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Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...

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C'était il y a trente ans ...

~ Billet 333 ~  (ex-catégorie chronique des jours d'antan)

Mon parrain, je vous en ai déjà parlé dans les premiers temps de mon blog,Un clic sur le clown vous y conduira.
En janvier 1980, il s'éteignait et j'avais écrit ce texte qu'un ami avait publié dans notre petite revue d'amateurs de danses et traditions populaires :
 "Quand les racines lèveront".

Rogerly - reduc1

 

 fleurRogerly.JPG

En hommage à ROGERLY, mon parrain, qui a ensoleillé mon enfance de ses farces, et a essayé de me transmettre un peu de la mémoire de son époque.

Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte.

Le clown blanc est mort.

Le clown musicien qui savait faire chanter un verre ou une feuille.

Il s’est éteint comme une chandelle que l’on souffle … sans une grimace. C’est sans doute pourquoi il a emporté ce visage serein.

Mais qui fera revivre sa musique ?

 

Oh, il est loin déjà le jour où il avait renoncé à ses instruments. Quinze ans ! Aucun argument, aucune supplication ne lui avait fait depuis lors égrener quelques notes. Même pour ses petits neveux*. Mais il avait continué à les faire rire.

 

En semaine il créait les motifs qui orneraient les robes du soir, brodées de strass. Robes de fête et de lumière.

Il était clown le dimanche.

Avec son compagnon Auguste, il allait de gala de bienfaisance en distribution des prix ou en comice agricole.

Ils étaient de toutes les fêtes et, le cœur gai ou le cœur triste, ils distribuaient de la gaîté et de la tendresse à ceux qui venaient les applaudir. Après le spectacle, le musicien, - le clown blanc -, était souvent sollicité pour animer la danse.

Le miracle se produisait alors : sous ses doigts qui trébuchaient tantôt pour le déchaînement des rires, s’animaient allègrement le quadrille et la polka, la mazurka ou la gigue. Souvent aussi, à la demande des plus audacieux ou des plus modernes, le charleston, et même la java et le fox-trot.

C’est ainsi que la danse vivait et évoluait avant guerre*.

 

Il est revenu d’Allemagne*.Les robes n’étaient plus brodées de perles et il a du changer de métier.

Il s’est retrouvé derrière un bureau, à remplir des dossiers pour les assurances.

- L’ère de la civilisation et du progrès, -

Déjà une corde avait cassé. Mais il lui restait les dimanches pour faire pleuvoir sur les gosses des milliers de perles de rires, avec Auguste.

Un jour Auguste ne s’est pas réveillé et le clown blanc s’est retrouvé seul devant les enfants. Mais sa musique et ses farces ne les faisaient plus rire. Ses tours ? Ils les connaissaient : is avaient vu les mêmes, à la télé.

Alors il a pris sa retraite de clown et rangé pour toujours le violon géant, le violon lilliputien, la flûte et son habit pailleté.

 

Le violon et la clarinette, l’ocarina et le pipeau resteront désormais dans leur boîte. Le clown blanc est mort.

Qui fera revivre leur musique ?

Sur le parvis de Beaubourg, devant l’église Saint Sulpice, à la Butte aux Cailles, les gens se sont mis à chanter, jouer et danser.

- Ce sont des fous disent les fâcheux.

Mais beaucoup s’arrêtent et regardent. Quelques pas esquissés et quelqu’un entre dans la ronde. Puis un autre.

Et d’autres encore.

Et c’est ainsi que la fête continue.

FABIENNE DAUTY (Laval* le 9 Février 1980)

signechristian.JPG

 

* pour éviter les confusions, je pense aux aminautes québécois,

il s'agit ici de Laval en Mayenne (France)

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M
<br /> je me souviens encore des broderies qu'il me faisait sur mes blouses d'école ! mon nom en devenait presque joyeux et elegant , il prenait sa plus belle aiguille et me faisait des arabesques avec<br /> les lettres , j'etais pas peu fiere  dvt mes copins et copines qui avait leurs noms ecrient au feutre ou sur une etiquette !!!<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Il t'a brodé ton nom sur tes blouses ! tu en as bien de la chance ! et je comprend que tu en aies été fière !<br /> <br /> <br />
Q
<br /> C'est un texte très émouvant...<br /> <br /> Tu vois, je me dis que certains enfants ont perdu le pouvoir de s'émerveiller... c'est si dommage !<br /> <br /> Mes petites-filles n'ont pas la télé...<br /> Finalement, c'est sans doute mieux.<br /> <br /> Je t'embrasse fort, Jeanne. Merci.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Je ne sais pas. Il faudrait peut-être autre chose que la télé nounou  ou rien.<br /> On peut aussi en faire un usage modéré et pertinent.<br /> <br /> <br />
M
<br /> Un bien joli texte où l'on sent toute l'émotion retenue.<br /> De biens précieux souvenirs...<br /> Bises.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> J'avais écrit ce texte dans le moment et je l'ai remis en ligne pour tous ceux de mes proches qui l'ont bien connu et aimé.<br /> Bises aussi<br /> <br /> <br />
D
<br /> Très bel hommage. Je suis certaine qu'il aurait apprécié.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> je regrette de ne pas l'avoir revu une dernière fois.<br /> <br /> <br />
P
<br /> ces hommes ont donné ce qu'ils avaient de meilleur en eux. Le sourire et le rire !! Merci à eux !!!<br /> <br /> belle journée avec bises;<br /> <br /> <br />
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J
<br /> je ne sais pas si on peut dire cela comme ça ! Sur scène le clown blanc jouait au chef et "mouchait" l'autre clown qui jouait les maladroits. Dans la vraie vie, mon parrain avait un coeur en or.<br /> <br /> <br />