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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 07:00

Sur une proposition de Brigitte Giraud. Il va être difficile de relever les défis suivants, notre croqueuse à la barre des CROQUEURS DE MOTS cette quinzaine la met très haut !

 

Je ne suis pas du tout sûre d'être dans les clous du défi, mais ce soir, juste avant la mise en ligne, après une escapade pour aller voir ma soeur Jacotte et mon beau frère, je ressens une grand lassitude. Alors je vous livre mon brouillon en l'état.

 

Même à côté du sujet, ce texte n'est pas fini. Il est à reprendre, peut-être le ferai-je plus tard. Pour l'instant, cette visite espérée depuis plus de six mois m'ont distrait quelques heures de la confusion d'émotions et de sentiments dans laquelle me plonge l'actualité. Consternation et colère en effet, et pas seulement envers les auteurs de forfaits abjectes, colère aussi envers l'inconséquence de ceux qui les narguent et les provoquent, mettant au passage en danger ceux qui ont le ces êtres magnifiques qui ont le courage de s'aimer par delà les clôtures, par dessus la barrières dressées de toutes parts, quand il faudrait au contraire s'unir pour faire front et éradiquer la bêtise et la haine.

 

Ce soir je pense à une jeune femme, veuve avant d'avoir été épouse*.

 

grillage-enneige.JPG

 

Qu'as-tu fait de ta vie, toi qui la rêvait tant ;

Toi qui naguère encore interpelait les grands,

Qui osait sans frémir chanter Le Déserteur

Quand on t'avait choisi pour d'autres chants flatteurs.

 

Déjà tu avais fui dans l'ombre des coulisses

Laissant briller celle qui t'avait fait complice

Loin de la lumière crue des néons de la rampe

Paralysée de trac, désaprouvant la vamp.

 

Qu'as-tu fait de ta vie, toi qui la vivait tant

Quand fleurissait l'espoir sous un vent de printemps

D'un monde enfin de paix, d'une terre meilleure

Quand sans calcul aucun tu te faisais leader.

 

Qu'as-tu fait de ta vie, toi qui dans tes enfants

Voyait naître l'envie d'aller vers du bon temps,

Que de mauvais génies ont séparé de toi,

Les privant de ce lien par viles décisions ?

 

Qu'as-tu fait de ta vie quand, il le fallait bien,

Tu lui tissais un nouveau manteau d'Arlequin ;

Quand dans la vacuité de l'inactivité

La blessure béante ne peut se refermer ?

 

Qu'as-tu fait de ta vie quand , enfin, effarée,

Tu voyais de belles idées défigurées

Par d'autres profiteurs, par d'autres exploiteurs

Et bien souvent les mêmes, cyniques, la bouche en coeur ?

 

Qu'as-tu fait de ta vie quand deux fois par semaine

Pour revenir au monde, reclue en ton domaine,

Tu triais des archives dans un placard obscur

A quelques pas d'un de ces stratèges au sang froid ?

 

Qu'as-tu fait de ta vie quand la vie au travail

T'en montrait le décor dans ses absurdités,

Quand tu ne voulais toujours pas être docile

Petit grain de conscience, restant poil à gratter ?

 

Que fais-tu de ta vie quand même ta retraite

Est squattée par cet enfant blessé dont la quête

De vie piétine ta précieuse solitude

Dans l'égoïsme aveugle de ses habitudes ?

 

Que feras-tu de ta vie, de tes ans à finir

Quand en reprendras-tu au moins le gouvernail ?

Pour voir se dissiper la brume de la terre

la haine et les misères, graines de toute guerre ?

Jeanne Fadosi, 8 janvier 2011

 grillage sur neige

* précision à la relecture de ce billet le 30 janvier 2011.

Je faisais allusion la fin tragique d'une prise d'otages alors que l'un des deux jeunes gens était allé voir son ami pour assister à son mariage.

Nous ignorions encore pour quelques jours la formidable effervescence qui allait devenir ce que les medias appeleraient le printemps arabe, car l'évènement déclencheur du 17 décembre 2010 n'avait pas été relayé dans nos journaux.

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commentaires

L


Un bel écho au défi ! Et derrière le grillage, la neige, la blancheur dans laquelle j'ose voir l'espoir. Anne



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F


bonjour jeanne


une pensée bien émouvante et c'est vrai que le monde est en plein dans l'absurdité, tes mots sont jolis et n'ont pas besoin d'être retravaillés


bises et bonne soirée



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M


Merci pour ce beau billet qui dit tout haut ce que beaucoup d'entre nous pensent tout bas face à la barbarie de certains !


Je t'embrasse 



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P


Petit grain de conscience


Doux vent de neige


Merveilles de demain...


 


Loop



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L


Une très belle réponse au défi, cri de colère et de rage émouvant. Ne pas perdre son âme en se rendant complice, dire et redire jusqu'à l'infini. Bonne soirée.



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B


C'est une belle réponse à) ce défi. Ne change rien.



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P


Pour un brouillon ... je le prends comme un chef d'oeuvre ce cri aux injustices !!  Jeanne surtout ne met pas ça au
propre !! Je te souhaite un peu de baume au coeur avec ta soeur , une petite pause douceur ... Bizzzoux 



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C


Comment vas-tu, l'amie ?


Je te souhaite une bonne et heureuse semaine !


Amitiés,


Cravo



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B


Je viens de marcher en forêt; il y avait tant de paix et de beauté autour de moi que je me suis dit "pourquoi? pourquoi tant de haine, de cruauté, de violence, pourquoi le monde devient-il
chaque jour si laid, détruit et destructeur; que nous restera-t-il ?bientôt nos enfants ne pourront plus humer les senteurs de la terre et sourire au bonheur !


Pour toi et pour  tous ceux que tu aimes, une merveilleuse année de douceurs et de paix ; balaline



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J


Heureusement qu'il y a ces espaces de calme et de douceur non pour ne pas remarquer la laideur, mais pour mieux y être sensible sans s'y perdre.
Merci pour tes voeux Balaline.



A


Comment ne pas y penser ! Et joindre nos mots aux tiens pour s'indigner... puis au delà des mots apporter son petit possible là où l'on est avec ce que l'on est ...



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J


je n'ai rien à ajouter à ton commentaire. Merci de ces mots : apporter son petit possible. ... sans culpaibiliser de l'impuissance que l'on ressent souvent.



C


Il y a beaucoup de bêtise et de stupidité autours de nous... Il n'y a pas de mots assez fort pour crier mon, notre désarroi.



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J


Et je crains qu'il n'y en ait beaucoup qui s'en f...



P


j'y pense aussi, ou encore aux parents d'un gars qui s'opposent, bien qu'il soit majeur, à ce que leur fils épouse une chinoise, se basant sur une loi napoléonienne.. C'est dingue.....


 


Bises x 2



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J


Au moins , il s'oppose à ses parents, combien se plient souvent inconsciemment aux choix de leur environnement ...
Ressortir une loi oubliée, c'est ahurissant, je suis d'accord, mais j'ai l'impression que c'est un sport de juristes à la mode en ce moment
Bises aussi à vous deux



C


Comme vous la chantez bien la ballades des rêves emprisonnés et des idéaux torturés ! Espoir,toujours et malgré tout, que  la paroi de neige opaque fondra et laissera apparaître le
paysage !



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