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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 07:00

C'est notre capitaine de quart ABC qui a lancé le 49ème défi des CROQUEURS DE MOTS pour la quinzaine.
Au menu poétique de ce jeudi "sourire". Jeudi prochain rimera sous le signe de la "surprise".

 

Etrange voyageur voyageur sans bagages

Je n'ai jamais quitté Paris

ma mémoire ne me quittait pas d'une semelle

ma mémoire me suivait comme un petit chien

j'étais plus bête que les brebis

qui brillent dans le ciel à minuit

il fait très chaud

je me dis tout bas et très sérieusement

j'ai très soif j'ai vraiment très soif

je n'ai que mon chapeau

clef des champs clefs des songes

père des souvenirs

mais ce soir je suis dans cette ville

derrière chaque arbre des avenues

un souvenir guette mon passage

C'est toi mon vieux Paris

tes monuments sont les bornes kilométriques de ma fatigue

je reconnais tes nuages

qui s'accrochent aux cheminées

pour me dire adieu ou bonjour

la nuit tu es phosphorescent

je t'aime comme on aime un éléphant

tous les cris sont pour moi des cris de tendresse

je suis comme Aladin dans le jardin

où la lampe magique était allumée

je ne cherche rien

je suis ici

je suis assis à la terrasse d'un café

et je souris de toutes mes dents

en pensant à tous mes fameux voyages

je voulais aller à New york ou à Buenos-Ayres

connaître la neige de Moscou

partir un soir à bord d'un paquebot

pour Madagascar ou Shanghaï

remonter le Mississippi

je suis allé à Barbizon

et j'ai relu les voyages du capitaine Cook

je me suis couché sur la lmousse élastique

j'ai écrit des poèmes près d'une anémone sylvie

en cueillant les mots qui pendaient aux branches

le petit chemin me faisait penser au treanscanadien

et ce soir je souris parce que je suis ici

devant ce verre tremblant

où je vois l'univers

en riant

sur les boulevards dans les rues

tous les voyous passent en chantant

les arbres secs touchent le ciel

pourvu qu'il pleuve

on peut marcher sans fatigue

jusqu'à l'océan ou plus loin

là-bas la mer bat comme un coeur

plus près la tendresse quotidienne

des lumières et des aboiements

le ciel a découvert la terre

et le monde est bleu

pourvu qu'il pleuve

et le monde sera content

 

Phillippe Soupault, 1897 à Chaville, 1990 à Paris,

Westwego (1917 - 1922), Libraire six 1922, page 15 à 18

 

Sur-un-pont-de-Paris.JPG

Sur un pont de Paris au milieu des années 1950. Le premier voyage à Paris dont je me souvienne. La petite fille que je suis ne souris peut-être plus mais ses petites jambes sont bien fatiguées, sans doute ...

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commentaires

T


Paris à le don de me faire sourire !! Les rencontres me feraient partir au bout du monde pour un sourire !! merci Jeanne pour ton choix ! je veux bien croire que la petite fille de l'époque en
avait plein  ses galoches et ras la casquette !!!



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J


mais pas seulement, elle avait aussi engrangé de magnifiques souvenirs ...



M


"A trop regarder les autres on apprend à sourire, - à sourire de tous et de
soi-même; mais on oublie comment on pleure. " André Roussin






Répondre
J


André Roussin, je me souviens avoir beaucoup rit à ses pièces. Pourtant, je crois qu'on sait moins sourire que pleurer. Et sourire à n'est pas sourire de ...



G


Que j'aime la photo


et aussi ce poème où le ciel découvre la terre



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J


Philippe Soupault est un peu oublié aujourd'hui et je trouve cela bien dommage. Sourires pour la photo qui est bien abîmée et dont le positif continue à dormir dans un album familial ou des
cartons à chaussures


Le ciel et la terre en continuité, Soupault sait bien le dire



H


Le poème et le sourire d'un vrai amoureux de Paris. Même si ce n'est plus tout à fait la même ville, comme je le comprends !


Gros bisous Jeanne, merci pour cette découverte



Répondre
J


La même et différente, plus effervescente et quelquefois abîmée, souvent embellie aussi par rapport aux quartiers de taudis de son époque. Heureuse époque où l'on pouvait s'asseoir à la terrasse
d'un café sans consommer autre chose qu'un verre d'eau !
Bises



A


Je découvre ce texte en souriant au Paris que j'aime et à la petite fille bien fatiguée d'avoir trop longtemps marché... Merci pour cette belle participation



Répondre
J


Bah oui et je voulais faire comme tout le monde car je ne manquais pas de bras pour me porter ...



J


Un sourire est souvent l'essentiel.


On est payé par un sourire.


On est récompensé par un sourire.


[Antoine de Saint-Exupéry]


 


  JPE 



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J


Il est sympathique ton sourire et celui évoqué par Saint-exupéry aussi.



Q


Aujourd'hui, je voudrais seulement que le ciel reste bleu.


Merci pour ce poème, Jeanne.



Répondre
J


Un ciel bleu et de la pluie juste ce qu'il faut pour faire pousser les jardins et les champs ...


Soupault ne mérite pas d'être oublié



C


Un poète parisien, qui nous dit si bien le plaisir simple d'être assis à la terrasse d'un café, et d'être un "voyageur immobile"...



Répondre
J


Ceci est un extrait de ce grand poème. Il chante aussi bien d'autres villes ...



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