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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 11:00

 

Vu la période de noël qui arrive, je pourrais vous inviter à lire ou a relire Les  trois messes basses, l'une des Lettres de mon moulin, d'Alphonse Daudet.

 

Une envie pourtant de rester à la marge des gourmandises à décliner en poésie que suggère Lilou aux CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°92

 

Envie de vous faire écouter Grasse matinée de Jacques Prévert, non par Moulougji (qui le chante superbement) mais dans cette version de Marianne Oswald,

lien vers le texte du poème ICI

 

Parce que j'ai entendu récemment l'un des coqueluches actuelles de la littérature dire qu'elle n'aimait pas Prévert trouvant ses poèmes trop simples et enfantins ... (ne me demandez pas son nom, je l'ai oublié et sinon je ne vous le dirais pas)

 

Parce que, en arpentant l'un des passages de Paris que je retrouvais, bien chaussée et couverte avec des amis pour une journée de randonnée citadine, j'ai  sans doute croisé sans le savoir des hommes ou des femmes au ventre creux ...

et je pourrais ajouter aussi :

 

Dégustation

 

En guise de cuiller habilement courbé 

Le couvercle d'alu d'un yaourt aux fruits

Délice de gorgées dégustées

Avec lenteur ;

Et sur son visage ravagé avant l'âge

L'ineffable apaisement

D'une faim et d'une soif sans heures

Et la saveur retenue

En secondes d'éternité.

A peine lisible sur sa face

Le plaisir fugace

Inavoué, inavouable

Volé au chaos de l'errance.

Je lui souris.

Un sourire en retour

A peine au bord des lèvres

Bien plus aux plis des yeux

Et dans la flamme du regard ;

La vie, parcelle d'humanité.

Jeanne Fadosi, jeudi 13 décembre 2012

 

(Témoignage d'une scène observée en prenant le RER récemment)

 

passage-Paris-rive-droite-reduc.JPG

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Published by Jeanne Fadosi - dans jeudi-en-poésie-etc
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commentaires

chloé 15/12/2012 22:12


Prévert était un grand homme qui savait adopté un langage simple pour qu'il soit accessible à tous! c'est le signe à la fois d'une grande humilité et d'une très  grande intelligence! Ses
mots étaient d'une  étonnante justesse! Merci à toi de ces beaux et généreux partages .Bisous.Chloé

Jeanne Fadosi 16/12/2012 18:24



Dire des choses profondes avec un lanagage simple compris du plus grand nombre, ce n'est peut-être pas ce qui convient aux snobs mais c'est la marque des grands


bises



Solange 15/12/2012 03:47


Ton poème est bien beau et touchant. Moi j'aime beaucoup Prévert c'est toujours un plaisir de le lire.

Jeanne Fadosi 15/12/2012 13:25



mais oui et nous sommes très nombreux ...



patriarch 13/12/2012 16:56


j'aime,un poème plein d'humanité.... Bisous

Jeanne Fadosi 15/12/2012 13:29



une observation en prenant le RER.


Bises



Malika 13/12/2012 16:13


TRès bon jeudi.

Jeanne Fadosi 15/12/2012 13:29



merci



josette 13/12/2012 16:11


Prévert enfantin ? et Tardieu dirait d'elle "la môme néant" j'aime les poètes "enfantins" les rêves et les lutins. Cette écri-vaine (je ne sais pas de qui tu parles) je ne dégusterai pas elle
mérite tout au plus qu'on la gourmande.


bonne soirée Jeanne

Jeanne Fadosi 15/12/2012 13:30



je suis d'accord. et l'enfantin n'est qu'apparent chez Prévert.


belle journée Josette



Monelle 13/12/2012 15:43


Merci pour ce beau poème qui parle, malheureusement d'une actualité trop cuisante !!


Bonne fin de journée 



Jeanne Fadosi 15/12/2012 16:01



la précarité se répand sur le monde comme une autre contagion ... 


belle fin de semaine



Quichottine 13/12/2012 14:52


Je souris... tu sais, ceux qui disent que les poèmes de Prévert sont simples et enfantins ne l'ont jamais vraiment lu...


 


Il va beaucoup plus loin dans l'analyse que d'autres. Mais je pourrais dire que les enfants ont souvent une perception des choses que nous perdons au fil des ans...


 


Ton poème est très émouvant, Jeanne. Merci de l'avoir partagé avec nous...


Et merci pour ce sourire offert.


 


Passe une douce après-midi. La pluie est presque de la neige.

Jeanne Fadosi 15/12/2012 16:08



peut-être. à moins qu'ils n'aient pas compris ou pas voulu comprendre, parce que le monde tel qu'il est (hélas) ne les intéresse pas au-delà de leurs lieux de fréquentation ...


Ce poème est juste ce que j'ai vu et un échange muet entre cette femme et moi


bises et belle fin de semaine dans le gris et le redoux. Je préfère quand il fait beau, même s'il fait plus froid



Oxygène 13/12/2012 13:53


Ce sourire reçu en échange d'un regard est un cadeau, mais un cadeau douloureux. Cette période hivernale, période de fêtes pour la plupart rend la misère et la souffrance plus palpables encore.


Quant à Prévert, oui, ses poèmes sont simples et naïfs, mais pour ma part, c'est la raison pour laquelle je les aime. Ils disent simplement les choses et pour ça me vont droit au coeur.


Bises à toi Jeanne et bonne journée.

Jeanne Fadosi 15/12/2012 16:11



Cadeau douloureux, sûrement. On les chasse de partout et elle trouvait quelques minutes pour se concentrer sur ce plaisir de la dégustation


ils ne sont simples et naïfs qu'en apparence. Ils disent les choses simplement au premier degré et souvent ils disent bien autrement l'épaisseur du monde ...


bises et belle fin de semaine



Lenaïg 13/12/2012 12:59


  Magnifique, Jeanne ! J'aurais voulu écrire quelque chose comme cela, car les rencontres que je fais dans les rues
me hantent aussi (j'ai fait un quatrain, tu l'as vu, sur ce sujet aussi). Merci pour les liens, sublimes textes qui font voir les deux facettes de la gourmandise, Daudet pour sa malice et Prévert
pour sa gravité, n'en déplaise à celle qui le trouve enfantin ! Grosses bises.

Jeanne Fadosi 15/12/2012 16:15



Tu vois Lenaïg. Je n'ai pas osé lui demander si je pouvais la photographier. J'ai d'abord admirer l'astuce pour remplacer une cuiller. Mais j'aimerais surtout que ce genre de scène ne puisse plus
s'observer, parce que cette misèr-là n'existerait plus. Et ce serait possible au moins en partie.


La gravité de Prévert, sous la malice de ses mots, c'est trop dérangeant. 


bises



mansfield 13/12/2012 12:23


Une bien jolie scène où l'on prend le temps de savourer les joies simples de la vie!

Jeanne Fadosi 15/12/2012 16:17



une scène insolite, émouvante et douce-amère vu l'extrême précarité de cette vieille femme qui trouvait quand même le temps d'apprécier ce tout petit petit déjeuner ...



jill bill 13/12/2012 12:11


Gourmandise pour les uns, ceinture pour les autres... décembre fait mal !!!  Ton cliché joint, comme un pendu au lointain... une fin dans la faim ai-je envie d'écrire... Merci... Bises

Jeanne Fadosi 15/12/2012 16:19



ah je n'avais pas remarqué ! c'est juste un luminaire je crois ou une décoration de noël un peu piteuse et qu'on distingue mal


Elle apaisait un tout petit peu sa faim et en même temps elle savourait. 


Bises



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