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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 15:41

~ Billet 254 ~


Eh bien oui, vous avez peut-être deviné que j'allais faire parler d'Aymard, le klaxon. C'est qu'il en aurait des choses à raconter, s'il pouvait se faire comprendre !
C'est
Brunô, un grand dévoreur parmi les Croqueurs de mots, qui attend nos mots de tête n°11 pour apaiser sa faim.

Faire parler un objet, quand son langage est inconnu, pas facile, n'est-ce-pas ? Et je vous entend d'ici ... Comment a-t-elle fait ? Avec une loupe, en scrutantl a photo, dans les plis de la banquette, j'ai retrouvé un pou de poilu. Et alors là, ce fut lumineux, car il a bien voulu me servir d'interprète. Il avait noté sur des petits carnets les confidences son ami Aymard. Et le pou a eu l'extrême amabilité de me confier ses carnets. Il y en avait quatre, un par année, de 1914 à 1918. Le dernier s'arrêtait au 11 novembre.
Pour brunô, je l'ai ouvert, un peu au hasard :

Un jeudi comme un autre,

Nous approchons d'Epernay,
Le chauffeur a bien roulé.
C'est le moment de donner de la voix,
Car je suis toujours aux abois.
Malgré tout mon tintamare,
Je crains ces deux lascars,
Têtes brûlées,
pleines d'acné.
Faubourgs silencieux.
Ils ont dû rester chez eux.
C'est étrange,
Ce ne sont pas des anges.
Ah les voilà, ces deux ados
Qui complotent dans mon dos.
Je sais bien que vous en rêvez,
Mais c'est pas beau si vous saviez.
Ne montez pas mes amis,
Vous auriez de gros ennuis.
Moi je klaxonne,
en avant, je claironne.
Ces têtes blondes curieuses
Me semblent bien silencieuses.
Derrière, je l'ai deviné.
Sous la bâche ils se sont cachés.
Pour voir le front
Ils ont pris le fourgon.
Sans souci
Ils sont partis.
Leurs parents, c'est une certitude,
Doivent être morts d'inquiétude.
Mon timbre s'en éraille.
Pourvu qu'il n'y ait pas de mitraille !
Ils sont venus.
Ils n'ont rien vu, rien entendu.
Inconscience de la jeunesse,
Regardez, entendez toute cette détresse !
Rentrez chez vous,
La guerre n'est pas pour vous.
          Jeanne Fadosi, le mercredi 11 novembre 2009 

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commentaires

L

Que de défis !

Bravo moi je n'ai pas le temps


Bises


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J

oui, cela fait beaucoup et je ne poste guère d'autres choses. mais j'aime participer à ces petits jeux ! bises


Q

La guerre n'est pas pour les enfants, mais elle les fascine.

Sont-ils rentrés ?


Répondre
J

Oui, au soulagement des parents car ils se sont sûrement fait un sang d'encre. Je n'ai que la version d'un des deux fugueurs qui était mon père et qui m'a raconté leur virée. A postériori, il n'en
était pas fier. c'était bien longtemps après, environ cinquante ans après ...


I

Belle histoire d'un klaxon avertisseur d'âneries adolescentes. Un beau mélange d'histoire et de vraies sensations. J'ai beaucoup aimé.


Répondre
J

la fugue a été réelle. on fait vraiment des bêtises pas possible quand on est enfant.


O

Deux enfants qui se seraient faufilés sous une bâche pour aller voir la guerre de plus près.... Cela paraît tellement possible... Est-ce une historie vraie que l'on t'a racontée Jeanne ? Mais tu as
raison et Aymard a raison... La guerre ce n'est pas pour les enfants bien que nombreux sont les pauvres petits qui vivent avec leurs parents, encore aujourd'hui, dans la terreur des bombes et
autres horribles armes de destruction... 
Si seulement les hommes pouvaient comprendre qu'il y a d'autres choses à vivre et de belles choses... Mais malheureusement je crois que derrière certains conflits il y a aussi l'intérêt de
fabricants de machines à tuer et ceux-là se fichent royalement de la mort qu'ils distribuent. Tout ça me désespère et m'horrifie.
Bises à toi Jeanne et merci pour ce texte original et qui parle tant. 


Répondre
J

Oui, c'est une histoire vraie, l'un des deux garnements était mon père et c'est lui qui me l'a racontée. Evidemment pas comme cela, et pas pour s'en vanter mais au contraire me faire comprendre
qu'il faut quelquefois écouter les grandes pesonnes quand elles mettent en garde et tempèrent la curiosité des plus jeunes.
Je suis aussi entièrement d'accord avec ce que tu dis des conflits armés. Je ne peux que m'exprimer sur ce blog. mais je sais aussi que je convainc surtout ceux qui sont déjà convaincus ...


C

mon dieu que ce klaxon avait raison de les mettre en garde!!! ..et ton histoire ne dit pas si ils ont entendus les garçons?
bonne journée Jeanne


Répondre
J

pas vraiment, mais ils sont bien revenus, ouf !


C

ah que j'aime la conclusion de ce beau texte !


Répondre
J

s'ils n'étaient pas rentrés sains et saufs de cette équipée téméraire et imprudente, je ne serais pas devant mon clavier, à bloguer ainsi (sourires ...)


M

Génie des mots que tu es,  tu as fait un beau rassemblement , encore CHAPEAU..bises et bonne journée


Répondre
J

je ne voulais pas noyer le message sur la guerre et j'ai trouvé cette façon de combiner les trois.
Belle journée


J

Joli et de circonstance; une façon légère de traiter un sujet fort sérieux. Merci, Jeanne.


Répondre
J

Moi qui ait eu la chance de grandir dans un pays en paix, sur son sol (pas ailleurs hélas), mais entourée de grandes pesonnes qui avaient grandi pendant l'une des deux guerres mondiales, je me
demande souvent comment on peut se construire dans ces circonstances.
La guerre est sans doute vieille comme l'existence des hommes, mais quelle calamité souvent stupide.


A

Belle imagination...


Répondre
J

un mélange avec un souvenir raconté.


E

Très étonnant...et détonnant.... Un jeudi pas tout à fait comme un autre ... Souvenons nous. Bravo pour ton poème qui est gai et très émouvant à la fin.


Répondre
J

Le jeudi à l'époque était un jour sans classe. A vrai dire, je ne sais pas si c'était un jeudi. Les deux garnements, dont mon père, ont peut-être poussé la bêtise jusqu'à faire l'école
buissonnière.


A

Original ce Aymard, bonne idée
Bises
Alice


Répondre
J

je ne sais pas si le klaxon s'appelait Aymard ... mais l'histoire de la fugue est vraie. L'équipée s'est bien terminée, mais cela aurait pu se finir en drame.
Bises


F

tu as fait d'une pierre deux coups!! très bonne idée de faire parler ce klaxon!
c'est un beau texte;
ises


Répondre
J


à la base, la fugue est une histoire vraie que mon père m'a racontée. Comme quoi les grosses bêtises sont l'apanage de la jeunesse de tous les temps et pas une particularité de notre époque.
Bises



V

un bel hommage a nos poilus que ce klaxon de tuture-mobile, celle qui servait a promener mimi, la p'tite amie ! bonne soirée Jeanne


Répondre
J

je sais pour l'avoir entendu raconté par les plus vieux. la lettre de l'amie était très attendue. J'étais une petite fille qui m'intéressait à l'Histoire et qui n'hésitait pas à poser des
questions. Evidemment vu l'âge que j'avais, je ne connais que l'aspect romantique de ces courriers.
Belle journée


C

Idée et le poème sont superbes. J'ai beaucoup aimé. 
bonne soirée
clem 


Répondre
J

merci clem, belle fin de semaine


G

bonsoir Jeanne
joli texte!  déco tout en blanc ?! je te souhaite une bonne soirée! bisous


Répondre
J

Déco tout en blanc ? peut-être pas, mais j'aimerais plutôt les décors dépouillés, avec des harmonies douces et discrètes.
bises


B

Une grande gueule un peu cassée ce klaxon qui devient la voix de la sagesse sur la voie de la paix.
Je ne sais pas où tu vas chercher ces scénarios, c'est toujours original, inattendu et tendre.
Merci jeanne
Bisous


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J

Une photo collectée par ma soeur Jacotte, un souvenir un peu fou de mon père qui avait commis cette folie à 12 ou 13 ans et mon imagination pour lier la sauce ...


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