Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
Par Jeanne Fadosi
Je reviens juste du blog de Bigornette, alertée par le commentaire de Quichottine. Il va de soi que je dédie le poème ci-dessous à Robinson qui m'a encouragé à écrire Révolution ? après ma non lettre au père Noël et à Bigornette, sans qui ce poème n'existerait sans doute pas.
Et à tous ceux qui pensent que cette lucarne et les communautés de blogs sont virtuelles, je dirai que depuis bien longtemps je n'avais plus été capable de pleurer et que c'est les yeux plein de larmes que je complète ce billet par ces premiers mots.
Juste celle de continuer à ouvrir les fenêtre sur la vie, je réédite ce poème écrit pour les Parchemins de bigornette en avril 2009 et dont le billet initial est ICI
Fenêtre sur la vie
La première fenêtre ouverte sur le monde
Me protégeait sans doute de l'ardeur du jour
En cette fin d'été bruissant des chants d'arondes
Réunies sur les fils, prêtes pour le retour
Vers des contrées plus douces anticipant l'hiver
Jusqu'au printemps suivant où le soleil trop cru
Les renverraient vers notre terre hospitalière.
Au bout d'un long voyage arrivant tant recrues
De fatigue et de vent, sous le hangar branlant,
Entre le mur de pierre et quelques poutres blondes,
Là-haut sous la charpente un doux nid les attend.
Au clocher tinte l'heure. Entends le chant du monde,
Nouveau né tout fripé tant pressé de paraître,
De tes jours d'innocence éloignant la vieillesse
De tes parents émus ouvrant grand la fenêtre
A l'avenir heureux d'éternelle jeunesse.
Reviendront-elles ces crâneuses messagères ?
Que sont donc devenues toutes ces espérances ?
Secondes par milliards au sablier du temps,
Vous avez fabriqué des passés trop amers,
Fait venir à mes yeux des larmes au non-sens.
Je ne sais plus pleurer de trop de souvenirs
Et, pour vivre debout, je choisis de sourire.
La vie est un voyage. C'est banal à dire,
Faite de petits riens et de grandes détresses.
Certains virages flous m'ont conduit vers le pire
Et si tant de chagrins par pudeur contenus
Vous font croire un instant que je ne sais qu'en rire
Ou que j'aurais trouvé un chemin de sagesse,
Si mon âme blessée, je n'ai rien oublié,
J'ouvrirai la fenêtre aux matins à venir.
Jeanne Fadosi, achevé le dimanche de pâques 12 avril 2009
cliché pris au printemps par mon frère Gilou.
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