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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 15:40

Photo-039cr.JPGDeux de mes frères, vers 1946, campeurs amateurs en herbe.

 

Peut-être pour faire un peu de camping vacances dans sa tête, Lajemy nous a proposé le camping pour le Casse-tête de la semaine.

Si l'on mettait bout à bout toutes mes nuits de camping, elles ne pèseraient pas bien lourd dans mes autres journées de vacances. Et pourtant, elles sont si riches en anecdotes et en souvenirs heureux ou calamiteux qu'il n'y suffirait pas de tout un livre.

Est-ce la proximité des gens, est-ce un certain état d'esprit de ceux qui choisissent de camper ? C'est sans doute à ces occasions qu'il fut possible, quelques instants, de rencontrer des gens, ... autrement.
J'ai longtemps aimé la vie en camping, à plusieurs, avec ses contraintes et son relatif inconfort, mais je n'ai que rarement eu l'occasion de partir camper, ne serait-ce que pour des raisons de santé qui m'ont souvent bridée dans mes enthousiasmes.

Le camping, c'est d'abord la vie en plein air. C'est la proximité avec la nature, enfin, une nature toute relative puisque le camping sauvage est largement réglementé, voire interdit, tant en raison des nombreux indélicats qui laissent des traces immondes* de leurs passages, que parce qu'il est toujours possible de faire des mauvaises rencontres.
Sans aller jusqu'à éplucher les rubriques faits divers, les roumains de l'OAS par exemple, et à juste titre, nous l'avaient déconseillé, non par crainte du grand méchant Dracula, mais parce que les ours et les loups des Carpates étaient abondants dans les montagnes du nord.

Une nature toute relative encore, lorsque les campings, sous la pression des voyagistes et de campeurs d'un nouveau genre, peu décidés à faire des concessions à leur confort urbain, sont, le gîte mis à part, aussi luxueux et bien équipés que des hôtels.

 

J'ai longtemps aussi été tentée par les voyages en camping-car et je connais de jeunes et moins jeunes retraités qui se sont épuipés et ont visité une partie de l'Europe ainsi. La vue de sites superbes difficiles à contempler sans la vision de plusieurs dizaines de ces drôles de véhicules alignés au plus proche de la meilleure vue, même classée, ont atténué là aussi mon enthousiasme.

Je comprends que l'on souhaite voyager à deux ou trois véhicules, pour des raisons de convivialité, de partage, et aussi de sécurité, il faut bien le dire, mais ces regroupements grégaires me font décidément penser que les humains ont bien du mal à s'extraire de leur conditionnement de troupeaux.
Faîtes l'expérience, rien que pour pique-niquer en route pendant un long trajet. Vous quittez l'autoroute pour vous trouver un coin sympathique, ombré, silencieux, autant que la campagne soit silencieuse, combien de minutes resterez-vous avant que d'autres véhicules s'arrêtent sur votre aire de repas improvisée ?

 

Pourtant, parmi mes meilleurs souvenirs de camping, je classe sans hésitation les rares moments de randonnée à pied, avec ses réveils frigorifiés sous la gelée blanche et ses toilettes dans l'eau glacée des torrents, et parmi les plus calamiteux, un voyage à deux, qui se devait inoubliable, vu que je venais de dire un Oui lourd de conséquence, avec campings de l'ouest étasunien de quatre ou cinq étoiles. J'y ai découvert les douches avec eau chaude illimitée, l'accès à des cuisines équipées de plaques et même de fours et de lave-vaisselle, avec piscine et jakuzi, avec le lave et sèche linge en un quart d'heure chrono. ... Mais aussi, avec une tente dont mon cher et tendre n'avait pas pris les bonnes armatures, deux matelas d'une personne et deux duvets individuels impossibles à réunir ...

Et des nuits aussi chastes que si j'avais été nonne !

 

C'est pourtant lors de ce voyage que, sur mon insistance, je dois bien le dire, j'ai partagé un soir, l'humble pain sans levain de la seule famille installée au bord d'un vaste espace herbu boudé de campeurs qui s'étaient installés sur les cailloux du parking. Le tort de cette famille, nous étions du côté de San Diego, pas très loin de la forntière mexicaine ?

Elle était triple : c'était des indiens, des mexicains, des nomades. 

Mon tendre voulait prudemment s'installer sur les cailloux, mais en les observant, je ne l'avais pas considéré ainsi.
La famille, de son côté, avait observé notre installation d'abord avec méfiance et réticence, puis sur notre bonne réputation de français de l'époque, c'était en 1980, avec curiosité.

Pour finir, la plus vieille des femmes, qui me semblait avoir des siècles tant son visage rond était ridé et buriné, est venue me proposer de partager leur pitanceNorvege 19740005b. J'ai accepté, en ai tendu la moitié à ... qui a décliné l'offre, sans considération de l'humiliation qu'il inffligeait à nos voisins de fortune. J'ai partagé avec elle, mon ordinaire, et la doyenne en a tendu une partie aux enfants, dont les yeux pétillaient. Je ne me souviens plus de la consistance de mon repas, seulement que ce qu'ils mangeaient par obligation ou culture n'avait pas flatté mes papilles, c'est le moins que l'on puisse dire, et qu'il m'avait fallu accepter cette offrande sans grimace.
Quoiqu'il en soit, ce fut un beau partage, où mon coeur, déjà, se déchirait de déception.

 

En Norvège, installation pour protéger notre camping-gaz du vent et du froid

 

* les immondices sont un autre nom pour les ordures

 

N'oublions pas tous ceux qui ne peuvent pas choisir de logis plus digne et qui dans les bidons ville dumonde entier, campent à longueur d'année dans des conditions moyennageuses. Il n'est pas besoin d'aller au bout du monde. Et tous ceux qui sont dans des camps de réfugiés à cause des conflits ou des séismes.

En Haïti, combien sont encore sous des tentes sous des déluges d'eau ? ...

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commentaires

Q


L'extrait que tu as choisi pour aujourd'hui est très émouvant... et je ne sais que dire. Partagée entre cette marque d'attention qui me touche et te déception qui a dû être très difficile à
surmonter...


 


Je t'embrasse très fort.



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J


C'est difficile en effet de découvrir que des valeurs essentielles ne sont pas partagées alors qu'on avait cru comprendre qu'elles le seraient ...



C


J'ai bien aimé me promener dans tes lignes! merci de m'avoir fait partager cette soirée sur les cailloux avec tes amis nomades!


bon dimanche Jeanne



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J


L'emplacement avait de l'herbe. C'est ceux qui refusaient cet emplacement qui étaient sur les cailloux ... La peur de l'autre fait faire bien des petites et grandes mesquineries



R


mes souvenirs de camping sont moins glorieux et une fois pour toute j'ai choisi l'hôtel.


mais j'adore lire les épopées des campeurs.


bye



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J


ma connection à internet a la danse de saint guy ce soir et j'ai eu toutes les peines du monde à mettre en ligne un billet pour lundi, alors les visites aux autres blogs, ce sera pour plus tard,
si les ondes le veulent bien. Ce soir, je suis fatiguée ... et je vais me coucher dans un vrai lit.



Q


C'est un très beau partage... Merci pour ces souvenirs.


J'en ai peu sous la tente... mais ce sont aussi de très bons moments de mon enfance.


Je crois que ceux qui y vivent par obligation ne garderont certainement pas les mêmes.


 


Passe un bon weekend, Jeanne.



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J


Les tentes pour les sdf, ce fut quand même dans un premier temps un beau geste, mais rien n'a changé



C


Merci pour ce beau partage, bon WE



Répondre
J


J'en ai aussi eu d'autres, très émouvants dans mes voyages dans les Carpates et les Balkans, des sacrées frousses aussi ...
belle fin de semaine



J


Bonsoir jeanne, j'ai aimé tes nuits chastes comme nonne... entre autres anecdotes de voyage... Cela ne me gtente pas la tente, la caravane tout juste... Camps de vacanciers l'un sur l'autre...
Mais bon ilen faut pour tous les goûts, toutes les bourses... Merci à toi pour ce billet de souvenirs... bises de jill, bonne nuit bien au chaud  au lit douillet... avec gros câlins !



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J


Même sous une tente, je trouve que les tarifs des camping ont beaucoup augmenté. Il est vrai que l'on y trouve maintenant toutes sortes de services. Les tentes en toile, on en trouve plus guère.
Je suis trop frileuse maintenant et trop douloureuse aussi pour dormir dans les conditions inconfortables que j'ai testées. Il m'est arrivé de faire tout un voyage sur un petit tapis genre
gymnastique et je dormais ...
Bises et belle fin de semaine



P


C'est à l'armée que j'ai le plus campé, pendant les manoeuvres !!


 


Bises et belle soirée !



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J


Ca, c'est sûr ! Mais je sais ce que sont les lits de camps de l'armée car j'ai beaucoup campé dans la famille où il n'y avait pas assez de lits pour accueillir tout le monde, je préférais aux
lits de plumes qui me faisaient éternuer et suer ...



A


Très belle ta photo, un retour en arrière en un instant...merci bisous Jeanne


Arlette



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J


Les apprentis campeurs de la première photo ont quelques années de retraite déjà ! et l'un a troqué la tente pour le camping car et l'autre pour un mobile home où il va dès le printemps.



D


J'adore l'ambiance du camping. Avec l'âge, j'ai choisi le confort du mobile home mais j'apprécie toujours l'esprit d'entraide qui règne en ces lieux.


C'est vrai qu'il m'arrive aussi de penser aux gens qui campent par obligation. Je trouve notre société bien décadante de faire un loisir de cette pratique.


C'est une forme de retour à la nature et à nos origines qui prouve à quel point nous nous en sommes éloignés.



Répondre
J


Le mobile home est un bon compromis en effet et comme il y en a de plus en plus, c'est de plus en plus facile. Par contre, je trouve que c'est bien cher



F


J'ai  quelques souvenirs épiques des quelques vacances sous la tente , jeune maman !! Ce n'était pas le grand confort mais on s'amusait bien!


Maintenant ,je préfère mon confort!!


 Ton expérience mexicaine devait être formidable ! Bisous



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J


J'imagine sans peine. J'ai testé avec deux bambins de 3 et 1 ans sur un emplacement de terre de bruyère sous des pins ! j'ai passé mon temps à les changer et les laver !
quant au partage avec les indiens mexicains, pas inoubliable sur le plan gastronomique, mais riche de dignité partagée et d'observation de la bétise et de la peur sans fondement du plus grand
nombre ...
bises et belle fin de semaine



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