Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
Par Jeanne Fadosi
Cette fois c'est sûr, ils sont revenus à Pâques, sans attendre la Trinité.
Ils ... ne sont pas allés comme Malbrough à la guerre pour la faire.
Ils y sont allés pour faire savoir. C'est la grandeur et le courage des reporters.
Les quatre journalistes français, Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, enlevés en Syrie il y a dix mois ont été retrouvés vendredi soir 18 avril à poste frontière entre la Syrie et la Turquie.
300 jours de captivité, et le retour le jour de cette date symbolique de Pâques. Ce n'est certes pas un hasard.
Ce n'est pas un hasard non plus si ce matin Yvan Levaï, lors de sa revue de presse sur France Inter, a choisi de la commencer par le poème Liberté, de Paul Eluard.
Un poème écrit et publié clandestinement le 3 avril 1942, un mot qui s'est imposé à lui, à la place de celui de la femme pour qui il avait commencé ces vers.
Il y a des mots ...
Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amis.
Paul Eluard*
Extrait du poème "Gabriel Péri"
Pâques, pour moi, a pendant environ 25 ans signifié la réception d'une carte de Joyeuses Pâques. Une carte venue d'Allemagne, envoyée par un vieux monsieur rencontré en été 1970 et qui a tenu jusqu'au bout à m'adresser deux signes par an, à Pâques et pour Noël et le jour de l'an.
Un vieux monsieur de près de quatre-vingt ans qui avait pleuré devant la petite jeune fille de vingt ans que j'étais alors, en demandant
pardon
pour ce que les allemands avaient fait jusqu'à 25 ans auparavant. (Récit dans mon billet Des vacances en partage)
Parce que le train de l'Histoire est plus vaillant que toutes les blessures, toutes les meurtrissures, toutes les tortures ... que les hommes qui la font infligent aux peuples qui la subissent.
Liberté, Paul eluard, mis en musique par Francis Poulenc
décoration en vitrine vue dans le XIVè arrondissement de Paris, confiseur artisanal, Chris Kettel'z
N'oublions pas les autres otages, en Syrie et ailleurs.
N'oublions pas les peuples pris en otage, là-bas et ailleurs.
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