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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 10:29

~ Billet 304 ~

Des mots de tête pour Brunô qui ménagent nos neurones en cette semaine où beaucoup de Croqueurs de mots sont occupés à d'autres tâches plus festives.

Je n'ai pas attendu qu'il fasse froid pour m'insurger contre le mal logement. Encore vaut-il mieux un abri même de fortune à pas d'abri du tout. Sur le sujet, j'avais l'embarras du choix.
Je vous propose une partie du billet fait en mai 2009 pour le Thème de la semaine de Dana, repris à l'automne par Lajemy publié sous le titre Je voulais faire silence ...

la cabane de l'autoroute - reduc1

Je voulais faire silence sur cette jolie conquête moderne que je constatais semaine après semaine sur un chemin de retour.

 

Pour protéger ce besoin de tranquillité loin du tapage médiatique.

 

Entre bretelle d'autoroute et talus, à l'abri du béton du tablier du pont, j'avais vu pousser la cabane, non pas planche après planche, j'y passais trop peu souvent pour cette observation, proprette, simple mais pleine de charme. J'y avais même vu quelques fleurs. Rêve ? Réalité d'un lieu qui s'apprivoise ?

 

Etait-ce comme on dit maintenant de ce mot trop snob et galvaudé "un objet d'art conceptuel "?

 

La circulation dense et lente me laissait souvent le loisir de l'apercevoir progresser en un nid de moins en moins frustre pour abriter peut-être une ou plusieurs personnes  qui ne demandaient rien d'autre qu'à se protéger des intempéries. Même pas en silence sûrement, vu le lieu. Au dessous des vrombissements de ces engins rugissants.

 

C'est trop tard, ce désir de discrétion n'a pas été respecté !

 

Mercredi, la vitesse et les péripéties accaparaient mon attention sur la chaussée et ses monstres à roulettes. Je n'aurais pas vu ....

 

Ce jour-là, exceptionnellement, j'avais un passager dans ma voiture. Elle, (ma voiture), ce n'est pas un monstre, seulement un objet de déplacement utilitaire bien pratique.

Lui, (mon passager), n'a pas de voiture, ni le permis de conduire, ni jamais assez de sous pour obtenir l'un et l'autre.

 

J'ai entendu mon passager s'exclamer :

« Ben, ça a drôlement brûlé sous le pont. Tout est cramé. »

C'était la première fois qu'il empruntait ce chemin avec moi et sûr qu'il aurait su ce qui avait brûlé s'il avait vu comme moi cette pimpante maisonnette de conte de fées.

 

Y avait-il des habitants ? Qui étaient-ils ? Sont-ils saufs ? Vont-ils pouvoir reconstruire autre chose en un ailleurs qui les chasse toujours et encore de partout ?

 

Sûr qu'il sera fait silence sur leur disparition. Ces nomades à peine tolérés, toujours harcelés, souvent méprisés.

 

Sûr qu'on a encore bien des progrès à faire dans l'apprentissage de notre humanité !
                                                              Jeanne Fadosi, samedi 16 mai 2009


cendres de cabane2 rd


Au ban de la ville,

Leur cabane devenue cendres,

Ils errent sans fin.

                                                 Jeanne Fadosi, le jeudi 17 septembre 2009


Ce haïku en est la suite, publié dans une cabane m'avait  fait rêver; L'image vous conduit au billet.
J'aurais aussi bien pu choisir celui fait pour les Parchemins de Bigornette  au début de mars :
Lou et lu ... ou Lu et Lou ... ou encore mon poème Corolles écarlates publié dans Solidarité ou charité business ? en novembre 2008.

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commentaires

J

Bonjour,

Je viens de faire connaissance avec votre blog à la suite de la recherche sur google de mon livre "Le silence des maux"
Heureuse de cette coïncidence qui m'a permis de découvrir vos pages
Amicalement,
Jyckie.


Répondre
J


Je suis allée voir votre site et découvert votre livre. en effet. Cette expression, je l'avais déjà rencontré dans d'autres circonstances et la dernière période de vie est un parcours quelquefois
difficile et j'admire les personnes dévouées qui les les accompagne dans le cadre de leur métier ou comme bénévole. Dans mon article, il s'agit d'une autre forme de maux silencieux ou plutôt dont
on se bouche les oreilles pour ne pas entendre les cris. amicalement, Jeanne



L

tu rejoins tout a fait ma préocupation et tu exprime bien le problème  de l'indiférence  de la plus part des gens ou de leur indignation de bobos
je te souhaite une bone année en espérant que certains prendront cosncience de leur chance


Répondre
J

Qu'il serait bon de ne plus avoir à rédiger de tels billets!


Répondre
J

On pourrait sans doute en diminuer l'importance des maux, mais je crains qu'on ne puisse complètement les gommer. alors comme toi, comme moi, comme beaucoup d'autres, nos plumes doivent continuer à
les écrire.


L

Bonsoir Jeanne

Merci pour ton texte qui est très émouvant !

Quel triste destin !

La lumière fut sur leur vie grâce à cette cabane et un incendie a tout anéanti,

quelle tristesse !

A bientôt, bises, Lyly


Répondre
J

J'espère qu'ils auront pu reconstruire leur vie ...


P

C'est une façon de voir les choses...Moi je pense que le blog permet ces retours en arrière. On peut publier aujourd'hui quelque chose qui s'est passé il y a un an ou deux ou plus...Qu'est-ce qui
empêche cela ? La date du jour nous emmène là où l'auteur veut nous emmener...C'est ainsi que je le conçois en tous cas...
Bon dimanche, Jeanne...


Répondre
J

je pense seulement à tous les petits papiers noircis depuis des dizaines d'années, les billets actuels que je rédige puisent souvent dans ma mémoire aussi.


P

C'est vraiment terrible...Je ne peux que te remercier d'en parler...Une façon de rendre hommage à ces anonymes, même si eux ne le savent pas...


Répondre
J

Je crois que j'ai en partie crééce blog pour pouvoir mettre en ligne ce que j'avais écrit avant ... et l'ironie c'est que l'aspect journal d'un blog laisse finalement peu d'espace pour ces retours
en arrière.


F

je me souviens de ce texte que tu avais écrit sur cette cabane; Les habitants provisoires ont dû chercher asile plus loin les pauvres


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J

Oui sans doute et pas dans des conditions sereines si j'en crois ce genre d'actualités qui a suivi de peu cette triste constatation de notre part.


V

Je n'avais pas lu cet article. beaucoup d'émotions dans ma lecture...
Je profite de mon passage pour te souhaiter tout ce que tu désires bisous de tout coeur


Répondre
J

Une petite incursion sur le net en fin d'après midi ? Je te remercie de ton passage.
bises et belle et douce nuit car pour moi, il est déjà tard.


B

Merci Jeanne, je me souviens bien de ton billet et ce haïku le ponctue mais le problème subsiste pendant que nous sommes tous bien au chaud.
passe un bon Noël avec tous les tiens
Gros bisous






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J

comme tu dis !


I

joyeux Noel a toi aussi
paix bonheur et santé tels sont mes voeux pour toi et ta famille*bisous d'iris


Répondre
J

merci pour ta pensée.


C

bien triste ces errants de nos jours et à notre époque.
bonne journée et joyeux Noël.
clem 


Répondre
J

Oui, nous vivons une drôle d'époque pleinne de paradoxes.


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