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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 10:00

pour le pemier jeudi en poésie du défi n°73 des CROQUEURS DE MOTS, piloté depuis sa fenêtre par notre amirale en personne Tricôtine, Josette (qui n'a pas de blog chez OB), a déposé cette évocation en commentaire sous ma propre proposition Fenêtres ouvertes, de victor Hugo

 

Ah Hugo... quel peintre !

j'aime bien le texte de Baudelaire il me parle  !

Les fenêtres

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle.

Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux, vit la vie, rêve la vie, souffre la vie. (…)*

 

Charles BAUDELAIRE**

(Le Spleen de Paris)


* Ici, le texte

 

 

Les Fenêtres

 

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.

Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.

Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.

Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?

 

Charles Baudelaire - Le Spleen de Paris, 1864

 

**Charles Baudelaire, 1821 - 1867 (article de wikipedia)

Charles Baudelaire - sa vie, son oeuvre

 

C'est aussi le choix de Malika (Tabeaupeinture)

 

fenetre en buffet1(cliché de Jeanne Fadosi)

 

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commentaires

valdy 21/01/2012 22:18


Pardon Jeanne, point d'ironie de ma part... Connaissant Josette qui se définit comme "squattant" le blog de mamylilou, j'ai cru qu'elle était venue chez toi  pour y déposer cette merveille
... Mais cette confusion n'ôte rien à l'affaire : il faut relire "Les petits poèmes en Prose" et "le mauvais vitrier" en particulier ...

Jeanne Fadosi 21/01/2012 23:14



Je pense que c'est de la même Josette dont il s'agit, peut-être pas après tout ...


Josette n'ayant pas de blog, se fait héberger pour diverses participations, le mercredi chez Jill pour le prénom du mercredi. 


Je vais aller voir ces deux titres que tu suggères. 



valdy 21/01/2012 22:14


Que dire après cela ? Si ... il me vient une idée : relire " Le mauvais vitrier " dans le même ouvrage - de façon à goûter un peu de l'ironie baudelairienne


Bonne soirée Josette

Jeanne Fadosi 22/01/2012 19:54



Merci pour Josette


Pour ce qui me concerne (Jeanne Fadosi)


un texte qui m'a donné la chair de poule, je ne sais trop quoi en penser ... 


Jeanne Fadosi


 



Lenaïg Boudig 21/01/2012 15:05


Bonjour Jeanne, bonjour Josette. Mille pardons pour m'être trompée de prénom, Josette, c'est pourtant bien à toi que je pensais, et c'est moi qui étais gaga quand j'ai écrit ce comm ! Choix de
Josette pour Baudelaire et nouvelle très jolie photo prise par toi, Jeanne, une bien jolie page ! Bon WE.

Jeanne Fadosi 22/01/2012 19:14



merci pour Josette, c'est un choix vraiment intéressant



Catheau 20/01/2012 16:35


J'aime l'immense compassion de Baudelaire pour les humbles.

Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:42



C'est un aspect de son oeuvre que j'ignorais jusqu'à il y a peu. Je connaissais surtout Les fleurs du mal et son journal


ces textes me montrent une autre épaisseur de l'homme



Mimi des plaisirs 20/01/2012 16:03


Me si j'ai proposé un autre poème, ce poème en prose de Baudelaire a été le premier qui m'est venu à l'esprit quand j'ai vu la proposition de Tricôtine. Je l'avais découvert en classe et je ne
l'ai jamais oublié...Souvent, quand je traverse un village, que je passe dans la rue, j'aime imaginer des hommes, des femmes, leurs histoires intimes ou professionnelles...
 Beau choix aussi que la photo qui accompagne.
 merci

Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:40



En classe, et tu as eu à le commenter ?


Ce qui me plait, c'est que tu l'évoques en évoquant ta curiosité stimulée qui va au-delà des apparences. 


merci pour ces mots qui me donnent de l'optimisme



Lenaïg Boudig 19/01/2012 22:47


Bonsoir Eliane, et Jeanne. Mais oui, cette cogitation de Baudelaire se devait d'être ici en ce jeudi, bravo d'y avoir pensé. Et merci aussi pour la belle photo et son jeu de vitres et de miroirs
! Bises à vous deux.



Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:30



Elle signe Josette. Merci pour elle


suis un peu gaga ce midi sur ce billet la photo est perso. reflet de fenêtre dans le buffet



nadia-vraie 19/01/2012 20:35


C'est très beau à lire ce poème, je l'aime beaucoup et la photo est très jolie et significative.


À bientôt jeanne.

Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:28



Je découvre grâce aux blogs un Baudelaire moins centré sur lui-même



mireille 19/01/2012 20:23


J'aime aussi beaucoup ce poème. Savoir ce qu'il y a derrière, à l'abri des carreaux, dans l'intimité des maisons.... Bises. Mireille

Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:26



Jouer à deviner ces vies que l'on ignore ...


Bises



Malika 19/01/2012 15:40


J'ai choisi la même poésie! Comme les esprits se rencontrent!

Jeanne Fadosi 19/01/2012 17:25



ok vu, j'ai rajouté un lien vers ton blog



Quichottine en pause 19/01/2012 15:33


J'aime aussi beaucoup ce texte de Baudelaire... Un peu comme pour nous, quand nous lisons au-delà ou en deçà des mots.


 


Merci à vous deux pour ce partage.


Bisous et belle journée.

Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:14



je suis bien d'accord. Il faut s'en imprégner, le lire aussi à haute voix en laissant le texte évoquer la houle par son rythme et ses reprises ...


Ce texte semble être donné en commentaire de texte si j'en juge par la page de propositions qui conduit à des corrigés. et je trouve bien dommage cette précipitation des élèves qui se voient, par
l'écran de ces décorticages savants, et le plus souvent avant toute lecture du texte lui-même, couper les ailes de leur propre émotion et de leur propre réflexion.


Bises et belle journée Quichottine



marie chevalier 19/01/2012 14:38


très bon choix  pour  parler des fenètres  merci de ce  partage  bises 

Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:07



merci Marie



patriarch 19/01/2012 13:13


Mes 3 pucelles sont toujours aussi belles.... fenêtre fermée ou ouverte.... Bises

Jeanne Fadosi 21/01/2012 11:07



fenêtre ouverte ou fermée, je ne les connais pas, mais si elles sont toujours aussi belles, la vie est belle ...


Bises



Tricôtine 19/01/2012 12:54


Charles Beaudelaire a raison, une fenêtre fermée a beaucoup plus de charme de l'extérieur ou de l'intérieur , on scrute , tout est amplifié car il manque le son .. !


Merci à Josette pour cette évocation, et rêverie !! Merci à toi  Jeanne pour le relais et la photo ! bizzz à toutes deux

Jeanne Fadosi 21/01/2012 10:56



Une fenêtre fermée, de l'extérieur, ce sont les mystères des vies qui s'y réfugient ou qui y sont enfermées. J'aime ce poème qui est juste ce qu'il faut, en évitant le voyeurisme


Bises et merci pour Josette



jill bill 19/01/2012 12:02


Bonjour Josette !  Ah je te retrouve ici avec un très bon choix de fenêtre si j'ose dire !  Merci mesdames !  Bizzzzzzzzzzz jill

Jeanne Fadosi 21/01/2012 10:46



merci pour elle. 


bises



Monelle 19/01/2012 11:23


Tu nous gâtes ce matin, après Hugo.. Baudelaire !! C'es vrai que la vie derrière une fenêtre closes est plus mystérieuse !


Bonne journée - bisous


                   


 

Jeanne Fadosi 19/01/2012 11:40



Ce n'est pas moi, c'est Josette, qui n'a pas de blog et poste chez Jill le mercredi.



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