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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 06:00

Fanfan a lancé le premier coup de canon du défi n°56  des CROQUEURS DE MOTS sous forme d'une nouvelle policière ... Mais en attendant, elle n'a pas oublié le jeudi en poésie sous le signe des mères (Fête des mères oblige, du moins en France)

 

Période difficile pour les mères dont le coeur saigne ou pour les vieux enfants dans la nostalgie de leurs jours d'insouciance.

couv-Les-meres-Alphonse-Daudet.jpeg

 

Alors j'ai pris sur le rayonnage un vieux livre un peu poussiéreux, sans doute pas le plus connu d'Alphonse Daudet.

Et pourtant que de condensés de bijoux de tendresse dans ces pages collectées tout exprès par l'auteur à la célébration de la mère, sous l'impulsion du directeur de collection Gustave Toudouze.

 

J'avais l'embarras du choix dans ce recueil oublié à la poussière d'un étagère. Mais dans la suite logiquede mon billet  A l'ombre ou en pleine lumière ?, et un peu aussi pour Fanfan voici un extrait du Nabab, publié en 1877.

 

L'ex futur député de la deuxième circonscripiton de la Corse sort du palais de l'Assemblée Nationale et rejoint sa mère, alors qu'il vient de voir son élection annulée

 

"Prenez mon bras, ma mère... il ne faut pas rester là"

Il dit cela très haut, d'un ton si calme et si ferme que tous les rires cessèrent, et que la vieille femme subitement apaisée, soutenue par cette étreinte solide où s'appuyaient les derniers tremblements de sa colère, put sortir du palais entre deux haies respectueuses. Couple grandiose et rustique, les millions du fils illuminant la paysannerie de la mère comme ces haillons de saints qu'entoure une châsse d'or, ils disparurent dans le beau soleil qu'il faisait dehors, dans la splendeurde leur carosse étincelant, ironie féroce en présence de cette grande détresse, symbole frappant de l'épouvantable misère des riches.

Tous deux assis au fond, car ils craignaient d'être vus, ils ne se parlèrent pas d'abord. Mais dès que la voiture se fut mise en route, qu'il eut vu fuir derrière lui le triste calvaire où son honneur restait au gibet, Jansoulet, à bout de forces, posa sa tête contre l'épaule maternelle, la cacha dans un croisement du vieux châle vert, et là, laissant ruisseler ses larmes brûlantes, tout son grand corps secoué par les sanglots, il retrouvait le cri de son enfance, sa plainte patoise de quand il était tout petit : "Mama ... Mama ... "

Le Nabab, Alphonse Daudet, première publication en feuilleton en 1877

 

Attention, toute ressemblance avec quelque fait d'actualité que ce soit serait tout à fait fortuit. Ce roman de Alphonse Daudet est paru en 1877, repris dans Les mères en 1896

 

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commentaires

Q

Je n'ai jamais lu ce livre... mais j'aimerais bien.


Donc, j'ai cherché...


 


Tu peux même le lire en version numérique ici :


http://beq.ebooksgratuits.com/vents/daudet-nabab.pdf


 


Passe une douce journée.
Répondre
J


merci pour le lien. Je l'ai cherché au moment où j'avais publié cet extrait en version papier. Je ne me suis pas encore dotée d'une liseuse. Oui je devrais, j'y songe sérieusement. Sur l'ordi,
j'y suis déjà trop longtemps et mon dos et mes yeux s'en plaignent


bises


ps je vais rajouter le lien dans le billet pour ceux qui veulent



F


Effectivement , je ne connais pas ce recueil de Daudet.


C'est un beau texte , voir cet homme   sangloter comme un enfant dans le sein de sa mère, c'est touchant .


merci; Bisous



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J


On me l'a offert, il y a ... pour la fête des mères. 
Bises et beau dimanche 



M


non, pas du tout, c'est bien d'échanger!


bonne soirée



Répondre
J


je suis d'accord avec toi, merci ! et belle journée



M


certes, il ne faut pas tout excuser, ce n'est pas dans ce sens que je l'entendais...


je voulais dire qu'un enfant doit pouvoir compter sur l'amour des parents, mais l'amour n'est pas forcément approuver n'importe quoi, et c'est sans doute à ce moment-là que ça devient
difficile...



Répondre
J


J'espère que tu n'as pas pris ma réponse comme une critique, loin de moi cette intention, je prolongeais ma pensée et la tienne. Par frustration de ne pouvoir mettre en ligne ne serait-ce que
tout l'extrait où figurent ces quelques lignes. La mama a pour son "petit" une tendresse indéfectible, et pour les attaques dont il est (en grande partie à juste titre) l'objet, la fausse
certitude que ce ne sont que des ragots. Mais Alphonse Daudet montre, et avec quel talent et quelle sensibilité, que la vie estimable est celle simple, de la paysanne et qu'elle a bien du rejet
(et l'auteur aussi) pour les fastes de cette réussite insolente et sans scrupules qui connait ici le début de la chute.



F


bonjour Jeanne


j'ai aimé relire ce texte avec ta présentation


récemment, j'ai relu "Les lettres de mon moulin"


merci pour ce partage


je t'embrasse


françoise



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J


Les lettres de mon moulin, j'adore. Je me souviens de la voix de Fernandel qui en avait enregistré sur disque vinyl si je ne fais pas de confusion. J'aime aussi beauocup le Petit chose



T


J'aime beaucoup ce texte Jeanne, le fils fier et fringuant au bras de sa mère redevient l'enfant à consoler hors des regards de la foule. Daudet est un bon conteur, c'est un délice de détails au
final Tu as bien fait de sortir ce trésor de la poussière bizzzoux Jeanne à te lire



Répondre
J


Bon conteur et très bon observateur aussi. J'ai essayé de trouvezr le Nabab en librairie. Impossible !


bises



C


Le mère, celle qui jamais ne vous abandonne : un texte surprenant.



Répondre
J


et quelquefois pour le pire ... Je pense aux mères de Sébrenisca



B


à en pleurer...que d'émotion, merci jeanne pour la découverte.


Gros bisous



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J


J'aimerais bien lire le roman mais je ne suis pas équipée pour le lire confortablement à l'écran. Il est dans le domaine public et on le trouve en ligne mais apparemment pas neuf chez mon
libraire. Quant à l'acheter d'occasion ...
Bises 



J


J'ai eu plaisir à lire ce texte ...Merci à toi ...



Répondre
J


J'avais le choix dans ce recueil : la prose de Daudet (le père Alphonse) vaut bien des poèmes en vers ...



P


Samedi et pour dimanche, je mettrai un poème d'un ancien du quartier de 89 ans....


Bel après midi;



Répondre
J


J'irai lire ce poème bien sûr !
Belle journée 



V


Alphonse Daudet ou la grandeur tragique du petit peuple . La dernière phrase de l'Arlésienne m'a fait découvrir enfant, la force de l'écriture ....


Valdy



Répondre
J


J'ai été tentée de mettre en ligne la très belle page de la mère de l'amoureux de l'Arlésienne justement. Si Fanfan n'avait pas été corse peut-être. Et puis il y a l'actualité de l'année 2011



J


Bonjour Jeanne, en effet je ne connais pas ce livre les mères d'Alphonse Daudet mais l'extrait présenté donne envie d'en lire plus.... Merci à toi !  Je t'embrasse   Jill



Répondre
J


C'est Le Nabab en particulier que j'aimerais bien trouver pour le lire.



M


Riche ou pauvre, célèbre ou inconnu, l'homme reste l'enfant de sa mère. Puisse-t-il y trouver toujours ce refuge..
Merci pour ce partage..



Répondre
J


Je ne pense pas que tout doive toujours être couvert par une mère !



M


Bien sûr que les hommes, quelque soit leur statut, resterons toujours de grands enfants avec un seul refuge possible, les bras d'une mère !


Merci d'avoir "dépousssièré" ce livre !


Bonne journée - bisous






Répondre
J


Garder sa tendresse oui, mais tout excuser, voir nier les évidences ...



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