Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 06:01

l'Afrique c'est ICI

J'y suis allée pourtant deux fois en Amérique du Nord. Mais il m'en reste bien peu de photos et bien des souvenirs mélangés. Rien que de personnel.

 

J'emprunte alors à ma soeur Jacotte cette photo prise au Mexique au début des années 2000.

mexique.jpg 

Et je réédite le souvenir de ce partage qui m'avait tant ému.

 

Parmi les plus calamiteux (souvenirs de camping), un voyage à deux, qui se devait inoubliable, vu que je venais de dire un Oui lourd de conséquence, avec campings de l'ouest étasunien de quatre ou cinq étoiles. J'y ai découvert les douches avec eau chaude illimitée, l'accès à des cuisines équipées de plaques et même de fours et de lave-vaisselle, avec piscine et jakuzi, avec le lave et sèche linge en un quart d'heure chrono. ... Mais aussi, avec une tente dont mon cher et tendre n'avait pas pris les bonnes armatures, deux matelas d'une personne et deux duvets individuels impossibles à réunir ...

Et des nuits aussi chastes que si j'avais été nonne !

 

C'est pourtant lors de ce voyage que, sur mon insistance, je dois bien le dire, j'ai partagé un soir, l'humble pain sans levain de la seule famille installée au bord d'un vaste espace herbu boudé de campeurs qui s'étaient installés sur les cailloux du parking. Le tort de cette famille, nous étions du côté de San Diego, pas très loin de la forntière mexicaine ?

Elle était triple : c'était des indiens, des mexicains, des nomades. 

Mon tendre voulait prudemment s'installer sur les cailloux, mais en les observant, je ne l'avais pas considéré ainsi.

La famille, de son côté, avait observé notre installation d'abord avec méfiance et réticence, puis sur notre bonne réputation de français de l'époque, c'était en 1980, avec curiosité.

Pour finir, la plus vieille des femmes, qui me semblait avoir des siècles tant son visage rond était ridé et buriné, est venue me proposer de partager leur pitance. J'ai accepté, en ai tendu la moitié à ... qui a décliné l'offre, sans considération de l'humiliation qu'il inffligeait à nos voisins de fortune. J'ai partagé avec elle, mon ordinaire, et la doyenne en a tendu une partie aux enfants, dont les yeux pétillaient. Je ne me souviens plus de la consistance de mon repas, seulement que ce qu'ils mangeaient par obligation ou culture n'avait pas flatté mes papilles, c'est le moins que l'on puisse dire, et qu'il m'avait fallu accepter cette offrande sans grimace.

Quoiqu'il en soit, ce fut un beau partage, où mon coeur, déjà, se déchirait de déception.

Jeanne Fadosi, 6 août 2010, extrait de La vie en campant

 

La semaine prochaine ce sera un autre continent ...

Partager cet article
Repost0

commentaires

C


oui mais non nous ne saurrons rien à l'avance....



Répondre
J


Oui, évidemment, mais quelquefois il y a des signes que l'on ne veut pas voir



C


Il semble que tout à coup dans la brume la lumière fut : une porte s'ouvre une se ferme ainsi va la vie....



Répondre
J


Ainsi va la vie ... il y a des portes qu'on devrait passer si on savait d'avance ...



E


souvenir émouvant, mais  quelque chose de troublant  entre les lignes, sur lequel je n'oserais te questionner -


et pour accompagner le voyage, un peu de couleur indienne ?


http://eperluette.over-blog.com/article-interlude-78137418.html



Répondre
J


Il y a prescription, c'était il y a longtemps et il y a eu bien pire après ...


J'aime beaucoup la photo très colorée de cette tisserande mexicaine


La musique proposée par le lien va bien aussi avec ce billet même si la flûte y est sans doute plus vers le sud encore ...



G


ç'aurait été un beau partage s'il y avait participé mais il n'a aps compris



Répondre
J


Nous n'avions pas la même conception du voyage, ni de la vie tout court ...



S


Bonjour Jeanne, j'ai lu bien attentivement ton récit et c'est vrai ce sont les gens, bien souvent, qui ont le moins qui sont les plus généreux, alors ne pas refuser ce qu'ils peuvent offrir même
si ce n'est que peu et peut-être pas si bon comme tu le marques, mais au moins ils sont heureux d'avoir fait plaisir.


Et j'ai sourit un peu en lisant le reste de ton récit ...


Bises et bon week end.



Répondre
J


C'est sûr qu'il y a eu des aspects cocasses. Sur le moment cela me faisait sourire mais ...
Bises 



F


Je n'ai jamais mis les pieds sur ce continent ;c'est un beau partage .


Et ce sont souvent les gens les plus pauvres qui sont le plus accueillants .


Merci pour ces souvenirs; bisous



Répondre
J


C'est assez souvent le cas c'est vrai. Même si j'ai dû faire un effort car leur galette n'était vraiment pas terrible à mes papilles.


Bises



O


Un partage qui, même s'il n'avait pas un goût raffiné t'a laissé sans aucun doute un parfum inoubliable de générosité. J'aime beaucoup la photo très colorée et le récit de ton installation et de
tes nuits ne manque pas d'humour...


Bises à toi Jeanne !



Répondre
J


Humour et dérision que de les raconter ainsi mais qui n'effacent pas la désillusion du moment !


bises Oxygène



P


Très touchant! C'est toujours ce que n'ont pas grand chose qui aiment partager le peu qui ont... Gros bisous!



Répondre
J


Partager entre voyageurs, c'est aussi de très vieilles coutumes largement partagées sur la planète et qui se heurtent depuis touijours aussi à des attitudes hostiles soit du visiteur, soit de
l'indigène.


Bises



J


Jeanne la chaste, hi hi, ta page m'a bien plu... ! Merci à toi !  Bises de jill



Répondre
J


Il y en a une autre, selon les tabloïds qui se morfond parait-il .... mais bon je n'avais pas épousé un prince non plus.


Bises



Q


La photo est magnifique. J'aime beaucoup...


Pour le reste, j'ai écrit là-bas.


 


Passe une belle journée, Jeanne. Je t'embrasse.



Répondre
J


Un jour peut-être, je me lancerai à en faire un pastel. elle est magnifique et haute en couleurs mais il y a tant de détails.



P


J'ai aussi remarqué, en bourlinguant, que les gens simples offrent sans compter...Elles n'attendent de nous que respect et gentillesse.


 


Lorsque l'on reste 1 an dans le pays; on est plus facilement adopté par eux que par les gens parvenus...


 


Belle journée. Amicalement



Répondre
J


Toi comme moi, d'autres choisissent de fréquenter de petits cercles loin du peuple. Il n'y a plus de colonies, mais on ne mélange toujours pas les torchons et les serviettes et chaque époque
fabrique ses nouveaux parvenus


Amicalement et belle fin de soirée



Présentation

  • : Fa Do Si
  • : Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
  • Contact

Sur les blogs, les jeux d'écriture témoignent de la vitalité

de la langue française sans tapage

Recherche

 

 Ephéméride de ce jour

 

et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

"Tous les matins du monde sont sans retour"

Métiers improbables

TheBookEdition - Les anthologies Ephémères

La 6ème anthologie est parue en mai

Informations sur 

 Les anthologies éphémères