Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
~ Billet 382 ~
"Et la nuit (tomba) sur la vallée bleue" (1)
"Et dans la beauté des choses éphémères ..." (1)
Son chant continuera d'être entendu.
En cet hiver qui se prolonge, à l'automne de sa vie, ces quelques mots simples et magnifiques sont dans la chanson où il rend hommage à l'ami qui "aurait pu vivre encore un peu".
Ce texte, cette musique vont tellement bien à ce moment où Jean Ferrat a décidé de tirer sa révérence à la veille, ironie de Chronos, d'élections dont je me demande ce qu'il en penserait.
Je l'ai découvert au tout début des années link1960, en vacances chez ma soeur Jacotte. Ils avaient un électrophone et quelques disques microsillons, comme on disait à l'époque. Parmi eux l'un des premiers disques sinon le premier, de Jean Ferrat.
Bien avant la montagne qui l'a propulsé à juste titre en tête des hit parades avec son poulet aux hormones et la vie de hlm et de boulot.
Chez Jacotte, j'ai passé en boucle jusqu'à chanter par coeur Les nomades (2).
Je l'ai ajouté au panthéon de mes chanteurs-poètes de ceux qui avaient quelque chose à dire, à dire et à déranger.
Il a rejoint dans ma liste Georges Brassens, Jacques Brel, Félix Leclerc, Juliette Gréco, plus tard Barbara.
Ses textes, sa voix, le sens resteront bien au delà de l'éphémère, comme les Tournesols (3) immortalisés par Van Gogh, à moins que ses enregistrements et ses paroles, captés par quelque grand argentier, les rejoigne "dans leur prison d'argent" (3) pour que des peuples ignorants et dociles ne sachent plus
" au fond de (leur) mémoire
Que c'est du coeur de la nuit noire
Qu'on peut voir l'aube se lever." (4)
(cliché pris dans le jardin d'un autre peintre, Claude Monnet, à Giverny en août 2008)
(1) Tu aurais pu vivre, paroles et musique de Jean Ferrat, 1991 productions Alléluia
(2) Les nomades paroles et musique de Jean Ferrat, début 1960, 2ème 45 tours (je crois mais n'en suis pas sûre)
(3) Les tournesols, paroles et musique de Jean Ferrat, 1991 productions Alléluia
(4) Le grillon, paroles et musique de Jean Ferrat, 1991 productions Alléluia
Et parce que le poète part aussi en cette quinzaine de la poésie, j'écoute ce soir en boucle aussi, la dernière plage de son CD de 1991, La paix sur terre :
"La force de la France elle est dans ses poètes
Qui taillent l'avenir au mois de mai des mots
Couvrez leurs yeux de cendre tranchez leur gorge ouverte
Vous n'étoufferez pas le chant du renouveau [...]
Nous ne voulons plus de guerre
Nous ne voulons plus de sang
Halte aux armes nucléaires
Halte à la course au néant
Devant tous les peuples frères
Qui s'en porteront garants
Déclarons la paix sur terre
Unilatéralement."
La paix sur terre, paroles et musique de Jean Ferrat, 1991, productions alléliua
Puissent de nombreux autres grillons re-naitre au printemps pour faire entendre des voix de sagesse et même de révolte lorsque l'indignation est nécessaire.
Merci poète, merci Jean Ferrat, en ton ultime saison.
Je l'ai découvert en mon printemps, il part en "son automne quand le temps s'est doucement défait", il a chanté la vie et le monde à toutes les saisons.
Je dédie cet hommage, in extrémis à la Communauté le casse tête de la semaine, pour son thème sur les quatre saisons, comme une métaphore des quatre âges de la vie, tous complémentaires et non concurrents.