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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 19:20

~ Billet 28 ~ réédition 29/12/2014 (première édition 29/11/2009  16:09)

Parce que dans ma bal, dans ma boite aux lettres, dans les spots publicitaires, ce qui est systématiquement mis en avant dans les appels aux dons des grandes ONG, de façon de plus en plus récurrente, c'est 

Donnez, c'est déductible des impôts.

Alors vous savez quoi ! ça a le don de me mettre en pétard ...

Moi je donne pour donner par pour que l'Etat en paie les 2/3 ou les 3/4

***


Cachez-moi ce pauvre que je ne saurais voir.

près d'un bidonville années 60 

 photo prise par un de mes frères au début des années 60 sans doute près d'un bidonville

 

Depuis quelques jours (29 novembre 2009), l'actualité est ponctuée par la litanie des morts de la rue. Depuis qu'on veut les obliger à aller dans les centres d'hébergement. Le thermomètre reste pourtant positif et après ces tristes découvertes, on passe à autre chose.

 

Mais cherche-t-on à savoir de quoi ils sont morts ? Est-ce un effet de résonance ? Y en a-t-il plus ou autant que d'habitude, quand on n'en parle pas ? Rien n'est dit de ces magasins qui rendent les produits jetés impropres à la consommation en les arrosant par exemple d'eau de javel ou pire.  Il n'y a pas que l'hypothermie. L'empoisonnement, la contagion, la traque, l'effroi, l'alcool ou le manque,  et toutes ces saletés de drogues qui financent au final les grands trafics d'armes et des régimes corrompus. Tout est hypothèse mais pourquoi met-on ces projecteurs sur un échec de plus de nos civilisations dites avancées.

 

Pas si simple pourtant, d'accueillir certaines personnes quand elles ne vous respectent pas. J'en sais quelque chose qui ai dû, le coeur en berne, mettre un terme aux visites de plus en plus perturbatrices et destructurantes d'un de mes fils, pourtant chair de ma chair comme il est écrit dans des textes anciens.

 

Dignité, un mot bien vulnérable quand tout incite, y compris pour ces personnes, au repli sur soi et à l'égoïsme .

 

Honte, quand un magistrat ose utiliser les ressources du code pénal pour condamner le DAL à 12000 euros d'amendes au titre de l'article xxx pour dépôt d'objets sur la voie publique.

 

Dépôt, dépôt de biens financiers, caisse des dépôts et consignations, banques de dépôts,

Dépotoir, mot prononcé par ce fils paumé pour qualifier la chambre où il pouvait se reposer de temps en temps et où il entrepose quelques objets qu'il a sauvé de ses diverses errances. Même plus des meubles qu'il a dû abandonner en urgence en province après une nuit de non retour.

Dépotoir, cité aussi par une amie dans sa phrase « il te prend pour un dépotoir », ce qui m'a heurté, parce que j'ai son chien en garde depuis continûment une bonne dizaine de jours, garde sporadiquement prolongée par de rares sms ou du silence. Aux dernières nouvelles, c'était pour jusqu'à vendredi, (hier).

Le chien est mieux traité que son maître. Oui mais qu'y faire ? Son maître est tellement en révolte qu'il se saborde tout seul et refuse la sérénité d'une vie plus régulière, voire ne sait plus canaliser sa violence.

 

J'ai fait un tour par le dictionnaire : petit larousse édition 2005 dans la belle édition illustrée de Christian Lacroix

 

dépôt : action de déposer en lieu sûr ; chose déposée ; somme confiée à un organisme bancaire

 

mais aussi lieu relevant de la préfecture de police à Paris où sont détenues les personnes en attente d'être présentées aux autorités judiciaires.

Cane vous rappelle rien ? N'est-ce pas là dans ce genre de lieu que se sont déplacées il y a peu  un tribunal pour auditionner un détenu qui refusait de se rendre au tribunal pour qu'il puisse être constaté l'indignité de leur confinement ! Par des magistrats, tiens !

 

dépotoir. A priori, on aurait pu penser que c'était justement le lieu où l'on faisait un dépôt. Peut-être en a -t-il été ainsi à l'origine. A l'aide Alain Rey, et pardon pour avoir cité un dico concurrent du vôtre.

dépotoir, donc : 1 dépôt d'ordures ; 2 familier et c'est là que ces conclusions prennent un caractère insultant pour les occupants des tentes de Seine : Lieu où l'on relègue des personnes jugées incapables ou trop médiocres.

 

Dois-je encore ajouter un commentaire.

Si pourtant, la plupart des centres d'hébergement d'urgence pour Paris sont relégués loin de Paris et le ramassage se fait par cars.

 

Les médias sont restés plus discrets sur la condamnation des don quichottes pour les tentes du quai de Seine

Quant aux expulsions de squats, c'est silence radio et télé !

 

Un an déjà et rien n'a changé, si ce n'est que ce ne sont plus tous les mêmes.

J'avais écrit ça.

 

ND quai Seine1 - reduc 

               Corolles écarlates

 

Corolles écarlates sur les berges glacées,

Vous n'avez qu'un instant fait fleurir les pavés.

La charge a été brève tout autant que musclée,

La matraque en action derrière les boucliers,

Sans considération pour les eaux menaçant

De geler le corps sec des campeurs imprudents.

Ils pensaient donc encore, inconsciente candeur

Qu'il suffisait de croire en l'instinct de grandeur

Des complaisants humains obéissant aux ordres !

Des sans logis sous tentes auraient trop fait désordre ;

La nuance est ténue du zélé au servile ;

Entre Seine et parvis, cars et files dociles

De touristes oublieux de la misère du monde

 Le temps si éphémère d'un p'tit tour à la ronde.

 

 

Voilà les jours d'avant qui faisait plus classieux ND quai Seine2 - reduc

La tente d'un bédouin au confort luxueux,

Posée comme un OVNI sur les Champs Elysées*

Dans le tumulte froid d'un hiver supplicié,

Pour y faire allégeance au roi des Oasiens,

Et accepter l'aumône de ce grand argentier.

Que j'ai mal à ma France, que j'ai honte à ma France,

Quand nos représentants s'humilient sans décence,

Chaque jour un peu plus, chaque jour plus indignes

Sourds à tous ces symptômes qui sont autant de signes.

Jusqu'où certains pourront avaler leur chapeau ?

Nier le rire sous cape, le pli sous le manteau ?

Idéaux sacrifiés au fronton des mairies

Avec les oripeaux de la démocratie !

Trois mots en onze pieds dans la pierre gravés :

Liberté, égalité, fraternité

Ces mots sont-ils à ce point donc antagonistes ?

Nos puissants sont d'habiles illusionnistes !

Ce cynisme masqué au nom du réalisme,

Voire affiché dans l'habit gris du pragmatisme.

Ils osent, sans vergogne, prétendre à l'éthique,

Lors qu'ils n'essayent que fuir le mendiant étique

Sublime, universel, humble en son corps noueux,

Celant une âme pure sous son aspect rugueux.

 

Décembre 2007 - Jeanne Fadosi-

Modifié et complété 19 avril 2008

 

* (complément du 30/12/2014) Le colonel Kadhafi avait été invité par le président Sarkozy pour une visite de cinq jours en décembre 2007 (informations Libération 07/12/2007 ; Ina.fr)   

 .

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Published by Jeanne Fadosi - dans Le-coin-du-crieur
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commentaires

mamazerty 30/12/2014 21:25

je rajoute "que dire sinon le dire"...le pire serait de faire silence, complice ou honteux....honteux mais complice....

Jeanne Fadosi 31/12/2014 10:57



le pire est de faire silence tu as raison


sauf que tout le monde n'ose pas ou n'a pas les moyens de le faire. Se taire sans acquiescer, ce n'est pas forcément de la complicité. On se sent comme tu le dis dans ton précédent com, si
démuni, si impuissant



mamazerty 30/12/2014 21:24

rien ne change sinon pour empirer....j'aurais aimé avoir autre chose à écrire moi qui généralement suis du genre positif, voire un chouia bisounourse à mes heures perdues mais là...que dire....

Jeanne Fadosi 31/12/2014 10:55



je ne sais pas si l'on peut dire cela. Le fait est que l'on "traite" toujours ce problème de l'urgence sans réussir à faire diminuer l'afflux des sans abris ni à prévenir. Ils ont augmenté de
près de la moitié en dix ans. Alors que les efforts étaient faits à population constante. 


Des efforts ont été faits parait-il dans les conditions d'accueil aussi. Je ne suis pas allée vérifier.


Le logement très social est en panne et là il faut aussi de l'accompagnement. Lutter contre l'alcoolisme et les autres consommations chimériques et destructrices (chroniques ou et aigus) au lieu
de condamner les bancs qui servent d'accessoires à l'alcoolisation  par exemple.


Mais il est vrai aussi qu'on a bien l'ongtemps abattu les platanes plutôt qu'éduqué à la bonne conduite automobile ... sobre



Quichottine 30/12/2014 14:02

Je ne donne pas non plus pour que l'état me rembourse une partie de mon don...

Je ne sais pas si cela stimule les donneurs...

Je crois aussi qu'il ne faut pas se voiler la face. Ce n'est pas facile de régler des problèmes qui peuvent être liés à des maladies psychiques ou autres...

J'avoue que je ne comprends pas certains reportages... et même si je culpabilise aussi, je n'ai pas de solution à proposer à ces personnes qui se retrouvent sans domicile à 25 ans...

Vers quel monde allons-nous ?

Jeanne Fadosi 31/12/2014 10:39



il est si facile de se retrouver à la rue ... une descente, un mauvais moral qui empêche de réagir, de mauvaises rencontres ...


On met beaucoup en avant les malades psychiques de la rue mais est-ce la maladie qui met dans la rue ou la rue qui rend malade ? un peu des deux peut-être ...



Tizef 30/12/2014 09:47

Merci et bravo, Fadosi ! déjà Coluche dénonçait le cynisme (et l'hypocrisie) des "dons", en déformant notre devise : "Liberté, égalité, choucroute" !
Mais pas de désespérance : "les armes branlent dans le manche" !

Jeanne Fadosi 30/12/2014 13:39



oh oui, pas de désespérance. Mais ne pas se tromper de combat et de combattants ...


Je viens d'ajouter un complément explicatif à mon poème. On a la mémoire courte. La vidéo de l'INA notamment est une piqûre de rappel assez consternante.



Martine 30/12/2014 06:34

Révoltant aussi ces villes qui suppriment les bancs par exemple pour empêcher les SDF de s'installer. Il y a de plus en plus de sans abris et la société les exclue de plus en plus. Est ce une
relation de cause à effet ou est-ce tout simplement la peur de finir dans la misère.
Je comprends très bien que tu sois obligée de te protéger de ton fils (cela me parle).
Belle fin d'année. Bises

Jeanne Fadosi 31/12/2014 09:51



pour autant que les statistiques soient précises il y a 44% de SDF en plus depuis 10 ans.


Il y a de multiples causes à ces situations et puis "sans domicile fixe" est une expression qui cache des situations bien différentes. 


les bancs, cette "erreur" a au moins le mérite que l'on parle enfin dans les médias de tous ces sièges publics qui depuis une vingtaine d'années ont été transformés pour qu'on ne puisse pas s'y
allonger


Bises et belle et bonne année Martine, par ici ou au bord de l'océan



jill bill 29/12/2014 20:39

Quel billet Jeanne... !!

Jeanne Fadosi 31/12/2014 09:54



je n'ose pas dire que c'est un "marronnier" car le sujet est trop grave mais il revient sans une ride, hélas aux premiers morts de la rue. J'ai même cette année anticipé l'actualité. Mais comme
dit mamazerty, ne pas faire silence


bises



harmonie37 25/02/2011 00:08



Il est des choses qu'il vaut mieux cacher, quand on ne voit pas, ça n'existe pas.


Si seulement cette politique de l'autruche pouvait avoir un intéret pour les personnes nécessiteuse.


Merci de ton témoignage pour ton fils, un choix très dur, un choix du non choix.


 


Les pauvres bords de Vienne, elles étaient pourtant jolies ces toiles de tentes, un peu comme des champignons multicolors c'est quand même plus joli qu'un champignon nucléaire !!!!!


 


Oui j'ironise mais que faire concrètement tant de choses sont faites déjà et rien ne change vraiment.


 


Gros bisous Jeanne



Jeanne Fadosi 27/02/2011 23:17



On ne peut pas éradiquer la misère et les petites gouttes d'eau, les soulagements individuels sont mieux que rien.
Mon fils depuis, je l'ai reçu à nouveau chez moi, mais c'est bien difficile et il cherche vraiment à avoir un toit à lui.
C'est vrai que les tentes rouges sont jolies en soi. Mais restent même quand on les tolèrent ce qui est de moins en moins le cas ( voir les chicanes que l'on fait aux habitats alternatifs
pourtant autorisés par les propriétaires des terrains et notamment les yourtes) elles restent de biezn fragiles protections. 



Quichottine 24/02/2011 20:14



Dire, dire encore, même si l'on doit être pris pour des doux rêveurs, ou des faiseurs d'embrouilles.


 


La liberté est-elle encore vraiment là ? L'égalité ne l'a jamais été... et la fraternité... une utopie sans cesse bafouée.


 


Et ce n'est pas fini.



Jeanne Fadosi 27/02/2011 23:05



Raison de plus pour continuer ...



Jeanne Fadosi 28/07/2009 22:22

quand je relis cela et la nécessité d'en parler, je me pose une question à propos de Baudelaire : était-ce pour de bonnes ou pour de mauvaise raisons qu'il n'aimait pas les gazettes ?

nicole 25/12/2008 13:00

C'est un texte qui sort du coeur et qui appartient à la réalité, malheureusement. Il faut continuer à le dire, à l'écrire, pour que toute cette façon de vivre individualiste commence à s'effacer. Les gouvernants d'un pays montrent l'exemple, et actuellement égalité - fraternité - liberté sont mises à rude épreuve (mais cela a toujours été le cas, mais beaucoup plus caché, moins méprisant).
Malgré tout cela ... Joyeux Noël, du rêve et de l'amour.

Jeanne Fadosi 25/12/2008 17:47


Merci Nicole, du rêve et de l'amour à toi aussi et à ceux qui t'entourent. Contrairement au dicton "qui dort dîne", cela ne suffit pas quand on a rien.


luna 05/12/2008 19:31

Merci pour ton passage " dans mon lieu" et ton commentaire....la légéreté à notre époque est je pense indispensable .nous en avons tous besoin pour souffler un peu et se reposer intérieurement de toute cette gravité qui hélas nous entoure
A bientot
Luna

Jeanne Fadosi 05/12/2008 19:49


tout à fait d'accord comme tu as pu le voir sur mon dernier billet où le grave revient quand même en toile de fond. Merci pour ton encouragement


Maelis 02/12/2008 12:49

que dire .... a part que j'ai la chair de poule à te lire ...

Jeanne Fadosi 03/12/2008 18:10


Si c'est un moteur pour avancer vaille que vaille ...


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