Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 08:10

~ Billet 496 ~

 

Si vous repassez par ici, le commentaire d'Oxygène m'a conduit à écrire un post scriptum en bas de ce billet.

 

La meneuse de revue champêtre Lajemy propose d'évoquer nos "petites expressions habituelles" cette semaine chaude, très chaude, de l'été.

 

Un vrai Casse-tête de la semaine que celui de repérer ses propres tics de langage et d'en faire le tri, car bien évidemment ces petits refrains qui sont notre seconde peau s'oublient à nos oreilles, comme un bourdonnement trop familier aussi sûrement qu'ils provoquent sur notre entourage, au mieux de l'amusement, mais souvent aussi l'agacement que nous ne comprenons pas.

 

bourdon-blanc-et-brun.jpg

Au classique "As-tu passé une bonne semaine, ou une bonne journée ?", je prends le risque d'entendre répondre

"Oui, pourquoi voudrais-tu qu'elle se soit mal passé ?"

 

J'aurais pu aussi évoquer, non vraiment des expressions, mais une tournure d'esprit "normand" qui s'apparente au "p'têtre ben oui, p'tet' ben qu'non" car j'ai rarement un avis tranché dans un sens ou dans l'autre, ayant toujours le réflexe du recul. Caractère de normand, donc, parait-il. Et figurez-vous que j'en suis plutôt fière, on n'a pas passé toute son enfance dans cette belle province et on n'est pas quarteronne de normand pour rien.

 

J'aurais aussi pu dire comment j'avais avec mes très jeunes enfants usé et abusé de

"Ne pleure pas ce n'est pas grave", pour consoler un chagrin lié à une maladresse ou une erreur.

 

Cela m'éviterait de me dire bien trop souvent en apparté. (quand je finis par le dire tout haut, c'est qu'on a poussé le bouchon vraiment trop loin, tiens encore une de mes expressions !)

"Il y a des coups de pied au derrière qui se perdent"

maintenant que jeunes adultes, ils (surtout un ) trouvent que rien n'est grave et que les bêtises s'accumulent sans tirer de leçons des conséquences.

 

Je pourrais vous dire que je devrais éviter de demander

"On pourrait savoir pourquoi tu fais la gueule cette fois ?"

Ce qui m'éviterait d'entendre le grincheux répondre

"Mais je ne fais pas la gueule !" avec la plus parfaite mauvaise foi.

 

Nous sommes loin du titre de ce billet, n'est-ce pas ?

C'est que je voulais vous conter comment je me suis débarrassée (avec l'aide active de ma soeur Jacotte) d'un tic de langage très vilain, unique reste d'un accent normand que je n'ai jamais attrappé et qui me faisais dire ouais systématiquement à la place de oui et abuser du hein tout aussi disgrâcieux. Sans compter que les autres juger cette façon de parler irrévérencieuse à leur égard, ce qui n'était pas le cas, seulement une habitude.

 

Arrivée en vacances chez Jacotte donc, qui habitait à cette époque un Montpellier caniculaire, elle me proposa de me mettre à l'amende à chaque fois que je prononcerais l'un de ces mots inélégants. Pour que ce soit efficace, l'amende devait être suffisamment dissuasive et le montant en fut fixé à 10 F.

 

10F en 1967, si j'ai le temps, je chercherai sur le site de l'INSEE à combien d'euros acteuls cela correspond.

Disons, par exemple que c'était à peu près le prix d'un super 45 tours (disque microsillon comportant 4 tires de chansons).

C'était aussi ce que mes parents donnaient par jour à Jacotte et son mari comme participation aux frais de mon séjour.

 

Je ne me souviens plus de mon budget, incluant l'argent de poche attribué par mon père (n'oublions pas qu'à l'époque l'autorité paternelle n'était pas encore partagée dans la loi et bien souvent non plus dans les familles) et les économies que j'avais pu faire au long de l'année.

 

Les pièces se sont entassées dans un pot vide à cornichons, vite, un peu moins ensuite, mais la somme, je m'en souviens, a dépassé le seuil des 100 F. Déclic salutaire sans doute car j'ai abandonné définitivement l'usage du ouais et du hein en moins d'une semaine.

 

Je dis Oui

et comment ?

 ou de plus en plus souvent " tu peux répéter, stp, je n'ai pas entendu ce que tu as dit"

 

Mais la cure était douloureuse pour ma bourse.

 

Les quelques semaines suivantes se déroulèrent sans nuages et dans la bonne humeur et, quelques jours avant le retour, bonne fille ma soeur m'a rendu le pécule en me proposant d'aller en ville pour acheter du tissu dont elle m'a fait un dessus de lit.

Bon maintenant, il va falloir que j'apprenne sérieusement à dire Non. Ca, c'est une bataille qui sera beaucoup plus difficile à gagner !

 

post scriptum : il a fallu le commentaire d'Oxygene pour réveiller ma mémoire profonde : ces deux petits mots étaient subsidiaires par rapport à une expression que je disais en traînant sur les deux syllables dès que quelque chose me surprenait, que la surprise soit ou non agréable. Il faut croire que le remède fut efficace !

 

Bon, je prends le risque de l'écrire, ne le laissez pas trop longtemps résonner à vos oreilles, ce pourrait être contagieux.

 

L'expression la plus courante en la circonstance est, en français "Oh !"

 

Mais du côté de la Normandie, et j'avais ce tic comme beaucoup, ce qui fusait ou plutôt sortait pâteusement des lèvres, c'était :

 

"Euh là !"

 

Ce qui correspond à peu près du côté du midi à "Eh bé !"

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

T


je me retrouve dans bien des situations que tu évoques ici !! hihi!! et le euh là c'est vrai qu'en Normandie je l'entendais souvent , et ben gars !!  dans le nord c'était "Monhhh!" après
avoir voyagé loin du Nord, j'ai droit au Hé Bé ..... suivi de deux vilains mots P....   et C.... ça vaut de l'or en euro pour leur faire passer à mes médocains , je vais faire
fortune!!!  bonne soirée Jeanne, ton billet est excellent !! bizzzoux



Répondre
J


J'ai évité les gros mots mais comme tout le monde (ou presque) j'en dis aussi. et là aussi je pourrais faire une tirelire ...
Bises



.


10F... C'était beaucoup..


Le SMIG horaire était à un peu plus de 2F... en 68.


Je me souviens de mon premier salaire, en 69 : 700F... j'en avais rêvé !


Mais c'est vrai que faire disparaître des tics de langage, ce n'est pas facile. :)



Répondre
J


Je pense bien ! et ma première paye avait aussi ce montant là ! Je l'ai utilisé à acheter un vélo pliant qui a fait la joie de mes neveux et nièces beaucoup plus encore que la mienne !


Quant aux expressions de langage, quand on arrive à en perdre, on en attrape d'autres ...



F


C'est tout un art de savoir dire non; moi non plus je ne sais pas le dire et je me retrouve souvent embarquée dans des situations  pas toujours faciles à gérer!


On a tous  des expressions dont on a du mal à se débarasser!


quand cela coûte cher , c'est dissuasif!!



Répondre
J


et pour moi, ça l'était



M


Bonsoir - un récit trés plaisant à lire et qui m'a fait rien - surtout que le Ouais est souvent la façon de dire oui de mes petites filles à qui je fais la guerre -  A la revoyure (
à bientôt) - Yolande



Répondre
J


oui, à la revoyure est une expression que je connais et que j'utilise de temps en temps avec le sourire, même si elle n'est plus guère connue des plus jeunes. en plus, je l'aime bien
A bientôt donc, avec plaisir



O


C'est amusant de lire ces tics de langage que nous avons tous.


Comme ça, à brûle-pourpoint, je ne saurais dire quels sont les mieux, mais comme tu as parlé de Normandie cela me rappelle que j'ai la fâcheuse habitude , lorsque quelque chose me surprend, de
sortir un "euhhhh  la..." à l'accent particulièrement sensuel... Hum, hum... Si tu entends ce que je veux dire...



Répondre
J


J'entends tellement bien que du coup, j'ai complété mon billet. Le remède avait été efficace, l'expression à "tuer" en priorité était celle-ci !



C


j'ai bien ri ma petite Jeanne! et surtout pour ton "ouais..." tout est bien qui fini bien! mais c'est vrai qu'il est difficile de se débarasser de ces petites manies!!


bisous et bon week end



Répondre
J


certains tics de langage sont une plaie qui semblent sortir tout seuls de notre bouche !
bises et belle fin de semaine



Présentation

  • : Fa Do Si
  • : Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
  • Contact

Sur les blogs, les jeux d'écriture témoignent de la vitalité

de la langue française sans tapage

Recherche

 

 Ephéméride de ce jour

 

et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

"Tous les matins du monde sont sans retour"

Métiers improbables

TheBookEdition - Les anthologies Ephémères

La 6ème anthologie est parue en mai

Informations sur 

 Les anthologies éphémères