Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
Par Jeanne Fadosi
Me voici rendue à la fin de l'alphabet, du moins l'alphabet latin tel qu'il s'égrenne pour la langue française.
Une lettre facile à illustrer d'un mot, Et encore, cette liste pour scrabistes ne les comprend-elle pas tous.
dans Chantefables et chantefleurs, Robert Desnos n'a pas oublié Le zèbre.
Certes la poésie zazou se met en mots sans le mot. Qui l'a mieux fait que Charles Trénet ne serait-ce qu'avec les bidons de lait ou Boris Vian, (Arthur où t'as mis le corps ?) ? C'est vrai que le zazou est joliment chanté par Brigitte Fontaine et M (Ya des zazous).
Il est sans doute des poètes qui vous entraineront avec eux vers le zénith. Je me contenterai du zéphir, non pas l'aquilon dont le chêne se vantait au roseau
"Tout vous est aquilon, tout me semble zéphir"
Jean de La Fontaine, Le chêne et le roseau
J'ai envie de terminer avec la belle langue de Louise Labé, convocant le zéphir pour honorer le retour du soleil.
Pas de panique, le texte suit en français moderne. A vous de comparer, si le coeur vous en dit, la poétique de l'original et de sa traduction.
XV
Pour le retour du Soleil honorer,
Le Zephir, l'air serein lui apareille :
Et du sommeil l'eau et la terre esveille,
Qui les gardoit l'une de murmurer,
En dous coulant, I'autre de se parer
De mainte fleur de couleur nompareille.
Ja les oiseaus es arbres font merveille,
Et aus passans font l'ennui moderer :
Les Nynfes ja en mile jeus s'esbatent
Au cler de Lune, et dansans l'herbe abatent :
Veus tu Zephir de ton heur me donner,
Et que par toy toute me renouvelle ?
Fay mon Soleil devers moy retourner,
Et tu verras s'il ne me rend plus belle.
Louise Labé, sonnets, XV
15
Pour honorer le retour du Soleil,
le Zéphir lui prépare l'air serein :
et il éveille l'eau et la terre du sommeil,
qui les gardait l'une de murmurer,
en coulant doux, I'autre de se parer
de mainte fleur de couleur sans-pareille.
Déjà les oiseaux dans les arbres font merveille,
et apaisent la souffrance des passants :
Les Nymphes s'ébattent déjà en mille jeux
au clair de Lune, et écrasent l'herbe en dansant :
veux-tu, Zéphir, me donner de ton bonheur,
pour que je sois par toi toute renouvelée ?
Fais revenir mon Soleil vers moi,
et tu verras s'il ne me rend pas plus belle.
Louise Labé, sonnets XV
J'ai trouvé cette version modernisée ICI (académie de Lyon)
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