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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 04:00

 

C'est Enriqueta qui tient la barre de la coquille des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°89.

Tricôtine, depuis son lieu de villégiature convalescence, nous demande de faire le buzz sur la coquille et nous informe que le n°90 sera piloté par Suzâme et le n°91 par Jill Bill. Ensuite, les tours de quart sont à prendre ...

La consigne en est la suivante :

"C'est un petit lieu qui ne paye pas de mine (un banc public, une ruelle, une place, un arrêt de bus, etc...), un endroit qui ne vaut pas le détour sauf pour vous. Décrivez ce lieu et racontez pourquoi il vous plaît (ou déplaît) autant..."

 

Dans ma grande générosité, ma plongée dans les souvenirs m'ont fait évoquer non pas un lieu, mais deux. et même trois, vous allez comprendre pourquoi.

 

C'étaient deux rues ordinaires.

L'une, aux masures coïncées entre les immeubles début de siècle, aux façades grises, sans vitrines attrayantes, ballustrades et pigeons ramiers.

L'autre dont j'aimais, allez savoir pourquoi, l'ambiance déjà surranée. Avec l'activité tranquille des ateliers de ses impasses, son bougnat1 où se mêlaient, surtout l'hiver, les odeurs d'encre et de journal, de charbon et de jambon fumé, qui restait ouvert jusqu'à dix heures du soir, même le dimanche. Son salon de coiffure et les effluves de teinture et de shampoing, libérées, surtout l'été, par la porte grande ouverte.

Le choix de l'itinéraire était toujours difficile. 

- Quelle station aujourd'hui ?

La côte et l'animation d'un village au travail ? avec en prime la correspondance à Etoile2 mais le spectacle du métro aérien sur Montmartre ?

Ou le désert de la rue dortoir puis le grouillement bruyant du boulevard, et le métro dans le ventre sombre de Paris. Sans compter les quelques deux cents mètres en plus. Ce qui n'était pas rien pour mes jambes de petite fille.

Ma marraine ne m'avait rien dit de ses problèmes cardiaques. Ou bien je l'imaginais sans doute avec candeur telle une bonne fée indestructible. Elle ne prenait pas un gros risque en me questionnant, surtout aux alentours de noël. Elle avait, en dépit de l'attrait du village, une alliée de choix pour éviter la rude montée de la rue Montlouis. Une odeur délicieuse qui me faisait choisir jusqu'au trottoir le plus proche derrière la fabrique. Et même quelquefois rallonger encore la route pour passer devant l'usine, rue Mercoeur.

Plus tard, ma marraine et mon parrain ne prirent plus jamais le métro à Charonne. Malgré la côte pour Philippe-Auguste. J'avais grandi et j'en ai compris les raisons (donnés sobrement, sans trop de détails alors).

Quelques années encore et la chocolaterie est allée s'installer loin de la capitale. Les rues de Belfort et sa parallèle majestueuse la rue Mercoeur sont devenues des rues banales, aux odeurs de ville, mélange de poussière et de circulation urbaine.

Dans la rue Montlouis aussi le bougnat a depuis longtemps fermé boutique et les ateliers de l'époque ont cédé la place à d'autres activités. Seul subsistait, du moins à ma dernière promenade, il y a déjà quelques années, le salon de coiffure, récemment climatisé, gardant pour lui ses vapeurs, et ne les laissant s'échapper qu'avec parcimonie lors de l'entrée ou de la sortie d'une cliente.  

 

1 C'est ainsi qu'il se désignait lui-même.

le bougnat était un artisan commerçant auvergnat. Terme utilisé souvent de façon mi péjorative, mi ironique pour ces exilés de l'intérieur mal considéré, avant que d'autres immigrés prennent leur place de parias.

2 La station Etoile est devenue la station Charles de Gaulle en 1970, mais très vite on lui a accolé son ancien nom pour la nommer Charles de Gaulle Etoile

.

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commentaires

F

Un Paris qui avait encore des allures de village dans certains quartiers ; cela devait être bien agréable.maintenant tout se ressemble .


Merci pour ces jolis souvenirs ; bises
Répondre
J


il y a encore des coins vraiment sympas ... Bises



E

Un petit merci à tous les croqueurs sur mon blog avec la liste des participants.
Répondre
J


d'ac, je veindrai sans doute demain merci à toi 



D

Belles photos sur ce blog, je reviendrais si cela vous fait plaisir, Pascal.
Répondre
J


quand vous voulez. 



Q

Nous avons quelques souvenirs en commun... Un sourire pour toi.


Je crois que nous aimerions tous, enfants, que ceux que nous aimons soient éternels.


 


Merci pour ce moment , Jeanne.


Le métro et Paris... que de souvenirs !
Répondre
J


ils continuent à vivre dans nos souvenirs ... les souvenirs d'enfance sont les plus nets dans nos mémoire, surtout les bons



A

Quand les évènements se mêlent et s'enchaînent, trois lieux ne sont pas de trop pour faire vivre les vrais souvenirs auxquels l'on tient vraiment...
Répondre
J


C'est vrai, ceux-là font partie des souvenirs auxquels je tiens ...



U

Hmmmm ... cette nostalgie des lieux qu'on a aimés ... j'aime bien cette description, j'ai eu l'impression d'y être ...
Répondre
J


les lieux sont habités de multiples manières par le croisement de personnes et de moments particuliers ... un beau sujet.


je ne pense pas qu'il s'agisse de nostalgie. C'est agréable de se souvenir ... sans s'y perdre ... et de vivre au présent



S

J'ai fais avec toi une belle balade. Le temps change les beaux endroits de notre enfance, c'est ce qu'on appelle le progres.
Répondre
J


il y a certaines évolutions qui ne sont pas un progrès, comme l'éloignement des lieux de travail et ses heures passée dans les transports et d'autres qui le sont. La disparition des marchands de
charbon sont dûs à l'amélioration du confort des habitations par exemple. Et la prison de la Roquette, murs imposants de pierres noircies, a été remplacée par des constructions au style agréable
et par des jardins ... 



R

Cocou me voici de retour. J'espère que tu va bien depuis ces deux mois passé sans que je ne puisse blogguer.....Joliment relevé ce défi et j'aime aussi beaucoup l'image du chat pour le casse
tête. Bisous
Répondre
J


il y a des moments où ne plus bloguer permet d'ancrer ses pieds sur terre d'une façon bien plus concrète ... oui on peut dire que ça va bien. bises



O

Voilà une très belle évocation Jeanne et
bien que ces lieux me sont inconnus, j'ai vu la petitefille que tu étais trotter le long des rues. J'aime ces souvenirs tout en images et en parfums.Ce sujet proposé
par Enriqueta est
vraiment très beau quoique souvent nostalgique.


Je te fais de gros bisous et te souhaite une très bonne journée.
Répondre
J


C'est en effet un sujet qui m'a inspiré cette plongée dans un passé lointain. Le plus difficile a été de faire un choix car j'avais d'autres lieux bien sûr


bises et belle journée



M

Une belle évocation de souvenirs du passé, on a l'impression de voir ces films où le décor change plan par plan au rythme du temps qui passe, un bel effet!


 


 
Répondre
J


J'aime beaucoup les vieux films. Cela joue peut-être inconsciemment dans mon inspiration ...



H

Bonjour Jeanne,


un beau souvenir d'enfant, plein de couleurs et de saveurs dans le Montmartre ancien.
Mais tu sais, dès que l'on s'éloigne un peu du coeur du quartier, il reste plein d'endroits très calmes, très beaux. Je pourrais te parler de la rue saint Vincent, où mes promenades m'ont portée,
et que j'ai parcourue seule sous le soleil en regardant les fleurs de la passion.


Gros bisous à toi
Répondre
J


C'est vrai que les quartiers de Paris avaient une ambiance de villages avec leurs constantes et leurs particularités. Montmartre devait aussi ressembler à cela que je n'apercevais que de loin
depuis le métro aérien (beaucoup trop pentu pour le coeur fragile de ma marraine). Les souvenirs que je décris ici sont situés dans le XIe arrondissement, entre le Père Lachaise et Charonne


la rue Saint Vincent, j'en ai apprécié le charme cet été


Bises Hauteclaire et belle journée



A

Je me promène, les yeux grands ouvert, des senteurs plein les narines. Emotions.


Beau défi !
Répondre
J


mes souvenirs sont plein de sensations, de sons et d'odeurs et de couleurs aussi bien sûr


merci de ta venue



E

C'est vraiment très émouvant, en plus d'être très bien écris. Merci beaucoup. J'aime, j'aime, j'aime!
Répondre
J


Ce sont de très bons souvenirs auquels se greffent plein d'autres images ... quand on n'allait pas à Paris, c'est le chocolat qui nous était envoyé par la poste. J'y ai découvert les premières
barres individuelles ...



L

  Pfff, à force d'attendre je t'ai lue en sachant que c'est toi, mais je pensais aussi à Eglantine-Lilas, et
voilà, je me suis trompé de nom, je te présente toutes mes excuses, Jeanne, ainsi qu'à Eglantine ! Gros bisous.
Répondre
J


 bises



L

  Coucou mère-grand ! Plusieurs endroits en effet, le Paris Paname et Belfort et le lien par la chocolaterie, ravie
de connaître grâce à tes mots l'atmosphère des lieux, où dominent, je crois, comme chez moi, les odeurs, les parfums ... Merci beaucoup de nous y avoir conduits, Eglantine, gros bisous.
Répondre
J


et ce croisé me vaut deux coms youpi !!! bises



M

très sympa de nous montrer des lieux dans  une grande ville ! je connais bien, j'y suis née, j'ai habité Montmartre et je faisais  la  manif  ... Charonne.. 
alors  merci à toi ! et bonne journée 
Répondre
J


j'avais la chance de connaître Paris "en vacancière". Je préférais au quotidien, la tranquillité de ma petite ville de province et j'aurais aussi pu vous en parler ...


Pour Charonne, mon parrain revenait toujours du travail à cette heure-là. Ce jour-là aussi ...



C

Une joli ballade où s'entremêlent  mémoire affective, très présente dans ton texte,  couleurs, émotions  et images d'enfance nous entraînant avec  toi dans l'âme même de ces
ruelles! Merci à toi. Chloé
Répondre
J


et les odeurs aussi beaucoup ... les lieux d'enfance quand on y a engrangé de bons souvenirs, sont les plus faciles à garder dans la tête. et pourtant sur toute une vie ce ne sont que quelques
années



L

Bonjour Jeanne,


Un bien jolie promenade que tu nous fait faire là. J'ai beaucoup aimé  "Le Bougnat,mal considéré et remplacé par d'autres immigrés prenant sa place". Bises
amicales.


Henri.
Répondre
J


Il était bien utile à tout le monde. A l'époque, les logements n'avaient pas le chauffage central et je me souviens encore du seau de boulets de charbon qu'il fallait remonter tous les jours (ou
était-ce deux fois par jour  de la cave (pas d'ascenseur non plus)


bises amicales



D

Bonjour Jeanne,


Je viens de faire avec toi, dans ton enfance  et à Paris , une très jolie promenade .


Bises


Dominique
Répondre
J


j'habitais un petite ville de province mais j'allais en vacances à Paris. C'étaient des moments agréables. Bises 



J

Merci pour ce souvenir d'enfance... Des rues qui deviennent plus qu'ordinaires hélas !  Bises de jill
Répondre
J


j'imagine que pour les enfants d'aujourd'hui, il s'y fabrique des souvenirs encore et encore. enfin, pas partout évidemment, il y a des endroits vraiment impersonnels ...


Bises



L

Vite un petit tour avant de partir... Tu nous fais vraiment vivre ces lieux et bien que je ne les ai pas connus,  j'ai l'impression d'avoir vu les mêmes dans ma bonne ville de Lyon que j'ai
quittée à l"époque sans regret mais qui me manque aujourd'hui.


Je connais les évéènements du métro Charonne ... durs durs


avec un sourire


 
Répondre
J


Je n'allais à Paris que pour des vacances choyées. Mes parents habitaient une petite ville de province bien différente de ce que je découvrais à Paris.


Quand on grandit, il y a souvent un moment où l'on veut oublier les lieux de notre enfance. Plus tard on se souvient à nouveau ...


Pour Charonne. Mon parrain rentrait du travail et a vu ... Transmission sans intermédiaire donc, mais avec la difficulté de mettre des mots sur l'innommable. et avec la volonté de ne pas heurter
la sensibilité d'une fillette de 12 ans


Il a fallu du temps avant de se souvenir. Mais c'est important. Il a fallu encore plus de temps pour le 17 octobre. Dire ce qui a été. C'est nécessaire. Mais difficile.



P

Description d'un quartier qui se meurt.... Et oui, cela me rappelle aussi mon enfance dans un autre quartier....


 


Bonne journée avec bises
Répondre
J


oui c'est vrai c'était un lieu de vie, de repos et de travail. La vie moderne a déplacé l'activité loin des zones de repos. Je ne suis pas convaincue que ce soit un progrès social, même si c'est
plus pratique pour la fabrication et le transport


bises et belle journée



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