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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 06:00

lettre-Ipeint.JPGLe défi n°39 des Croqueurs de mots, est mené avec maestria cette quinzaine par Olivier de Vaux, sous le regard souriant de Tricôtine.

 

     Vous êtes pris d'une incoercible envie de fair pipi  à un moment

     fort inopportun :

     racontez, mais sans faire usage de mots contenant la lettre i

 

Les gosses sont un peu cruels, ne comprenant pas l'esclavage du temps sur le corps.

 

En voyage, en convoquant mon cerveau jusque dans mon plus jeune âge, mon père a toujours arrêté l'auto, par tous les temps, pour arroser le fossé, ou les fleurs, un bon quart d'heure avant que je n'en comprenne l'usage.
Pas moyen de rouler plus de deux heures sans ces haltes champêtres et souvent à découvert. Pour les garçons, pas de problème, le dos à la route et le jet est masqué aux passagers des rares autos de l'époque.
Nous, mes soeurs, ma mère, c'est un autre casse tête !

D'abord trouver un fourré nous cachant aux regards. Trouver la bonne posture pour se garder des éclaboussures et des chutes, - pas agréable le fond d'une culotte arrosée -, s'écorcher aux ronces et aux fougères, sans compter le désagrément des rafales de vent, ou même de l'eau glacée,

Tous ces tracas pour quelques gouttes attendues de longues secondes... Car ce n'est pas encore le bon moment.

Pendant ce temps, mon père et mes frères sont déjà remontés au chaud et le moteur ronronne.

 

- Pressons, pressons, la route est longue.

 

Souvent, une heure plus tard, l'une d'entre nous ose du bout des lèvres demander une halte.

 

- Encore ! Ca peut attendre, tout de même ! Y a pas une heure qu'on s'est arrêtés. Vous êtes toujours à réclamer.

 

Dans ces cas-là, ce n'est pas prudent de persevérer dans notre demande. Nous serrons les fesses, en espérant que dans quelques courbes, un bosquet nous sauvera des débordements.

Chut ! je vous entends devant mon écran, ça vous rappelle des moments vécus ... je me trompe ?

 

Sauf qu'un jour récent, toute seule au volant, un bouchon monstre me bloque sur l'autoroute, cernée de toutes parts par des autos et des gros cubes. Deux heures que je roule, non que j'avance à l'allure d'une tortue, mètre par mètre, avec de longs arrêts, et l'horloge de mon corps, avec les années, réclame en ces occurrences des étapes plus rapprochées. Même entre deux portes, n'y pensons pas ! Cette presque douleur que je m'efforce de masquer* me ramène à l'enfance, je convoque à nouveau les méandres de mon cerveau, rappelle aux ordres, pour la bonne cause, les stratagèmes pour attendre sans drame.

Dehors, les nuages s'effondre en douche avec fracas sur les capots et le goudron. Dans l'espace clos de mon auto,mes parents se sont engouffrés, surfant sur la vague de mes pensées, avec leurs tendres querelles.

Jeanne Fadosi, dimanche 3 octobre 2010, pour le trente-neuvième défi des Croqueurs de mots,

 programmé pour le lundi 4 octobre à 8 heures du matin heure de Paris. 

 

* en m'occupant à des photos, par exemple.

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commentaires

L


Je suis scotchée, je connais la difficulté de tels écrits et en plus c'est amusant et long... chapeau bas jeanne ! bisous et belle journée à toi...



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J


ben ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Je m'y sui reprise à plusieurs fois poiur éliminer tous es i et contourner les obstacles. c'est un défi qui stimule les neurones ! belle fin de soirée, bigornette !
amicalement



Q


C'est vrai que la situation est terrible.


Les hommes n'ont pas toujours conscience de ce que nous endurons. :)


 


Merci pour ces souvenirs, Jeanne. J'ai eu les mêmes, aussi.



Répondre
J


C'est plus facile pour un homme que pour une femme de se soulager dans la nature. Sauf que les petits coins propices sont de polus en plus rares sur nos routes !



J


Coincés dans un embouteillage, Dames et Messieurs sont autant ennuyés. Beau texte qui rappelle bien des situations gênantes en effet.



Répondre
J


Oui c'est évident et bien bien gênant !



F


Avoir une envie pressante dans les embouteillages c'est terrible!


Je crois qu'on a tous connu les haltes   intempestives pour cause d'urgence malgré les arrêts programmés!!


Bises



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J


Oh là là, c'est une torture pour le ventre ! et quelquefois il n'y a même pas moyen de se soulager car il faut mettre sa pudeur dans sa poche ... et que les voitures soient complètement à l'arrêt
quand même. !
Bon, avec le rationnement de carburant et les chiens de mon fils à garder, de toutes façons je ne peux pas partir !


bises et belle fin de semaine



J


Bonjour Jeanne, ah les fossés d'antant, le petit bois etc.... Le pipi sauvage de la gente féminine, j'ai connu aussi, il nous mettait dans l'embarras maman et moi question de lieu... Bisous
Jeanne...  Défi réussi !!!!   JB



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J


bon je reprends ma tentative de rattrappage. Mais comme je grignote moins de réponses que les noiuveaux commentaires qui arrivent, j'ai l'impression que je recule encore. On verra bien le bout
...


et dire que je vais faire une pause pipi entre deux réponses ... Heureusement avec le confort moderne. Quand je pense que dans mes "tendres années", il fallait rejoindre la cabane dans la cour ou
au fond du jardin, sans chauffage bien sûr et par tous les temps !
bises JB et à lundi si la mer est bonne !



A


 avoir envie


aujourdhui on a eu envie de faire pipi toute la journée à cause d'olivier


 bravo défi superbement réussi


 un petit retour dans le passé et grand plongeon dans le présent mais avec  toujours la même envie de faire pipi


  merci  de nous avoir si bien raconté celà


 bisous de bretagne


 



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J


je me suis bien amusée chez toi ou plutôt à ta chapelle. Le sujet était aussi scabreux que difficile. Ton défi m'a bien amusé et l'exercice est brillament réussi.



T


hihi.. tu m'as vue sourire derrière l'écran ???? j'ai connu ces haltes pas aux heures escomptées  pour les filles!!! je suis ravie de ton récit sans "i" mais plein de bons souvenirs, le
pire c'est quand il pleut.... ça fait redoubler l'envie !!! bizzzoux  Jeanne bonne fin de soirée ...




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J


J'en ai vu plus d'une sourire. Et oui, le pire c'était quand il peuvait. Maintenant, c'est osuvent plus confortable avec les aires équipées, mais moins bucoliques.



P


Lu et approuvé par l'éternel migrant que je suis (ou me sens)


vive les défis de "croqueurs de mots" qui permettent de belles découvertes



Répondre
J


ravie de découvrir ton blog grâce à ce défi rigolo et pas facile.
Je me lache, plus besoin de faire des économies de Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih!



M


Criant de vérité tout ça. A noter qu'en général c'est le père qui s'arrête le plus souvent !



Répondre
J


Les messieurs ont des vessies moins élastiques, ou alors ils la remplissent plus, va savoir ...



R


Bonsoir Jeanne


Oui ça sent le vécu; bravo pour ce défi relevé avec brio


Amicalement



Répondre
J


Ca c'est sûr !
Amicalement



P


Ohlala, du vécu aussi bien dans le passé que dans le présent ! Les embouteillages... une tragédie !


Bonne journée


Anne



Répondre
J


et une autonomie moins grande entre deux pauses pipi nécessaires.



F


un embouteillage, pas mal et tu t'en es très bien sortie


Bises



Répondre
J


C'est facile d'en sourire après, mais sur le moment ce fut une torture !



O


Quel régal, cette description des pauses pipi d'autrefois lors des voyages aux longs cours.


 


 



Répondre
J


Ah oui, j'étais sûre de rappeler des souvenirs vécus à quelques unes ... et à quelques uns



P


Sourires....Je me souviens des culottes des anciennes d'antan, qui leurs permettait de se soulager "debout" !!! oui, oui, toutes les "vieilles" à l'hospice en avaient.


 


belle journée chez toi. Bises.



Répondre
J


Tu fais remonter l'histoire loin dans le temps. Même ma tante, je n'en ai pas retrouvé chez elle. Il faut dire qu'il parait qu'elle était pltôt moderne du temps de sa jeunesse, dans les années
1920 et 30.
bises à vous et belle fin de duimanche



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