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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 06:00

~ Billet 420 ~

 

Défi n°28 pour les Croqueurs de mots, le premier cap de notre Amirale Tricroquine nous fait grimper au grenier, fouiller dans les malles aux souvenirs, y dénicher cinq objets à nous, vraiment.

 

Bon je dévie déjà de la consigne, en ne respectant pas tout à fait le titre.

 

C'est que je n'ai plus de grenier digne de ce nom, même si j'en ai reconstitué malgré moi le principe dans les pièces de mon logis.

 

Dans les maisons de mon enfance, la porte du grenier était fermée à clé.

Au début, parce que j'étais trop petite, et très vite pour canaliser mon tempérament d'exploratrice.

Il y avait une annexe au-dessus du porche où j'y accompagnais plus souvent ma maman. Il était idéalement ventilé et éclairé pour y entreposer le tilleul à sécher que nous ramenions du pré de ma tante, près de la rivière.

 

Alors ne me demandez pas d'associer les tisanes à ces potions de jours fiévreux. Toutes ces senteurs fleuries et délicatement sucrées me ramenaient aux après-midi dans l'herbe fraiche, quand adultes et grands enfants se retrouvaient à la fin de l'été pour faire la cueillette de cet unique et généreux arbre parmi les chants des oiseaux, les bourdonnements d'abeilles et les bruissements du vent, sans oublier les joyeux bavardages ou le vol des demoiselles dans la lumière oblique.

 

Dans cette pièce, s'y mêlait aussi les effluves des confitures et gelées de groseilles, de cassis et de framboises,  juste épicées de cette poussière incontournable de ces lieux moins astiqués et plus tard, les coings qui y étaient mis à murir avant de finir en gelée et pâte de fruit.

 

Je n'avais guère l'occasion ni la tentation d'explorer les objets qui y étaient entreposés;

Je me souviens du landau aux formes désuettes qui avait connu tant d'enfants avant d'être détrôné par les nouveautés bien mieux suspendues.

landau.JPG

 

L'ai-je rêvé aussi à force de descriptions, cette boite à compteur qui a accueilli la troisième de la famille, le deuxième dormant dans le landau et la première dans le berceau. Celui-ci n'y était pas. Il continuait à accueillir les petits enfants quand ils venaient à la maison, même pour une sieste. Mais cette caisse en bois rêche qui avait été méticuleusement et affectueusemen capitonnée de tissu fleuri ?

J'avais aussi sorti de l'oubli cet engin bricolé par mon père et dont j'ai le nom sur le bout de la langue. Avec lequel on dévalait dangereusement les pentes irrégulières du chemin. Ca y est, le nom me revient : un cyclorameur !

 

Mais si je recherchais volontiers les lieux écartés, comme les greniers ou les remises, c'est plus par goût de cette solitude, où je pouvais explorer mes rêves et mes contrées idéales.

 

Alors, dans mon grenier imaginaire, j'y ai précieusement rangé mes rêves, mes illusions, mes idéaux ... Et j'y vais aussi souvent que la vie quotidienne me meurtrit. J'y retrouve volontiers ce qui me fait tenir debout, ce qui me permet de garder, chevillé au corps, cet espoir des possibles.

 

 

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commentaires

*

J'ai une photo de moi (4 ans) avec mon petit frère dans ce landeau, qui ressemble étrangement à celui-ci..j'adorais les greniers, mais j'avais la frousse des araignées.
Bon week-end à toi. babette


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J


J'imagine qu'il nedevait pas y avoir beaucoup de formes. Le landau anglais était beaucoup plus haut mais pas encore plébicité



Q

Je ne crois pas que tu l'aies rêvée...

Tu sais, chez nous, il y avait aussi des berceaux étranges, comme ce tiroir de la commode qui accueillit le nouveau né, dans une chambre d'hôtel, un certain mois de janvier.

Tiroir ouvert, bien sûr, par celle qui était venue aider ma mère à accoucher. Elle était réfugiée, n'avait rien qu'une petite fille un peu trop jeune et ce tout nouveau garçonnet qui comblerait
notre père. Moi, j'étais encore "en devenir", comme les enfants suivants. Mais cette naissance particulière, le berceau non moins étrange, sont restés dans notre famille sans maison ni grenier pour
y cacher nos souvenirs.

Nous les avons donc dits et redits, quand les parents s'en sont allés, pour ne pas les oublier.

Passe une bonne journée, Jeanne.
Bisous.


Répondre
J


Je sais que cette boite à compteur transformée en berceau a bien existé. J'en ai eu de nombreuses descriptions par ma maman, mon papa aussi et peut-être mes soeurs ainées. Ce que je voulais dire
c'est que je ne me souviens plus si elle était encore dans ce grenier ou si elle n'avait pas suivi dans le dernier déménagement ...
Ne pas oublier, transmettre, c'est important, mais encore faut-il une demande de transmission et une écoute
Bises



F

un grenier qui est une vraie source de bonheur


Répondre
J


Oh oui !



P

J'aime beaucoup ce thème empreint de nostalgie des choses et parents disparus! Comme des lieux: ces greniers aux trésors, ces grandes cuisines salle à manger et de jeux!! J'ai écrit un petit livret
pour mes petits enfants relatant ces souvenirs d'événements et choses disparus! Ton article est de la même essence et me touche beaucoup! Bisous et bonne journée


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J


C'est bien d'écrire au moins pour ses enfants et petits enfants car la tradition orale ne se fait plus guère ...
Bises et belle fin de journée également



U

Grenier imaginaire : il est bien remplit car je n'aurais su imaginer le mien, que brides de souvenirs.mais je me souviens de ce landau, noir, profond dans lequel mes parents m'y avait
promener...maintenant on en sourit..j'ai bien aimé cette consigne d'écriture..bises du jour


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J


Moi aussi, même s'il a fallu faire le tri dans mes souvenirs ...



L

Le grenier de ta mémoire, Jeanne, est plus beau qu'un vrai ! Je crois bien avoir séjourné dans un landau qui ressemblait à celui-là ! Le parfum et le goût des feuilles fraiches de tilleul n'a en
effet rien à voir avec les sachets de tisane tout prêts, je suis tout à fait d'accord ! Un bon moment dans ton grenier aussi, au revoir et à bientôt !


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J


j'ai bien aimé ce thème qui m'a emmené dans ces greniers d'enfance et qui m'en a fait visiter si charmants sur vos blogs !


A bientôt, volontiers



L

Imaginaire ou réel, les greniers sont les cocons des solitaires...


Répondre
J


Ou un refuge de solitude pour ceux qui en manquent, crois-moi, c'est quand il y avait trop de monde à la maison que je m'écartais dans mon antre ...



B

Beau billet sur ce grenier des temps perdus où tu viens chercher ceux des possibles. J'aime le sens que tu donnes à ce lieu et ces objets animés de souvenirs de vie.
Gros bisous


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J


merci, je t'embrasse aussi.



J

Bonsoir jeanne, je retiendrai ce landau du passé parce que le mien des années 50 nous l'avons usé sur les chemins de campagne avec la bande de copains jusqu'à ce qu'il rende l'âme... Que des
parties de plaisir dans cet objet désuet, appelons-le le vieux machin... Ah jeanne tu as une chose qui me fait remonter les larmes du souvenir... Bonne nuit douce jeanne signé jill


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J


Que des souvenirs parallèles qui remontent avec ce partage. Les objets décrits ont été dispersés ou ont fini tristement à la décharge.
Belle nuit, douce de rêves



P

Jeanne il fleure bon la campagne ton grenier d'enfance, il me plait tout autant que ton grenier d'illusion et d'idéaux, on y puise la force d'avancer malgré les maux, de bien beaux mots chez toi ce
grenier !! bizzzoux


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J


et moi, je me régale à faire l'escalade virtuelle des greniers des croqueurs de mots. Mais pour le moment, il est sage que je regagne mon lit pour fermer les yeux sur d'autres rêves.


Bises et belle journée de mardi



A

bonsoir jeanne
je crois que nous avons tous plus ou moins un grenier dans la tête
il nous faut pour vivre bien le présent avoir aussi nos souvenirs et nos rêves d'enfants
joli texte merci pour ce partage de ton grenier
bisous de la grandmère des côtes d'armor


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J


c'est une bonne idée de Pascale, cette tournée des greniers est bien émouvante et souligne bien des points communs
Bises du Vexin



C

Je veux y aller dans ton grenier. Tu m'emmènes.. lol
bonne soirée
clem


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J


Mon grenier à souvenirs, il est un peu cahotique en ce moment et tous les souvenirs ne sont pas aussi souriants que ceux que je décris ici.
Il faut absolument que je prenne le temps de lirs tes derniers textes. J'aime beaucoup tes témoignages, importants pour la future mémoire collective aussi.
Belle soirée
Jeanne



F

Un grenier imaginaire est encore plus précieux qu'un grenier "en vrai "! Je crois qu'on garde tous des souvenirs de ces greniers un peu sombres où l'on pensait trouver des trésors!! Bises


Répondre
J


les trésors sont à la hauteur de la puissance évocatrice de ces objets beaucoup plus que dans leur valeur de marché. D'ailleurs, quelle valeur prendront ou perdront les objets à la mode en ce
moment au hit parade de "l'art" ?
Bises



E

le grenier ? le vrai est celui de notre mémoire avec ses bons et ses plus douloureux souvenirs. Il est plus important dans l'irréel que dans le réel, l'objet est là juste comme pense bete au fil du
temps.

Je sens l'odeur du tilleul et j'image les pots de confiture..j'ai du connaitre quelque chose comme ça dans une période de ma vie.....
bises


Répondre
J


les deux se font écho et ceux qui ne savent rien garder ou ceux qui n'en ont pas la place sont bien en peine. Je me demande s'ils font le même vide dans leur mémoire !
bises et tiens, à défaut de muguet, une petite odeur de ces clochettes ...



C

Bonjour Jeanne,
je voulais te dire que j'ai adoré lire ton texte!j'ai moi aussi de beaux souvenirs de grenier chez ma grand mère!
merci
bisou et bonne journée


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J


Et toi, en plus, tu leur redonnes une nouvelle vie à ces vieux objets ...



P

Des images, des odeurs, des souvenirs que même sans grenier on entasse volontiers dans un petit coin de notre mémoire. Une belle évocation. Amicalement. Anne


Répondre
J


notre mémoire est un grenier des souvenirs où nous pouvons nous réfugier.
Merci de ton passage et de ce commentaire



N

Salut à toi, ton grenier odorant a ravivé des souvenirs enfouis, c'est sympa.


Répondre
J


Les greniers sont des malles à souvenirs. Les odeurs en font partie



D

De beaux souvenir Jeanne. Quant à ce "grenier" tout à fait personnel que chacun de nous garde dans un coin de sa mémoire, crois bien que tout comme toi, dès que je le peux, je m'y rends, j’y puisse
le réconfort et retrouve tout (Tous) ce qui aujourd'hui me manque tellement.

Bien à toi

Dominique


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J


Nous nous comprenons. Oui, c'est bien cela, y puiser du réconfort et retrouver ce(ux) qui nous manquent.
Belle semaine



P

Chez mes parents, il y avait aussi un très grand grenier, avec une chambre de bonne. (Ancienne maison bourgeoise) et j'en avais ma chambre,puisque en internat, je n'y venais que tous les 15 jours,
et il y avait encore dans un coin des choses des anciens propriétaires, qu'ils ne sont jamais venus chercher;
Mon champ de recherche de trésors. Un jour j'y ai trouvé un vieux Dirringer chromé à 2 coups, je l'ai vendu pour rien, maintenant, il vaut bien dans les 1400 euros !!

Bises !


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J


Si c'est à 2 coups, j'ai ma petite idée sur l'objet. Mais je n'ai jamais été attirée par eux. Même si mon oncle chassait et que, par contre, j'appréciais fort une terrine de faisan ou de
lièvre.
En tant que fille, je m'intéressais plus aux vieux ustensiles de cuisine, comme par exemple, la première machine à laver ou, moins encombrant, un moule à madeleines tout rouillé !
Bises et belle journée à la fraiche



H

Un très bel espoirs qu'il faut conserver. Même au fond du grenier, ils continuent d'exister et de nous faire rêver.
Gros bisous Jeanne


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J


Les rêves, il faut les préserver ... Les illusions, je ne sais pas mais quelquefois, elles permettent de reprendre des forces, quand tout part en ...



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