Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
Par Jeanne Fadosi
Grâce aux frères Lumière ... (1)
Quand j'ai zappé sur ARTE hier soir pour voir Devine qui vient dîner, un film de 1967 que j'avais vu dans ma prime jeunesse comme on dit, dont je me souvenais du thème, que je pensais avoir vu une fois en noir et blanc sur une télé de la fin des années 1960, et que j'ai entendu le présentateur annoncer toutes les récompenses qu'il avait eu aux Oscars et aux Golden globes de 1968 (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur ... clic), j'ai immédiatement pensé que les Etats-Unis étaient à peu près mûrs pour accepter de primer Twelve years a slave (douze années esclave), en dépit de la manière dont il traite ce sujet, manière et à laquelle je n'ai pas entièrement adhéré.
Je ne suis donc pas surprise de son palmarès.
Même si je n'aurais pas insisté sur les mêmes évènements, même si j'aurai rendu plus lisibles les notes de fin concernant le destin juridique d'impunité complète des trafiquants d'esclaves.
En les écrivant plus gros, en ne les faisant pas défiler à toute vitesse, en doublant ces notes d'une lecture en voix off.
Mais là, j'en demande un peu trop ! Pensez que Devine qui vient dîner, qui peut paraître délicieusement démodé, s'il s'agissait d'une histoire moins sensible, est contemporain du sujet que son auteur avait l'immense courage d'aborder.
Tellement contemporain qu'un important problème soulevé dans le film (les lois anti-métissage dans les Etats du sud-est des Etats-Unis en feraient des criminels et leur interdiraient d'y aller) a été résolu, du moins en théorie, dans les moeurs, c'est autre chose par la Cour Suprême qui les a déclarées anti-constitutionnelles à peu près au moment de la sortie du film.
Songez que Martin luther King a été assassiné quelques semaines après la cérémonie des oscars qui récompensait ce film. Songez qu'il était encore dans les salles de cinéma à ce moment-là et qu'une réplique du film a été coupée à la mort de Martin Luther King par égard pour sa famille.
Alors espérons que ce film sera un premier pas dans une prise de conscience indispensable de cette part sombre de l'histoire des Etats-Unis. Une histoire qui a, faut-il le préciser, à peine 50 ans et que les préjugés ou d'autres pas plus recommandables sont toujours à l'oeuvre et que les idéologies les plus rétrogrades sont de plus en plus agressives dans leurs propagandes, là-bas, comme de ce côté, en Europe.
le "héros" de Twelve years a slave récoltant du coton
.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog
