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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 06:00

 

Ou plutôt de Prévert, rendons-lui son si bel inventaire et si vous voulez l'écouter en même temps CLic

NB je ne sais pas si ce qui suit est la version initiale ou dernière ou l'une ... Jacques Prévert revenait sans cesse sur ce qu'il écrivait et l'inventaire a de nombreuses variantes de son fait ou de celui des ses interprètes et brodeurs ...

 

Inventaire

 

Une pierre

deux maisons

trois ruines

quatre fossoyeurs

un jardin

des fleurs

 

un raton laveur

 

une douzaine d'huîtres un citron un pain

un rayon de soleil

une lame de fond

six musiciens

une porte avec son paillasson

un monsieur décoré de la légion d'honneur

 

un autre raton laveur

 

un sculpteur qui sculpte des Napoléon

la fleur qu'on appelle souci

deux amoureux sur un grand lit

un receveur des contributions une chaise trois dindons

un ecclésiastique un furoncle

une guêpe

un rein flottant

une écurie de courses

un fils indigne deux frères dominicains trois sauterelles un strapontin

deux filles de joie un oncle Cyprien

une Mater dolorosa trois papas gâteau deux chèvres de Monsieur Seguin

un talon Louis XV

un fauteuil Louis XVI

un buffet Henri II deux buffets Henri III trois buffets Henri IV

un tiroir dépareillé

une pelote de ficelle deux épingles de sûreté un monsieur âgé

une Victoire de Samothrace un comptable deux aides-comptables

   un homme du monde deux chirurgiens trois végétariens

un cannibale

une expédition coloniale un cheval entier une demi-pinte de bon

   sang une mouche tsé-tsé

un homard à l'américaine un jardin à la française

deux pommes à l'anglaise

un face-à-main un valet de pied un orphelin un poumon d'acier

un jour de gloire

une semaine de bonté

un mois de Marie

une année terrible

une minute de silence

une seconde d'inattention

et ...

 

cinq ou six ratons laveurs

 

un petit garçon qui entre à l'école en pleurant

un petit garçon qui sort de l'école en riant

une fourmi

deux pierres à briquet

dix-sept éléphants un juge d'instruction en vacances assis sur un pliant

un paysage avec beaucoup d'herbe verte dedans

une vache

un taureau

deux belles amours trois grandes orgues un veau marengo

un soleil d'Austerlitz

un siphon d'eau de Seltz

un vin blanc citron

un Petit Poucet un grand pardon un calvaire de pierre une échelle de corde

deux soeurs latines trois dimensions douze apôtres mille et une nuits

trente-deux positions six parties du monde cinq points cardinaux

dix ans de bons et loyaux services sept péchés capitaux deux doigts

de la main dix gouttes avant chaque repas trente jours de prison

dont quinze de cellule cinq minutes d'entr'acte

 

et ...

 

plusieurs ratons laveurs.

 

Jacques Prévert, Paroles, 1946

 

pour revisiter Prévert : Gabriel Villa

Jacques Prévert, poète et scénariste français, 1900 - 1977

 

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 05:00

 

"Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour"

Arthur Rimbaud, Les Assis, 1871

 

Incontournable choix pour continuer et accompagner les réflexions qu'ont soulevées la lecture des propos de Bernard Pivot sur "vieillir" voir ICI et suivre les à suivre ...

 

Poème à lire en écoutant Léo Ferré si le coeur vous en dit après avoir écouté cet entre deux mis dans les deux premières minutes de ce clip

 

Arthur Rimbaud n'a pas 17 ans quand il écrit ce poème contre ceux qu'il pense être tous les empêcheurs de vivre.

Un cri de révolte adolescente, un refus de vieillir qu'il voit telle une sclérose, un racornissement.

 

Les Assis

 

Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues

Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,

Le sinciput plaqué de hargnosités vagues

Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;

 

Ils ont greffé dans des amours épileptiques

Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs

De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques

S'entrelacent pour les matins et pour les soirs !

 

Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,

Sentant les soleils vifs percaliser leur peau,

Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,

Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.

 

Et les Sièges leur ont des bontés : culottée

De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;

L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée

Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains.

 

Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,

Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,

S'écoutent clapoter des barcarolles tristes,

Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour.

 

- Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage...

Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,

Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !

Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.

 

Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves,

Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,

Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves

Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors !

 

Puis ils ont une main invisible qui tue :

Au retour, leur regard filtre ce venin noir

Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue,

Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir.

 

Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,

Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever

Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales

Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever.

 

Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières,

Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,

De vrais petits amours de chaises en lisière

Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;

 

Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule

Les bercent, le long des calices accroupis

Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules

- Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.

Arthur Rimbaud, printemps 1871

 

* les Assis qu'évoque A. Rimbaud sont entre autre des collégiens comme lui qui fréquentent la même bibliothèque où il se réfugie alors qu'il a encore fugué pour refuser de réintégrer son collège et qui ont renoncé à échapper à la sclérose du vieillir.

Pour un début d'explication de texte voir ICI

 

Arthur Rimbaud, poète français précoce puis aventurier et écrivain épistolaire, 1854 - 1891

empreinte-de-dix-doigts-en-deux-mains---rd.jpg

cinq (5) doigts plus (+) cinq (5) doigts égalent (=dix doigts

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 18:00

 

 

Evo9glyph.svg.png

 

Une histoire de neuf

Qui se passe de mots.

Un neuf question

Avant de faire preuve.

Un neuf poli

de l'an nouveau,

un oeuf du jour,

de cour à cour

pour Petit Paul

Si fragile,

quotidiennement

au gré des poules

pondeuses.

A-t-il eu son oeuf du jour ?

Nous avons quitté le bourg

J'y ai laissé mon premier ami ;

C'est la vie.

Avant ses neuf ans,

C'est la vie

qui l'a quitté

comme annoncé,

sans le laisser vieillir.

Jeanne Fadosi, à Petit Paul, 15 août 2013

 

 histoire du neuf à retrouver sur wikipedia - 9 (nombre)

 

en pas de côté de ma série de réflexions inspirées par les mots de Bernard Pivot pour "vieillir" ICI,  ICI et ICI (en préparation)

J'évoquais ce Petit Paul dans Mes premières indignations

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 05:00

 

Difficile quête pour l'usage du neuf en poésie. Google et les autres moteurs de recherche ne font guère le tri entre neuf le nombre (du latin novem) et neuf l'adjectif (du latin novus = nouveau)

Sans compter les Dix-Neuf ... Poèmes anciens (poèmes populaires de la dynastie Han chinoise) ou Dix-neuf poèmes élastiques de Blaise Cendrars.

Juste vu quelques comptines et l'évocation d'un recueil à tirage très limité de Francis Carco.

 

Mais en persévérant, en allant jusqu'à la page 8  des propositions à ma requête, j'ai découvert une pépite, sur un site de poésies érotiques (non, je ne vous donnerai pas le lien). Ce qui convient au sujet. Encore que l'érotisme décliné ainsi est d'une si grande délicatesse  qu'il me semble qu'il faudrait le recommander à tous les adolescents ...

J'ai trouvé d'autres sites pour vous donner à lire ce poème, qui ne soit pas la porte vers d'autres littératures à réserver à un " public averti "comme on dit.

 

Les neuf portes de ton corps

Guillaume Apollinaire1, Lettres à Madeleine2, publication intégrale, Gallimard, 2005

 

1. Guillaume Apollinaire 1880 - 1918 

2. Madeleine Pagès 1892 - 1965

Bien qu'écrites par Guillaume Apollinaire, ces lettres sont une correspondance privée qui n'a été que très partiellement éditée avec l'autorisation de sa destinatrice en 1952 et sans mentionner son nom. Une deuxième édition encore très incomplète est parue en 1966 après la mort de Madeleine Pagès. 

 

 

D'autres merveilles entrent pourtant dans ce champ du neuf en poésie des nombres,

Les neuf cercles de l'enfer de Dante dans La Divine Comédie

La déclinaison des caractères des neuf muses

 

Et l'histoire du graphème du 9 est en lui-même tout un poème !

 

neuf-coquelicots---reduc1.JPG

neuf (9) coquelicots

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 06:00

 

Arthur Rimbaud met à seize ans des mots sur les paysages intérieurs du poète de sept ans, lui peut-être, rêvant loin de sa monotone réalité.

Roger Vidal, lui, met des mots sur l'indicible vécu d'enfants de huit ans, à Gernica, dans le ghetto de Varsovie,  à Hanoï ...

Ce poème a été écrit en 2009 et mis en ligne sur webnet.fr où il est un de leurs coups de coeur, à juste titre

 

J'avais huit ans, de Roger Vidal, 16 juillet 2009

 

 

Comme en écho ...

 ... à ce témoignage de Françoise Huguier et Julien Frizot, J'avais huit ans, Actes Sud, 2005

 

Le temps m'a manqué pour en obtenir à temps l'autorisation de le mettre en ligne.

Point d'autres poèmes avec le nombre huit. Il en existe sans doute, mais Internet ne me les a pas indiqués.

Vous connaissez mon entêtement. Je fais un pas de côté en me souvenant que la pieuvre ou le poulpe se nomment octopus en anglais tout simplement parce qu'il a huit bras.

Une nouvelle requête pour me conduire au bestiaire de Guillaume Apollinaire et ce court poème :

 

Le Poulpe

 

Jetant son encre vers les cieux,

Suçant le sang de ce qu’il aime

Et le trouvant délicieux,

Ce monstre inhumain, c’est moi-même.

Guillaume Apllinaire, Le bestiaire ou cortège d'Orphée, 1911

 

Guillaume Apollinaire, poète et écrivain français, 1880 - 1918


Octopus ornatus Gould

huit (8) bras du poulpe (octopus)

 

Bonus de dernière minute, jeudi 9h30 :

Comme j'ai l'esprit d'escalier et que je n'ai jamais été spécialement attirée par cette installation à se faire peur à bon compte, je viens seulement d'associer Le grand huit à cette étape de la poésie des nombres.

Aussitôt, joignant le geste à l'idée, je tape "grand huit" "poésie"

 

Et là, divine surprise ! voilà ce que je découvre ICI pour fêter les 80 ans de Michel Deguy.

Une chaine d'amitié extraordinaire d'une grande originalité et aussi un poème plein de sens.

Michel Deguy, un poète de 80 ans ... comme tant d'autres que je ne connais pas () parce que les poètes actuels ne font pas la cote dans les medias. Dans ma jeunesse je connaissais les poètes du moment, grâce à d'obstinés passeurs sur les ondes et dans l'édition, tels Seghers ou Jean-Louis Bory ou d'autres.

Amateurs de poésie, nous devrions pourtant le connaître : grand prix national de la poésie en 1998 et Grand prix de poésie de l'Académie française en 2004 !

 

Un poète nous hante qui soit l'hôte des différences,

et ainsi porté à pulvériser les genres."

Michel Deguy

(citation trouvée sur la page de Jean-Michel Maulpoix et Cie, diversité de la poésie française)

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 05:00

 

S pour les nombres débute (en français) le six ou le sept et même le septante de nos amis Belges ou Suisses.

Aujourd'hui honneur au 7, sept, VII 

Evadons-nous au plus loin de la planète pour évoquer aussi le 七 chinois (qī) ou japonais 

 

Ma quête de poèmes centrés sur un chiffre ou un nombre n'est pas sans difficulté sur Internet. Entre les vers de sept pieds, les sept poètes de la Pléïade au XVIe siècle et les comptines d'école, lesquelles ont bien sûr leur mérite qui est grand3, Paul Eluard et ses sept poèmes d'amour en guerre (1943), je n'avais trouvé parmi les poètes célèbres que, excusez du peu, un poème de jeunesse de Rimbaud4

 

Sept ans, pour les adultes chargés d'éducation, c'est l'âge de raison. Rimbaud l'enfant précoce (c'est sans doute ce que l'on dirait maintenant après l'avoir dit surdoué), célèbre ici Les poètes de sept ans.

 

Les poètes de sept ans1

 

A M. P. Demeny.

 

Et la Mère, fermant le livre du devoir,

S'en allait satisfaite et très fière, sans voir,

Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,

L'âme de son enfant livrée aux répugnances.

 

Tout le jour il suait d'obéissance ; très

Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits

Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.

Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,

En passant il tirait la langue, les deux poings

A l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.

Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe

On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,

Sous un golfe de jour pendant du toit. L'été

Surtout, vaincu, stupide, il était entêté

A se renfermer dans la fraîcheur des latrines :

Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.

Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet

Derrière la maison, en hiver, s'illunait,

Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marne

Et pour des visions écrasant son oeil darne,

Il écoutait grouiller les galeux espaliers.

Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers

Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,

Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue

Sous des habits puant la foire et tout vieillots,

Conversaient avec la douceur des idiots !

Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,

Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,

De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.

C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment !

 

A sept ans, il faisait des romans, sur la vie

Du grand désert, où luit la Liberté ravie,

Forêts, soleils, rives, savanes ! - Il s'aidait

De journaux illustrés où, rouge, il regardait

Des Espagnoles rire et des Italiennes.

Quand venait, l'oeil brun, folle, en robes d'indiennes,

- Huit ans - la fille des ouvriers d'à côté,

La petite brutale, et qu'elle avait sauté,

Dans un coin, sur son dos en secouant ses tresses,

Et qu'il était sous elle, il lui mordait les fesses,

Car elle ne portait jamais de pantalons ;

- Et, par elle meurtri des poings et des talons,

Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

 

Il craignait les blafards dimanches de décembre,

Où, pommadé, sur un guéridon d'acajou,

Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;

Des rêves l'oppressaient chaque nuit dans l'alcôve.

Il n'aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu'au soir fauve,

Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg

Où les crieurs, en trois roulements de tambour,

Font autour des édits rire et gronder les foules.

- Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles

Lumineuses, parfums sains, pubescences d'or,

Font leur remuement calme et prennent leur essor !

 

Et comme il savourait surtout les sombres choses,

Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,

Haute et bleue, âcrement prise d'humidité,

Il lisait son roman sans cesse médité,

Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,

De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,

Vertige, écroulements, déroutes et pitié !

- Tandis que se faisait la rumeur du quartier,

En bas, - seul, et couché sur des pièces de toile

Écrue, et pressentant violemment la voile !

Arthur Rimbaud2, Poésies, 26 mai 1871.

2. Arthur Rimbaud, 1854 - 1891
3. Sept couleurs magiques (ce sont les couleurs de l'arc en ciel)
4. Avant de mettre en ligne une semaine plus tard (mardi 30/07 au matin), je découvre avec plaisir comme nouvelle occurence, un poème de Charles Baudelaire, Les sept vieillards, qu'il dédie à Victor Hugo. J'en espère une mise en ligne sur l'un ou l'autre de vos blogs, même si les interprétations en sont bien complexes et contradictoires.
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sept-coquelicots---reduc1.jpg
sept (7) coquelicots
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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 04:00

 

L'automne dernier, j'avais ouvert, à la suite d'un alphabet en poésie égrené tout l'été, cet alphabet et poésie des nombres que j'ai laissé en carafe à Trois.

C'est Lénaïg, avec son très joli Un, deux, trois ... qui m'a fait retrouver la mémoire, ayant elle-même voulu faire trois p'tits sauts à partir d'un "magnifique et sombre poème de Stellamaris", comme elle le dit elle-même.

 

Vous retrouverez les premiers en allant (sur la droite du blog) à la catégorie "Alphabet en poésie des nombres", j'avais commencé par le Zéro.

Pour le rythme de mes parutions dans cette rubrique, c'est ici :

Oyez, oyez CROQUEURS DE MOTS et les autres

 

Le sixième jour, Livre de la genèse revu par Dracontius et traduit par Stanislas Gamber

 

Le sixième jour, dans Le livre de la genèse

 

Le soleil se levant radieux avait ouvert le sixième jour, quand, du sein maternel de la terre, la nature enfanta les animaux. Le front armé de cornes, le jeune taureau s'élance ; la jeune génisse suit, à travers les prés, ses traces vagabondes. Le cerf, au bois découpé en palmes, s'échappe dans les champs, et plus loin bondit l'animal, né pour les batailles, le rapide coursier. Sans pitié, la terre produit les terribles lions. Puis, c'est la brebis, avec son innocence, dévouée aux ruses du loup, et le daim qui s'enfuit devant les rauques abois des molosses. Le sanglier écume et, menace mortelle, montre ses défenses recourbées ; il se replie sur ses flancs et, farouche, se prépare au combat : malheur si, contre ses rudes flancs, la faim pousse un lion de Numidie, ou si un autre sanglier vient en écumant le provoquer à la guerre !"

traduction d'une poésie latine du Ve siècle de Dracontius, par Stanislas Gamber (extrait livres Google)

 

jeune cervidé - reduc

jeune cervidé sur une vieille couverture de livre (anthologie de Buffon)    

 

et aussi :

Les six cordes (Las seis cuerdas), de Federico Garcia Lorca, sur le blog de Mimi des Plaisirs

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six-coquelicots---reduc1.JPG

six (6) coquelicots (et quelques fleurs de camomille)

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 03:00

 

L'automne dernier, j'avais ouvert, à la suite d'un alphabet en poésie égrené tout l'été, cet alphabet et poésie des nombres que j'ai laissé en carafe à Trois.

C'est Lénaïg, avec son très joli Un, deux, trois ... qui m'a fait retrouver la mémoire, ayant elle-même voulu faire trois p'tits sauts à partir d'un "magnifique et sombre poème de Stellamaris", comme elle le dit elle-même.

 

Vous retrouverez les premiers en allant (sur la droite du blog) à la catégorie "Alphabet en poésie des nombres", j'avais commencé par le Zéro.

 

Pour le rythme de mes parutions dans cette rubrique, c'est ici :

 

Oyez, oyez CROQUEURS DE MOTS et les autres

 

Aujourd'hui, revisitons le cinq avec Aloysius BERTRAND et son poème, Les cinq doigts de la main

 

Les cinq doigts de la main

 

Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à l'enseigne de la double bière de mars.

 

L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui, dès le matin, soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse.

 

Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat s'il n'était brasseur, et qui serait cheval s'il n'était homme.

 

Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine, qui vend des dentelles aux dames et ne vend pas ses sourires aux cavaliers.

 

Et le doigt de l'oreille est le Benjamin de la famille, marmot pleureur, qui toujours se brimbale à la ceinture de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d'une ogresse.

 

Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les parterres de la noble cité de Harlem.

Aloysius BERTRAND, Gaspard de la nuit, livre I, VI

 

Aloysius BERTRAND, 1807 - 1841, poète, dramaturge et journaliste français, considéré comme l'inventeur du poème en prose

 

cinq-coquelicots-en-fleurs---reduc1.JPG

cinq (5) coquelicots (et quelques fleurs de camomille)

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 08:30

 

l'été et l'automne dernier, j'avais, pour alimenter mon blog tranquillement pendant que je vaquais éventuellement à d'autres occupations estivales, illustré les idées d'abécédaires qui fleurissent en cette saison en déroulant jusqu'au bout un Alphabet en poésie, en choisissant les poèmes parmi les auteurs connus ou inconnus. Le choix des mots clés (commençant par la lettre du jour) m'était personnel.

Pour ne pas en rester là, j'avais ensuite voulu illustrer les chiffres, en tatonnant sur le titre. Mais j'ai laissé cette série en rade après le chiffre 4.

Il faut dire alors que les perspectives de changement de modalités d'Over-blog, avec toutes les péripéties qui s'en sont suivi, et les autres défis à alimenter au fil des semaines, l'éparpillement de mes pensées aussi, ne sont pas pour rien dans cette interruption.

 

Interruption mais pas abandon ... Jeudi dernier j'ai repris la série de Alphabet en poésie des nombres avec le chiffre 4.

 

 C'est d'ailleurs, comme je l'ai écrit pour* jeudi dernier une piqûre de rappel de Lénaïg qui m'a réveillé sur ce sujet.

 

Non, non, pas de produit dopant dans cette piqûre, pas de pensum sous la torture non plus bien au contraire !

 

Une manière d'ouvrir à la réflexion et à l'imaginaire tout simplement en comptant ...

 

Ca vous dirait de vous prendre à ce petit jeu des nombres en poésie ?

 

J'ai programmé le Cinq pour jeudi prochain 18 juillet , le six pour le jeudi suivant 25 juillet et ainsi de suite jusqu'au 10 :

jeudi 11 juillet : Quatre

jeudi 18 juillet : Cinq (ou séance(s) de rattrapage**

avec Quatre et ou Un, Deux, Trois)

jeudi 25 juillet : Six (ou séance(s) de rattrapage**

avec Cinq et ou Un, Deux, Trois, Quatre)

jeudi 1er août : Sept (ou séance(s) de rattrapage**

avec Six et ou Un, Deux, Trois, Quatre, Cinq)

jeudi 8 août    : Huit (ou séance(s) de rattrapage**

avec Sept et ou Un, Deux, Trois, Quatre, Cinq, Six)

jeudi 15 août : Neuf (ou séance(s) de rattrapage**

avec Huit et ou Un, Deux, Trois, Quatre, Cinq, Six, Sept)

jeudi 22 août : Dix (ou séance(s) de rattrapage**

avec Neuf et ou Un, Deux, Trois, Quatre, Cinq, Six, Sept, Huit)

jeudi 29 août : Récap'

 

Début septembre, reprise des défis des CROQUEURS DE MOTS  avec Tricôtine

 

Et un autre rappel : il est toujours temps de s'inscrire pour tenir la barre d'un défi à venir. Peu importe le sort que nous réserve OB. Nous arriverons bien à continuer ces croisières sur les océans calmes ou agités des mots.

 

* pour : car je programme eh oui !

** séance de rattrapage : permet d'illustrer l'un des chiffres qui ne l'ont pas été. Ne voir dans cette expression aucune connotation péjorative. Ici, point de route droite. point de course contre la montre ni de course de vitesse. Laisser le temps de musarder en chemin, de choisir des sentiers de traverse, de faire des pauses, de s'arrêter même, si le lieu plait.

 

Ca vous tente ? On ouvre la fenêtre à ce boulier d'ecole qui rêve de grandes vacances et de grands espaces ?

A jeudi alors !

 

boulierb - reduc1

 

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 04:00

 

L'automne dernier, j'avais ouvert, à la suite d'un alphabet en poésie égrené tout l'été, cet alphabet et poésie des nombres que j'ai laissé en carafe à Trois.

C'est Lénaïg, avec son très joli Un, deux, trois ... qui m'a fait retrouver la mémoire, ayant elle-même voulu faire trois p'tits sauts à partir d'un "magnifique et sombre poème de Stellamaris", comme elle le dit elle-même.

 

Vous retrouverz les premiers en allant (sur la droite du blog) à la catégorie "Alphabet en poésie des nombres", j'avais commencé par le Zéro.

 

Aujourd'hui, retour à Prévert et sa page d'écriture. Comment cela il parle aussi de deux et de huit et de seize et de ... ?

 

Page d'écriture


Deux et deux quatre

quatre et quatre huit

huit et huit seize...

Répétez ! dit le maître

Deux et deux quatre

quatre et quatre huit

huit et huit font seize

Mais voilà l'oiseau-lyre

qui passe dans le ciel

l'enfant le voit

l'enfant l'entend

l'enfant l'appelle :

Sauve-moi

joue avec moi

oiseau !

Alors l'oiseau descend

et joue avec l'enfant

Deux et deux quatre...

Répétez ! dit le maître

et l'enfant joue

l'oiseau joue avec lui...

Quatre et quatre huit

huit et huit font seize

et seize et seize qu'est-ce qu'ils font ?

Ils ne font rien seize et seize

et surtout pas trente-deux

de toute façon

et ils s'en vont.

Et l'enfant a caché l'oiseau

dans son pupitre

et tous les enfants

entendent sa chanson

et tous les enfants

entendent la musique

et huit et huit à leur tour s'en vont

et quatre et quatre et deux et deux

à leur tour fichent le camp

et un et un ne font ni une ni deux

un à un s'en vont également.

Et l'oiseau-lyre joue

et l'enfant chante

et le professeur crie :

Quand vous aurez fini de faire le pitre !

Mais tous les autres enfants

écoutent la musique

et les murs de la classe

s'écroulent tranquilement.

Et les vitres redeviennent sable

l'encre redevient eau

les pupitres redeviennent arbres

la craie redevient falaise

le porte-plume redevient oiseau.

 

Jacques Prévert, recueil Paroles, 1946

 

 

A écouter la chanson interprétée par Yves Montand (CLIC)

A voir et entendre cette très poétique adaptation en italien par Filippo Giacomelli, Fabio Tonetto et Juan Francesco Correo Diaz pour le Centre expérimental de l'Ecole nationale de cinéma du Piémont (CLIC version sous-titrée) (CLIC) où j'ai trouvé que la musique inspirée de Fulvio Chiara faisait un clin d'oeil à celle de La soupe aux choux, le film de Jean Girault, 1981, musique de Raymond Lefèvre, d'après le roman de René Fallet

Jacques Prévert, 1900 - 1977, poète et scénariste français  

 

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quatre (4) coquelicots (et quelques fleurs de camomille)

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Published by Jeanne Fadosi - dans Alphabets-en-poésie
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