Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 09:00

 

Ce jour-là commençaient cent jours de deuil au Ruanda quand j'ai écrit au brouillon les premières lignes de ce billet.

Cent jours de deuil pour se recueillir et commémorer cette abominable boucherie de cette fin de XXe siècle

Cent jours de deuil pour environ 800 000 victimes, pas seulement tuées, ce qui serait déjà trop, avilies, torturées, violées, massacrées, animalisées, non chosifiées. Hommes, femmes, enfants, par d'autres hommes, d'autres presque encore des enfants, leurs voisins, élèves d'institutrices, patients de médecins ou médecins de patients.

Cent jours d'horreur absolue, de folie collective.

Mais d'une folie collective savamment préparée et programmée. Savamment entretenue par les radios diaboliques.

 

Diable ? Ce serait, sinon une explication, du moins un alibi pour les tortionnaires, un bouc émissaire pour les survivants.

 

Comment vivre après cela ? Comment se cotoyer et reconstruire ?

 

Happée dans une autre folie destructrice, dans un printemps où je pensais encore pouvoir sauver ceux qui m'étaient si chers, j'ai découvert l'existence du génocide bien plus tard. Dans la voix blanche de Daniel Mermet en 1998, quand il revenait (déjà) sur un reportage qu'il avait fait juste après. quand ils avaient découvert Valentine.

 

Est-ce la nouvelle émission de Là-bas si j'y suis qui m'a fait abandonner l'idée de publier un billet le 7 avril dernier ?

J'avais ouvert la page à 9 heures du matin à peine ...

 

Aujourd'hui 10 juin, à 10h20, en complétant ce texte, j'écoute d'un oreille distraite la même radio évoquer un autre diable.

 

La semaine dernière, j'ai lu ce livre saisissant :

Englebert des collines, de Jean Hatzfeld, Gallimard, 2014

 

jean-hatzfeld-englebert-des-collines.jpg

 

C'est le seul livre que j'ai lu sur ce terrible épisode de l'Histoire récente (il y a vingt ans). J'en lirai sans doute d'autres. Je ne vous en dirai rien de plus. Il faut le lire. C'est peut-être même une bonne entrée en matière. 

Court, bien écrit, sans fioriture. Sans concession mais sans la prétention d'analyse. Juste poser ce qui a été. Ce qui est, ici eet maintenant.

L'impossibilité du pardon mais la nécessité de vivre non pas ensemble mais côte à côte.

Impossibilité du pardon ? Non pas impossibilité, c'est le coeur, l'os du concept de pardon qui est, en si peu de mots, bousculé, ébranlé, descendu de son piedestal de statue et statut de remède aux tragédies de l'Histoire.

 

Un petit livre qui n'a pas la prétention d'apporter des réponses, mais qui me conforte dans ma réflexion sur le sens du mot pardon. Une réflexion que j'ai abordée sur un autre propos moins tragique dans "Lettre d'adieu".

 

Une autre présentation de ce livre sur le blog de l'Ecole des lettres

 

En ce moment, d'autres tueries se perpétuent. Pas dans l'indifférence, je dirais plutôt avec un sentiment d'impuissance.

Ressortira-t-il quelque chose d'efficace, quelque chose qui permette d'espérer, de ce sommet sur les violences sexuelles pendant les conflits, qui s'ouvre à Londres aujourd'hui avec plus de cent pays représentés. Sous l'impulsion de l'actrice angelina Jolie et de chef de la diplomatie britannique William Hague, sous l'égide de l'ONU.

.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Q
Je ne sais que dire...
La barbarie aura encore de beaux jours je crois... et je voudrais que ce ne soit plus le cas.

Que faire à notre échelle ?
Répondre
J


Ce que l'on fait déjà toi et moi Quichottine. Nous ne pouvons guère plus. Mais tant font moins.


A notre petite échelle, en réunissant tout, notre poids pourrait avoir plus d'efficacité. Utopie ? oui peut-être



G
j'ai lu ce livre...en effet, il est sans concessions et sans fioritures... il nous fait ressentir très fortement ce qua été cette guerre et ce que c'est aussi de vivre après...
Répondre
J


je n'ai rien à ajouter. Merci d'avoir donné ton avis gazou



J
Qye dire quand on lit cela Jeanne... Sauvagerie barbare...un drôle de plaisir que celui de massacrer son prochain...... !!! Jill
Répondre
J


comment pourrais-je te répondre ... je ne comprends pas. Mais c'est un ressort tellement puissant



Présentation

  • : Fa Do Si
  • : Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
  • Contact

Sur les blogs, les jeux d'écriture témoignent de la vitalité

de la langue française sans tapage

Recherche

 

 Ephéméride de ce jour

 

et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

"Tous les matins du monde sont sans retour"

Métiers improbables

TheBookEdition - Les anthologies Ephémères

La 6ème anthologie est parue en mai

Informations sur 

 Les anthologies éphémères