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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 06:00

Capitaine de quart interimaire, c'est moi qui barre, vêtements au vent,

pour ce défi n°54 des CROQUEURS DE MOTS.

Amirale Tricôtine, depuis un an déjà.

Amiral d'honneur, Brunô qui fait flotter ses vêtements

en roue libre vers les cols de Alpes ou d'ailleurs.

 

soulitré10

 

Un autre temps de lessives ...

 

Il faudrait un très mauvais temps

pour modifier l'emploi du temps.

Aujourd'hui, nulle esquive,

le lundi est jour de lessive,

invariablement.

 

Hier, on a troqué les vêtements de labeur,

chargés de poussière et de sueur,

pour les habits du dimanche,

chapeau de feutre et veste à manche,

élégamment.

 

Hommes trinquant au zinc en chemise,

femmes, foulard noué, allant à l'église.

On a mis les robes de popeline,

le tout sentant la naphtaline,

obstinément.

 

Lundi et le lavoir ne désemplit pas,

tapant du battoir à la force du bras ;

avec ses rites et ses rires,

ses grands éclats de voix et ses discrets soupirs,

inlassablement.

 

Certes, c'est une corvée,

mélange d'eau et de suée.

C'est aussi une rare occasion

de sortir de sa maison

ponctuellement.

 

Même la grande nana lascive

y vient côtoyer les matrones actives,

retroussant ses manches et ses jupons,

partageant cancans et crépages de chignons,

inévitablement.

 

On envie la femme du maçon

qui à côté de sa maison

a la pompe à bras près de la buanderie

et ses étendages bien à l'abri,

luxueusement.

 

Faire sécher le linge à l'air

est bien souvent la grande affaire

car vous savez qu'en Normandie,

le temps est souvent indécis,

indubitablement.

 

Elle a changé ses habitudes

On plaint sa grande solitude.

Le confort de sa moderne lessiveuse

Ne la rend pas plus heureuse.

 

Mais au dessus du toit de la laverie

les commères guettent à l'envi

le panache de buée d'argent

qui signalera d'où vient le vent,

imperturbablement ...

Jeanne Fadosi, le vendredi 29 avril 2011

pour le défi n°54 des CROUEURS DE MOTS

 

pour une autre histoire de ...  lavoirs à voir

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commentaires

C

Le temps est souvent indécis aussi chez nous en Bretagne! Tout une époque que j'ai plaisir à retrouver ici! La messe du dimanche, les vêtements sentant la naphtaline et les lavoirs... Ah! Les
lavoirs avec tous les radios potins du coin qui faisaient le ravissement des enfants! que de souvenirs! Merci à toi pour ces bons moments de lectures. chloé
Répondre
J


Sur qu'entre le crachin normand et le crachin breton, il n'y a pas de grandes différences ... 


les potins s'échangent toujours dans les villages ... au bistrot s'il y en a ou à la boulangerie ...



O


Bonjour Jeanne


Quel beau poème, véritablement très bien écrit, que de jolis souvenirs égrainés là...


Amitiés


Olga



Répondre
J


Oui, c'est vrai, des souvenirs de petite fille qui voyait cela en vacances, comme des reliques de temps plus anciens encore ...



H


Bonjour Jeanne


je viens enfin lire la cap'taine par intérim, et je me régale de ce lavoir, et de tes adverbes.
Ce temps n'est pas si loin, mais je ne crois pas que j'aimerais lâcher ma machine à laver


D'ailleurs il m'est arrivé, en vacances, de retrouver cette ambiance dans ... une laverie automatique !


Gros bisous à toi



Répondre
J


Un bon demi-siècle en effet. et bien des foyers n'avaient encore ni eau courante, ni réfrigérateur, ni salle de bains et encore moins de machine à laver. Elle est bien utile cette dernière ...


L'ambiance dans les laveries, on en a même fait des sujets de films ...


Bises et belle fin de journée



F


ah! Le temps des lavoirs  avec les commères qui refaisaient le petit  monde du village ! L'atmosphère  et les enfants qui jouaiaent  pas très loin ..Tu le décris parfaitement
.. J'adore!


Bisous



Répondre
J


Je m'en souviens bien plus que de moments bien plus récents. L'enfance est un temps qui laisse tant de traces ...
Bises 



Q


J'ai aimé, beaucoup, la construction de ton poème avec ces adverbes qui terminent chaque strophe si invariablement mais talentueusement.


 


C'est un très beau poème, Jeanne.


Merci pour ce thème qui m'a permis de beaucoup rire de blog en blog... Bisous et douce soirée à toi.



Répondre
J


Je suis ravie que ce thème ait plu. Je suis loin d'avoir fait le tour des blogs mais je me régale depuis lundi à mes lectures 
bises et belle journée Quichottine 



T


bonsoir Jeanne à la barre !! j'ai connu ces lavoirs en Normandie (dans l'orne ) où je me régalais de la lessive de la voisine fermière, pour moi c'était magique, la lessiveuse qu'on emportait
dans une carriole accrochée au vélo , pour battre le linge sur la pierre et rincer à l'eau glacée. Merci pour ton texte qui rend ses lettres de noblesse à la lessive d'antan et à hommage à ces
femmes d'un autre temps !! Merci également pour ce sujet qui a soufflé fort sur le pont, de belles lessives en communauté, j'ai terminé mon tour par ton texte , ce fut un plaisir partout quel
élan pour ces vêtements dans le vent !! gros bizzoux Jeanne, je file vers un autre fil... celui à dormir les rêves
!!



Répondre
J


Oups, Tricôtine, je suis bien loin encore d'avoir fait le tour des cordes à linge. Il faut dire que je me régales de toute cette belle énergie en mots qui virevoltent au vent par tous les temps
...


Bises et belle fin de journée ...



B


Tes mots battent au vent...adverbialement ponctués de respirations entre le temps du jour et les temps passés....je me suis régalé


Gros bisous Jeanne



Répondre
J


Pour être honnête, mon expérience des lavoirs en activité est très sommaire et si j'ai été en vacances chez ma tante, je n'ai pas dû bien souvent être la témoin de ces journées de lessive dans la
buanderie. J'aimais l'odeur de la lessive qui monte en température jusqu'à l'ébullition ...
La machine à laver est avec le réfrigérateur, l'engin qui a le plus transformé la vie des femmes du XXème siècle. On aurait bien du mal à s'en passer maintenant et ce n'est certes pas
souhaitable.


Bises Brunô et encore merci pour ton exilée aux pieds nus  



A


Beau texte et belle construction. Merci pour ce défi et belle soirée!!



Répondre
J


Je suis ravie qu'il t'ait si bien inspirée.
Bises et belle journée ! 



E


c'est une très belle photo que tu as trouvé là et qui a inspiré beaucoup de poète ...y compris toi


bisous



Répondre
J


La photo est de mon frère Gilles et je suis ravie qu'elle ait si bien inspiré dans toutes ces belles directions. Elle avait besoin d'une lessive parfumée aux sourires bienveillants ...
Bises et belle journée 



A


Que d'images dans la tête des habits du dimanche au fil de linge !


Un poème souriant au bon vieux temps, mais quoique l'on en dise je préfère être dispensée de la corvée de la lessive au lavoir...



Répondre
J


Entièrement d'accord avec toi, d'autant que j'ai récemment dû renoué la lessive sans cette précieuse auxiliaire. rassures-toi, elle va très prochainement reprendre du service. D'ailleurs, elle
acceptait d'essorer, ce qui m'a quand même été bien utile !



M


c'est un joli récit qui me ramène 50 ans en arrière,


à l'époque où le dimanche à la campagne, marquait une rupture,


et chaque jour avait sa tâche affectée..


Bises



Répondre
J


Tout était souvent bien rythmé et l'horloge biologique s'en portait sans doute mieux malgré la besogne qui était alors bien plus rude encore.
Le dimanche n'a pas toujours été chômé. je pense que c'est un acquis social obtenu en occident par des religieux soucieux des gens, puis reperdu aux grands moments des révolutions industrielles
et regagné par les luttes ouvrières ...
Bises et belle journée 



A


j'adore ton texte qui me rappelle ma jeunesse


 le lundi était aussi jour de lessive chez maman


 j'aimais aller l'aider


  j'aimais cette ambiance


 quand je me suis mariée et que ma belle mère a voulu me payer une machine à laver je n'étais point contente de son choix


 et pourtant il me fut bien utile quand les jumelles firent leur apparition!!!!!!!!!!!!!!!!


 merci pour ce joli partage


 bisous d'une bretonne nostalgique des lavoirs



Répondre
J


Nous sommes nostalgiques des lavoirs car, comme moi, tu y étais encore bien jeune et c'était un honneur et un jeu que d'y être acceptées. La dernière vieille femme toute cassée, toute voutée qui
y allait encore dans les années 60 par obligation, je ne suis pas sûre qu'elle en était satisfaite ...


Et j'imagine tondépit en te mariant et ta reconnaissnace à postériori. Des jumelles ! que de linge multiplé par deux ...


Merci pour ce partage. Ces petites anecdotes ne sont pas nombrilistes. Ce sont autant de témoignages d'une autre vie qu'il est nécessaire de transmettre aux jeunes générations.


Bises et belle journée



F


du grand "Fadosi"


qu'il est beau et bien construit ce texte


c'est un plaisir de te lire


je t'embrasse


bonne journée


bonne semaine, Jeanne


françoise



Répondre
J


 tu vas me faire rougir d'autosatisfaction. Son écriture ne s'est pas faite sans ratures, je te rassures. Mais
je ne suis pas mécontente du rasultat, c'est vrai. On pourrait en faire une chanson du style réaliste des années 1900 ...
Bises et belle journée, Françoise



E


bravo bravo, toute une époque, du rythme, j'aodre la ponctuation des adverbes... Emma



Répondre
J


Pour être efficace à la tâche et aussi pour ne pas se gêner le long de la rivière les gestes devaient être synchrones et le rythme en était le plus sûr guide ...



L


Bonjour Jeanne. Ah, c'est original, l'angle sous lequel tu abordes la photo que tu nous as proposée ... Et c'est plaisant de se plonger dans le monde difficile des lavoirs d'antan, où les
battoirs s'activaient et où les langues allaient bon train ! Même ma maman a connu le lavoir, il y en avait un dans notre jardin avant que nous disposions de toutes les commodités ! Mais notre
linge, on l'étendait au grenier ! Donc, toi tu nous racontes ce qui se passe avant que le linge ne soit sur le fil et c'est passionnant ! Bises et bon vent pour la journée !



Répondre
J


Hihihi, pour tout dire, il y a longtemps que j'ai préparé ce défi et je m'étais fixée comme règle de ne pas me préoccuper de la manière dont je le relèverai. Je m'étais contentée des poèmes.
La réalité m'a rattrappée en me privant de ma machine à laver ...
Bon vent et grand soleil encore aujourd'hui.


Bises 



H


Un autre temps, une autre époque.


Le travail y était certes plus dur.


Mais j'ai le sentiment qu'on y était plus heureux.


 


Merci de ce défi et de tes visites.


Gros bisous Jeanne



Répondre
J


Les difficultés et les bonheurs n'étaient pas le mêmes mais cette impression d'embellir le passé est une illusion d'optique. Je crois que c'était plus dur à tous points de vue mais que
l'acceptation en était plus "docile", en partie obtenue par une éducation religieuse de soumission.
Ce que j'en retiens comme sagesse, c'est que peut-être on savait un peu plus "saisir l'instant ..." encore que je ne suis pas certaine. Cela dépend aussi du caractère plus ou moins optimiste des
gens.


Ce qui est sûr aussi, c'est que je crois qu'on savait se contenter de peu et de ce qu'on avait. Du moins chez les gens modestes.


Je t'embrasse, Harmony, j'espère que tu as aussi beau soleil que par ici aujourd'hui. Belle journée 



L


Bonjour Jeanne


Voilà bien un rythme plein d'entrain !


Tu as fort joliment relevé ton défi et ce fut un plaisir d'avoir ces images d'autrefois de femmes au lavoir


Belle journée, bises, Lyly



Répondre
J


Je suis loin d'avoir fait le tour des blogs, mais je vois que le sujet a eu du succès et surtout nous emmène dans plein de directions bien agréables ...


C'est quand même plus confortable d'utiliser une machine à laver ...
Bises et belle journée 



P


Tu as l'écriture facile... Ce n'est pas mon cas... belle journée. Bise



Répondre
J


Oh, je ne suis pas dans le secret de ton ouvrage, lorsque tu nous mitonne tes articles mais le résultat est bien intéressant. J'aimais bien aussi quand tu te faisais le chroniqueur de tes années
de travail et de partages sur les chantiers.


Bises et belle journée



M


Ah ! les lessives d'antan, ce devait être quelque chose ! moins de fatigue maintenant, sûrement, mais aussi moins de convivialité... même avec les crépages de chignons  !


Bisous






Répondre
J


les querelles ce n'est pas le genre de convivialité que je préfère ... et quand même vive la machine à laver !
Bises 



J


Joliment dépeint ce temps à l'ancienne....  De nos jours chacun chez soi avec sa lessiveuse, certes moins de fatigue mais on y perd les cancans et crépage de chignon !!  Oups ! 
Bises de jill ma Jeanne



Répondre
J


lessiveuse plus que moderne, quand elle vous laisse en rade ...
Bon les crépages de chignons ne sont pas à regretter tout de même et la vie quotidienne des femmes étaient bien rude ! Celle des hommes sans doute aussi d'ailleurs
Bises 



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