Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 07:00

~ Billet 385 ~

Pour le jeudi en poésie des Croqueurs de mots et pour ceux qui ne savent où dormir, pour ne pas les oublier jusqu'aux grands froids de l'hiver prochain ...
Et bien sûr; pour ne pas les oublier trop vite en de vaines promesses, pour ceux qui ont perdu leur toit au bord de l'Océan.

VHlespauvresgens.jpg

Victor Hugo, Les pauvres gens

 

Il est nuit. La cabane est pauvre mais bien close.

Le logis est plein d’ombres et l’on sent quelque chose

Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.

Des filets de pêcheurs sont accrochés aux murs.

Au fond, dans l’encoignure où quelque humble vaisselle

Aux planches d’un bahut vaguement étincelle,

On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants.

Tout près un matelas s’étend sur de vieux bancs,

Et cinq petits enfants, nids d’âmes y sommeillent.

La haute cheminée où quelques flammes veillent

Rougit le plafond sombre, et, le front sur le lit,

Une femme à genoux prie, et songe, et pâlit.

C’est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d’écume,

Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume,

Le sinistre océan jette son noir sanglot.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Q

Merci.

Passe de belles fêtes pascales, Jeanne.
Bisous pour toi.


Répondre
J


merci toi aussi. cette année il semble que paques s'annonce aux tisons comme la noël pour faire mentir le proverbe ... bises



Q

C'est l'un des poèmes que j'aime... Je l'ai appris en entier, c'est vrai, il y a longtemps, et Dieu sait qu'il fait bien plus que ces quelques vers.

C'est une histoire qui me plaît beaucoup, et que je suppose était vraie.

Merci pour ces souvenirs qui me reviennent.

Je t'embrasse, Jeanne. Passe une belle journée.


Répondre
J


En entier ! oh là là ! je me souviens que c'était long en effet mais on ne nous avait fait apprendre que cet extrait. Des intérieurs comme ceux-là, ils étaient plus fréquents que les intérieurs
cossus. Mais la pauvreté était conjuguée avec propreté, ordre et dignité.


bon courage pour ton déménagement. Je t'embrasse Quichottine



J

Bonjour Jeannne, ta communauté est grande, il faut du temps pour en faire le tour, tu es passée chez Wenefride, je viens flâner chez toi, moi aussi, ce texte d'Hugo, comment dire, est simple
et fort à la fois pour décrire la vie des familles de pêcheurs, leur condition, l'angoisse de la mère, son homme sur les flots, cette mer capable du meilleur comme du pire... Les yeux femés on
peut peindre la scène, le lecteur y met des images, c'est cela le pouvoir de l'écriture aussi. Au plaisir signé Jill bill


Répondre
J

et l'attente de la femme et de la mère du pêcheur. Un roman récent qui m'a beaucoup plu nous met entre autre dans cette ambiance, c'est Les déferlantes, pardon de ne pas retrouver sur le champ le
nom de l'auteur.


M

En voilà un que je ne connaissais pas, mais il est très évocateur !


Répondre
J

Je crois que c'est un extrait d'un poème des Travailleurs de la mer. Hugo a beaucoup écrit sur le monde de la mer. Il est vrai qu'en exil il était proche d'eux.


O

Un triste poème qui parle d'une détresse malheureusement toujours existante pour certains. Et ces derniers mots qui disent la fureur de l'océan résonnent cruellement en cette période où nombreux
sont ceux qui pansent encore leurs plaies après la furieuse tempête qui a balayé la côte Atlantique (entre autres)


Répondre
J

Il y a des détresses qui ne devraient plus exister. Mais les humains trop sûrs d'eux ont ces dernières décennies montré une arrogance et un mépris de la nature dont ils semblent s'étonner des
conséquences actuelles.
J'ai choisi ce poème en pensant à ceux qui ont tout perdu, en partie parce que les gestes ancestraux de maintien et de consolidation du rivage, de la protection des zones humides aussi, ont trop
souvent été oubliés.


A

Quel génie ce Victor Hugo! Merci pour le partage, je ne connaissais pas ce poème. Dommage que son contenu soit encore d'actualité. Douce soirée. Almaya


Répondre
J

C'est un grand poète et c'était un homme de convictions et qui avait su faire évoluer ses idées et ses pratiques. Moins exemplaire cependant dans sa vie privée, humain en somme
belle fin de semaine


A

 dans ma tournée des jeudis en poesie voilà que je trouve un joli poème que je connais
 j e l'avais d'ailleurs mis de côté
  merci  de me l'avoir offert
 bisous de la grandmère des côtes d'armor


Répondre
J

La mer parle aux Bretons, forcément ...


H

Une époque qui n'a pas tant changée.
Gros bisous Jeanne


Répondre
J

Quant au droit au logement en effet mais les conditions de logement etaient fort différents. Je prendrai un jour peut-être le temps de décrire cette vie que m'ont légué par leur récits ma maman et
d'autres encore plus anciennes, et ce dont je me souviens des logements des années 1950 et 1960 et aussi du bidonville de Nanterre sur lequel j'avais une vue plongeante depuis ma chambre
d'étudiante de 8m2 en 1970 !
Bises, Harmony


L

Victor Hugo est vraiment doué pour la description...
Et tu as raison, "ne pas oublier" alors que le printemps vient.


Répondre
J

La trève hivernale a pris fin le 15 mars. J'aurais pu le mettre aussi dans le mois du crieur.
Ce qui ne veut pas dire que les locataires peuvent faire n'importe quoi ! Il n'est pas non plus normal de ne pas payer son loyer ou de ne pas respecter les lieux. Mais tout le monde devrait pouvoir
être logé...


A

Cette lecture me donne envie de relire "les travailleurs de la mer". Merci. Bonne journée


Répondre
J

C'est sûrement extrait de ce recueil en effet. Belle fin de semaine et merci de ton passage.
J'ai du mal à déposer des coms mais j'esaie d'aller visiter les blogs.


P

Retournerons vers cette époque. Pas nous, mais nos petits enfants..... Bises et belle journée.


Répondre
J

Sauf le respect que je te dois, Patriarch et compte tenu que j'ai eu mes enfants tard, on y est déjà pour certains d'entre eux qui n'ont pas de travail et pas de logement et réciproquement !
bises et belle journée de printemps


Présentation

  • : Fa Do Si
  • : Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
  • Contact

Sur les blogs, les jeux d'écriture témoignent de la vitalité

de la langue française sans tapage

Recherche

 

 Ephéméride de ce jour

 

et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

"Tous les matins du monde sont sans retour"

Métiers improbables

TheBookEdition - Les anthologies Ephémères

La 6ème anthologie est parue en mai

Informations sur 

 Les anthologies éphémères