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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 17:30

~ Billet 306 ~ (ex-catégorie le geste du colibri)

Parmi les figures imposées de la semaine, il ne me restait plus que celle du 28ème geste du colibri pour la communauté Colibri zen.
Celui de cette semaine était proposé par Nessa et allait vers les sans abris, à l'occasion de Noël.

Sauf que Cette préoccupation honorable me semblait pour une fois ne pas concerner l'écologie, mais elle a tout à voir au contraire : dans la nature, tout se recycle, seuls les humains produisent des déchets sans savoir qu'een faire.

Il n'y a rien de plus impitoyable pour les éclopés de la vie que les lois de la nature. Certes, les humains ont encore bien des progrès à faire pour prendre soin des tous les habitants de la planète bleue, mais ce n'est pas du côté du règne animal ou du règne végétal que nous trouverons des solutions acceptables.
Il va falloir faire preuve d'imagination et de volonté à agir.

Et comme Brunô, un autre meneur de revue a donné l'idée de recycler des billets plus anciens, je vais en profiter pour rééditer ce poème écrit en des circonstances qu'on aimerait voir évoluer plus vite et vers du mieux.

Toujours sans le feu vert de l'auteur du blog Avignon in Photos à l'article The siege (red tents) pour illustrer ce poème avec un recadrage d'une photo trouvée sur ce blog, je m'y risque le 25 décembre 2011 : je ne pense pas nuire à son cliché d'origine. 

corolles-ecarlates.jpg

 

Corolles écarlates

 

Corolles écarlates sur les berges glacées,

Vous n'avez qu'un instant fait fleurir les pavés.

La charge a été brève tout autant que musclée,

La matraque en action derrière les boucliers,

Sans considération pour les eaux menaçant

De geler le corps sec des campeurs imprudents.

Ils pensaient donc encore, inconsciente candeur

Qu'il suffisait de croire en l'instinct de grandeur

Des complaisants humains obéissant aux ordres !

Des sans logis sous tentes auraient trop fait désordre ;

La nuance est ténue du zélé au servile ;

Entre Seine et parvis, cars et files dociles

De touristes oublieux de la misère du monde

Le temps si éphémère d'un p'tit tour à la ronde.

Voilà les jours d'avant qui faisait plus classieux

La tente d'un bédouin au confort luxueux,

Posée comme un OVNI sur les Champs Elysées

Dans le tumulte froid d'un hiver supplicié,

Pour y faire allégeance au roi des Oasiens,

Et accepter l'aumône de ce grand argentier.

Que j'ai mal à ma France, que j'ai honte à ma France,

Quand nos représentants s'humilient sans décence,

Chaque jour un peu plus, chaque jour plus indignes

Sourds à tous ces symptômes qui sont autant de signes.

Jusqu'où certains pourront avaler leur chapeau ?

Nier le rire sous cape, le pli sous le manteau ?

Idéaux sacrifiés au fronton des mairies

Avec les oripeaux de la démocratie !

Trois mots en onze pieds dans la pierre gravés :

Liberté, égalité, fraternité

Ces mots sont-ils à ce point donc antagonistes ?

Nos puissants sont d'habiles illusionnistes !

Ce cynisme masqué au nom du réalisme,

Voire affiché dans l'habit gris du pragmatisme.

Ils osent, sans vergogne, prétendre à l'éthique,

Lors qu'ils n'essayent que fuir le mendiant étique

Sublime, universel, humble en son corps noueux,

Celant une âme pure sous son aspect rugueux.

 

Décembre 2007 - Jeanne Fadosi-

Modifié et complété 19 avril 2008

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commentaires

J

Un poème - plaidoyer qui laisse un goût d'amertume, tant on a l'impression  de se battre contre un mur d'indifférence toute puissante et déshumanisée.


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H

Magnifique, Jeanne; moi aussi, le sort des tentes éjectées me révolte. J'ai écrit un article sur les sans-abris aussi, mais le tien, Hugolien!
Et India a raison: plus nous dénoncerons le comportement indigne ou l'indifférence de nos gouvernants, (les nôtres aussi, parfois) et plus nous aurons une chance de faire entendre nos voix!
Cependant, je suis aussi d'accord avec Nessa: le bio, ce n'est sûrement pas à l'armée du salut qu'on le trouve...

Bravo à toi
Hélène


Répondre
J

Voire ! ce n'est pas incompatible. (je parle du bio et de l'armée du salut.)
si seulement les voix pouvaient être des briques ...


C


Un poème très engagé qui décrit une réalité angoissante. 
bonne soirée
clem 



Répondre
J

sauf que ce sont toujours les mêmes qui s'angoissent et les mêmes qui dorment sur leurs deux oreilles.
belle soirée et belle fin d'année


I

"Nos puissants sont d'habiles illusionistes"
Des manipulateurs pour servir leurs causes, magnifier leurs pourvoirs. Indécents jusqu'au bout.
Pour ma part, je n'ai plus aucun espoir de ce côté-ci. Feront bouger les choses et le monde seuls les petits, comme nous, à écrire, à dire non, à se révolter, à ne pas accepter et le dire. Chose
que tu fais très bien déjà.


Répondre
J

Tu sais, toute petite, je chantais le déserteur avec une grande conviction et sans me soucier qui l'entendait. Cela n'a pas beaucoup changé mais il faut dire aussi qu'il n'est pas facile non plus
de diriger.
Me révolter, je sais faire mais faire quelque chose d'efficace, c'est bien difficile.


M


Ce texte est admirable sous une plume des plus naturelles que la tienne !



Répondre
J

pas consensuel, mais peut-on l'être sur ce sujet ?


C

Ouch ! cela aurait été dommage que tu ne le ressortes pas !!! bises


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J

j'attend aussi le feu vert pour la photo. J'espère que je l'aurai. Mais l'auteur du blog est peut-être en vacances.


V

Beau texte plein de vérités! Beau coup de gueule aussi. Bravo et gros bisous de tout coeur


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J

des fois, je crois qu'il ne faut pas se taire.


O


Tu as bien fait de repuplier sinon j'aurais raté ce très beau texte
 Bon dimanche



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J

pas vraiment traité de façon consensuel, mais j'avait écrit cela à chaud.


D

Merci pour ta sensibilité et ta compassion.
Bisous.


Répondre
J

c'est la seule chose dont je suis capable. Mais comme la blogosphère donne un espace de parole, je l'investis à ma manière. comme des bouteilles à la mer...


P

Merci, j'aime beaucoup !!! Belle fin de journée. Bises.


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J

Ca fait deux ans ! et rien ne s'améliore malgré les promesses.


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