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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 06:00

Je sais bien Jill Bill, tu nous as laissé quartier libre pour les deux jeudis en poésie du défi n°82 des CROQUEURS DE MOTS dont tu tiens la barre cette quinzaine, sous l'oeil bienveillant de Tricôtine.

 

et j'ai pris en main ma "bible" en poésie de Pierre Seghers, poète lui-même (on l'oublie trop) 

 

 

J'avais en tête la vague idée d'un hareng saur incontournable et de petits lapons qui boivent l'huile de poisson.

Mais ces sardines-là, c'est peu dire qu'elles me réjouissent 

 

 

Sardines à l'huile1

 

Sardines à l'huile fine sans têtes et sans arêtes.

(Réclame des sardiniers, passim.)

 

Dans leur cercueil de fer-blanc

plein d'huile au puant relent

marinent décapités

ces petits corps argentés

pareils aux guillotinés

là-bas au champ des navets !

Elles ont vu les mers, les

côtes grises de Thulé2,

sous les brumes argentées

la Mer du Nord enchantée ...

Maintenant dans le fer-blanc

et l'huile au puant relent

de toxiques restaurants

les servent à leurs clients !

Mais loin derrière la nue

leur pauvre âmette ingénue

dit sa muette chanson

au Paradis-des-poissons,

une mer fraîche et lunaire

pâle comme un poitrinaire,

la Mer de la Sérénité

aux longs reflets argentés

où durant l'éternité,

sans plus craindre jamais les

cormorans et les filets,

après leur mort nageront

tous les bons petits poissons ! ...

 

Sans voix, sans mains, sans genoux3

sardines priez pour nous !...

 

Georges Fourest, Petites élégies falotes, La négresse blonde, 1909

Georges Fourest 1864 - 1945

 

1 Conserve de sardines à l'huile (wikipedia)

2 intuition d'une dérive dès 1909 ?  Thulé (wikipedia), Goethe traduit par Nerval, (dans la tradition du mythe) ou le poème Tous les morts sont ivres

3 Tout ce qu'il faut pour prier (Note de l'auteur)

 

Ces sardines-là me réjouissent d'autant plus depuis que j'ai interrogé google pour y trouver une étude commentée de la crise de la sardine dans la première décennie du XXème siècle et dont l'écriture de ces sardines est corrélée.

J'ai alors compris pouquoi les sardines qu'évoquaient Georges Fourest avaient des relents nauséabonds.

Pamphlétaire précurseur des surréalistes, assurément, visionnaire oublié.

 

Pour les curieux qui ont du temps et ont envie de se plonger dans l'Histoire, sans se poser trop de questions sur pourquoi revenir sur l'Histoire, comment la comprendre avec nos repères actuels etc

Voir l'article de la revue Annales de Bretagne et des Pays de l'ouest :

 La crise sardinière de 1902 - 1913 au coeur des affrontements religieux en Bretagne 

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commentaires

C
D’un gros oeuf prenez le blanc
Et d’un vieux coq le relent,
Avec un fond de potée
Que vous aurez tamisée ;

De la graisse de navet,
Les vertèbres d’un orvet,
Une sardine argentée,
Des tomates rempotées.

En neige montez le blanc ;
Incorporez le relent
Avec assez de liant ;

Ajoutez la plus-value
Et trois chenilles velues,
La moitié d’une chanson,
Cent écailles de poisson,

Un os de clarté lunaire,
Un vieil écho de tonnerre,
Un air de sérénité,
Un soupçon d’éternité,
Un beau renard argenté ;

De jus de poire, un filet ;
Une cuisse de poulet ;
Les pépins d’un potiron ;
Trois vers de Gaston Miron.

Si c’est point à votre goût,
Ça peut finir à l’égout !
Répondre
J


merci de rappeler ce retour ironique de l'histoire (qui ne mérite pas la majuscule de dignité



Q

C'est un des rares moments de l'année où j'apprécie le poisson. :)


Tu as raison, c'est bien agréable.


Douce journée, Jeanne. Bisous.
Répondre
J


Même pas à la foire Saint Martin ? je te taquine. Cela fait bien longtemps que je n'y suis pas allée. Aller au bord de la mer, c'est l'occasion de manger du bon poisson


bises



C

Bonjour Jeanne .


J'arrive enfin à ce que OB et l'ordi fassent à peu près ce que je leur demande  


D'abord,un tout tout grand merci pour ta missive !!


En ce qui concerne la "petite carte" , ce n'est pas pour faire "chic" , mais c'est plus facile pour l'adresse ( je suis un peu fainéante  ).


Concernant ce poème,je voulais voir si nous pensions au même ...


Moi,c'est celle-ci que j'aime bien :


Petits Lapons


Dans leur cahute enfumée
Bien soigneusement fermée
Les braves petits lapons
Boivent l’huile de poisson!


Dehors on entend le vent
Pleurer; Les méchants ours blancs
Grondent en grinçant des dents
Et depuis longtemps la mort
Le pâle soleil du nord!
Mais dans la brume enfumée
Les braves petits lapons
Boivent l’huile de poisson…


Sans rien dire, ils sont assis,
Père, mère, aïeul, les six
Enfants, le petit dernier
Bave en son berceau d’osier:
Leur bon vieux renne au poil roux
Les regarde, l’air si doux!


Bientôt ils s’endormiront
Et demains ils reboiront
La bonne huile de poisson,
Et puis se rendormiront
Et puis, un jour, ils mourront!
Ainsi coulera leur vie
Monotone et sans envie…
Et plus d’un poète envie
Les braves petits lapons
Buveurs d’huile de poissons


(Georges Fourest)


 


Gros bisous , Jeanne .



Répondre
J


oui, c'est bien le même poème. Contente que mon courrier soit arrivé


bises et belle journée



Q

Je souris... je suis en Bretagne en ce moment, et ta page me touche particulièrement.


 


Douce journée, Jeanne.


Bisous.
Répondre
J


profites en le temps est enfin meilleur. tu vas peut-être te régaler de poisson fraichement pêché


bises



S

Je ne connaissais pas ce poème et merci pour la leçon d'histoire.
Répondre
J


j'ai découvert cette histoire de la sardine(je m'en étonne car j'ai fait des études d'économie) qui est symptomatique de l'évolution impulsée par les techniques bien au-delà de ce que l'on en
devine sur le moment.


et je vois qu'on ne tire en fait guère de leçons de l'Histoire.



A

Bonjour


 


je ne connaissais pas.


 


Amicalement Votre


Vincenzo
Répondre
J


j'espère que cela t'a plu


belle fin de semaine



A

Belle découverte de ce poème, trop fort d'écrire sur les sardines ainsi ! je regrette pour ta quinzaine à laquelle je n'ai pas participé, des soucis familiaux m'ont fait m'absenter. Bises
Répondre
J


Il pouvait joindre la description d'une réalité à la métaphore vu le sujet et le contexte.


J'espère que les soucis familiaux ne sont pas trop graves mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut et si le blog est une manière de s'évader un peu et de s'aérer l'esprit, il est évident que
les proches restent prioritaires


bises



B

Merci, je ne connaissais pas ce poème.
Répondre
J


Je l'ai lu comme tous ceux de cette anthologie que j'utilise souvent. Mais je me souvenais surtout de celui où il parle des petits lapons.



P

J'aime assez avec du riz et des tomates... Bises et belle journée.
Répondre
J


mais oui et quelques olives noires aussi


bises et belle journée



L

Superbe, Jeanne, non pas le relent puant, bien sûr, mais ton choix de poème et les liens qui vont avec. Comme Josette, j'espère revenir (parce qu'on se dit qu'on va le faire et après les
sollicitations vous portent ailleurs, hélas) pour approfondir. Bises à toi.



Répondre
J


C'est vrai que le temps n'est pas extensible.


J'ai des pastel à mettre sous cadre par exemple ... sans doute l'herbe à tondre encore. C'est fou ce qu'elle a poussé vite. et puis l'incontournable ménage, la lessive, la vaisselle ...


et puis écrire un peu, lire beaucoup, faire la sieste, prendre des nouvelles au téléphone etc etc


bises



J

je reviendrai pour m'instruire ! mais je t'avoue que ce midi je me suis régalée avec mes sardines rapportées de Saint Guénolé ...de la conserverie même


bonne journée
Répondre
J


tu as raison, avec ces nouvelles portes d'entrée vers l'opportunité d'en apprendre un peu plus, il faudriait un temps infini pour les pousser et aller au-delà. C'est vrai qu'on ne peut pas tout
connaître, mais c'est un peu frustrant d'être obligé de faire des non-choix le plus souvent.


Hmmm ! des sardines à l'huile, ce peut être délicieux, c'est vrai. 


J'apprécie encore plus mais évidemment bien plus rarement, des sardines toutes fraiches pêchées


belle journée Josette



L

Bonjour Jeanne,


Défi parfaitement relevé, je ne connaissais pas ce poème de Georges Fourest mais je l'ai trouvé trés beau. Merci. Bises bien amicales. 


Henri.
Répondre
J


je ne sais pas si "beau" est l'adjectif qui lui va le mieux. Mais dans son genre, il est réussi


Amicalement



M

ah j'inverse les lettres  grrrrrrr désolée 
Répondre
J


Ca m'arrive souvent aussi quand j'essaie d'aller vite, pas grave on rétablit.



M

et tu as très bien fait, d'une part parce que ce  poème est très beau et d'autre par t je ne connaissais aps  l'auteur donc  ravié de l'avoir lu. bises et bonne  journée 
Répondre
J


un précurseur des surréalistes et je lui trouve bien de talent dans son genre ironique


bises



M

Tu es vraiment restée dans le ton du défi avec ce poème superbement écrit !!


Bonne journée - bisous



Répondre
J


même si le thème était libre, l'occasion de mettre en ligne ce texte était trop belle !


bises



J

A l'eau Jeanne !  C'est sympa de rester dans la marine vais-je dire avec ces sardines qui riment !!  Déjà en 1909  la crise de la sardine, ce poisson sympa que l'on grille au BBQ
estival... la célèbre marseillaise aussi !  Merci pour les liens, ton choix du jeudi poésie... Plein de bises de jill
Répondre
J


Toutes les marines ne se valent pas, vois-tu et j'en suis bien désolée pour toutes les petites filles et femmes qui ont reçu ce très joli prénom de naissance.


Remarque qu'elle aurait gardé son prénom de naissance, comme on dit, cela aurait été bien embêtant aussi pour toutes les Marion sauf quelques unes.


Et qu'on se le dise, de toutes façons, je n'ai pas le pied marin et si je l'avais eu, j'aurais plutôt voyagé sur Le bel espoir que sur le ponant


bises et belle journée



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