Soeurs Mirabal - wikipedia)

 

Et dans toutes les parties du monde, la guerre ajoute à ses horreurs les violences systématiques aux femmes en tant qu'arme de guerre. Et dans cette posture ignoble et ignomineuse, les hommes et enfants soldats de tous les camps sont nominés à la première marche du podium.

 

Incendies, film magnifique de Denis Villeneuve, tiré d'une pièce de théâtre, est emblématique des horreurs dont des hommes sont capables et de leurs tragiques conséquences.

 

Mais nul n'est besoin de brandir les méfaits de la guerre !

A ceux qui se répandent depuis quelques jours dans les réactions et remarques au plan triennal annoncé pour lutter contre les violences aux femmes (et je le souhaite les faire reculer), qui fustigent une fois de plus ces "féministes outrancières et mal baisées" qui osent dénoncer ces violences, je voudrais juste leur dire d'ouvri les yeux et les oreilles et de prendre connaissance de ces quelques exemples ... extrêmes ? si seulement ...

 

En Grande Bretagne : trois femmes séquestrées et réduites en esclavage, dont la plus jeune n'est jamais sortie dehors (article du Parisien)

 

Au Kenya, un exemple parmi d'autres :

Kaia* avait onze ans quand elle a été agressée et violée sur le chemin de l’école. Un professeur l’a emmenée à l’hôpital, mais la police a exigé de l’argent pour enregistrer son témoignage.   

 

Kaia a donc pris une décision incroyablement courageuse. Elle a poursuivi la police devant la justice pour avoir refusé de la protéger. Et ce qui est encore plus extraordinaire, c’est ce qui s’est passé ensuite.   

 

Au Kenya, là où vit Kaia, une femme est violée toutes les demi-heures. La police a l’habitude de faire la sourde oreille, ce qui isole plus encore les jeunes victimes et renforce l’idée que le viol est toléré.   

 

Kaia et dix autres jeunes victimes ont dit "non". Le jour du jugement, ignorant les menaces physiques et malgré l’inaction des forces de police, elles ont défilé de leur foyer au tribunal en criant « haki yangu », « j’exige que l’on respecte mes droits » en kiswahili. Et le juge a rendu sa décision: les filles ont gagné ! 

* le prénom a été changé

 

et le 30 octobre, une réaction contre ces violences

Une manifestation est prévue aujourd'hui à Nairobi pour protester contre la remise en liberté des agresseurs de «Liz», une adolescente de 16 ans victime d'un viol collectif. (source Libération du 30 octobre)

 

 

Pendant ce temps, dernières les portes closes et les cloisons poreuses ou étanches, les violences ordinaires et l'abjection des tortures les plus rafinées se déclinent sur toute la gamme de la gravité et de l'imagination barbare.

Dans la masure mal close comme sous les ors des demeures de prestige.

 

 

Je suis juste une personne dont la famille a été profondément atteinte par la mort d'un jeune femme de 24 ans, qui était ma petite nièce, du fait de son compagnon, à l'issue d'un long calvaire où elle a juste dit une fois, quelques mois avant ce dénouement dramatique

 

"Je suis au fond de l'enfer"

 

sans que pesonne ne soit arrivé à la convaincre de sortir de cet enfer.

 

Toujours elle disait, ça va mieux, il va changer

 

 

Anne-Sophie, nous ne t'oublions pas

 

800px-L'Âge Mûr Camille Claudel

 

Merci à Yves Jamait, à Pierre Perret, à Yves Duteil, et tous les autres, qui portent haut la parole de ceux qui pensent que cette lutte est affaire de tous ensemble.

 

Pour ne pas rester sur cette note morose, n'oublions pas aussi que le 25 novembre est le jour des Catherinettes.

.

 

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Published by Jeanne Fadosi - dans chroniques-des-jours
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commentaires

flipperine 26/11/2013 18:37

et pourquoi ne pas partir de suite quand on reçoit des coups on croit tjs au père noël ou quoi

Jeanne Fadosi 27/11/2013 10:08



C'est typiquement la réflexion de qui ne connait pas ce problème ou fait semblant. Il me semblait avoir déjà répondu à cette croyance, mais non car elle me laisse sans voix.


le court-métrage qui figure dans le site que j'ai mis en lien dans Le monde d'Edmonde sera peut-être plus convaincant que je ne pourrais le faire



Loïc Roussain 26/11/2013 14:55

Une des "sujets de société" majeurs, et urgents ...
Merci !

Jeanne Fadosi 28/11/2013 17:30



je suis sensibilisée à cette urgence depuis plus de trente ans ...



Quichottine 25/11/2013 12:10

...

Pas facile notre monde pour les femmes... mais celles qui résistent le font avancer.

Pensées pour toi.

Jeanne Fadosi 26/11/2013 15:57



Oui mais résister est quelquefois bien périlleux. Les femmes ne peuvent résister que si c'est une affaire de tous et pas seulement une affaire de femmes


bises



ABC 25/11/2013 10:13

Elles sont toujours trop nombreuses à ne pas être respectées...

Jeanne Fadosi 25/11/2013 17:39



toujours trop oui.



Monelle 25/11/2013 09:47

Pourra-t'on jamais éradiquer un jour ce fléau ?
Bonne semaine - Bisous
Monelle

Jeanne Fadosi 25/11/2013 17:39



L'éradiquer non, je ne le crois pas. Mais la faire reculer. Oui c'est possible. L'Histoire nous le montre en ses grands mouvements de balanciers, quand il y a progrès. Notre époque actuelle
semble repartir dans l'autre sens. Raison de plus pour ne pas capituler ...


Bises



jill bill 25/11/2013 09:17

Bonjour Jeanne, oui je constaste que votre famille restera marquée à jamais par ce décès sous les coups, pas une mort comme on l'entend... Merci, JB

Jeanne Fadosi 25/11/2013 17:37



Le procès a rouvert des blessures qui se refermaient doucement. C'est encore très tôt. Mais la vie continue coûte que coûte tu sais. Moi je crois à la force du témoignage. D'autres se réfugient
dans le silence.



eMmA 25/11/2013 07:51

Merci Jeanne pour ton très bel article, documenté, explicatif, instructif et grandement émouvant.

Par solidarité, par conviction, par protestation, portons une jupe en symbole du respect de la dignité de la femme.

Moi qui ai la chance de vivre libre, heureuse et de ne subir aucune sorte de pressions, hormis celles que je m'impose moi-même, j'en porterai une même s'il fait bien frais aujourd'hui.

Ne jamais baisser les bras même si c'est pour se protéger.

eMmA

Jeanne Fadosi 25/11/2013 17:35



Je suis bien trop frileuse pour cela. Mais il y a des pantalons qui sont seyants et d'autres moins.


Il faut dire aussi que je me souviens encore de la lutte menée un hiver des années soixante pour arracher à la direction de l'école le droit de mettre un pantalon quand nous avions à sortir et
qu'il faisait moins de zéro degrés. Clic



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