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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 05:00

 

Chance, telle est le mot clé proposé par Martine pour le défi n°131 des CROQUEURS DE MOTS

 

Un mot casse-tête dont je ne renie pas les cogitations de mes neurones en janvier 2012. Une effervescence qui m'avait sans doute conduit à faire aussi ce petit poème pour Jill Bill et qui fait écho à la citation d'Albert Camus mise en évidence par Enriqueta :

Il y a seulement de la malchance à ne pas être aimé ; il y a du malheur à ne point aimer

Albert Camus, L'été, 1954, recueil de huit essais écrits entre 1939 et 1953

 

Janvier, c'était le prénom de Jill pour la mi-février ! Pour un peu, il aurait fait concurrence à Valentin.


Janvier aime-t-il ?

 

Janvier n'aime que l'hiver

Dans la baie de Vancouver

 

Janvier n'aime que la nuit

Loin des tapis verts, des ennuis

 

Janvier n'aimait que la ville

Las Vegas de nuit où tout brille

 

Janvier n'aimait que la vie

De pacotille et d'envie

 

Janvier n'aime plus l'envers

Des miroirs d'une vie à revers

 

Janvier n'aime que l'oubli

Sur Vancouver l'aube palit.

Jeanne Fadosi, mardi 14 février 2012

pour le prénom du mercredi 15 de JB

 

 

En complément (ce n'est pas un bonus, le mot serait inadapté), voici ce que j'avais reçu ce soir-là (14 février 2012) de Médecins du Monde

 

parce que Las Vegas est (était ?) l'incontournable inoui, éblouissant quand on visite en touriste l'ouest des Etats-Unis d'Amérique, Las vegas qui avait fait de la chance sa matière première et son fond de commerce.

 

parce que en 1980, j'y ai vu, dans la nuit aussi claire qu'en plein jour sous les néons, une femme en manteau de fourrure défraichi y faire les poubelles pour y glaner des restes de repas et des tickets de breakfeast et de jeux  non utilisés.  

 Otto-Dix-invalides-de-guerre-jouant-au-skat---1920.jpg

Otto Dix, invalides de guerre jouant au scat, 1920

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 05:00

 

Evasion, tel est le fil conducteur du défi n°130 proposé par Lenaïg pour les CROQUEURS DE MOTS

 

 

"Je pensais que ce serait juste une évasion solitaire, comme la lecture. Une bulle, une soupape dans une vie plutôt morose."

C'est ainsi que je qualifiais le geste qui m'avait fait ouvrir ce blog un jour oisif de juin 2008. 

J'y avais juste posé quelques mots et un titre :

"Je me lance dans la blogosphère

J'y viens sans idée préconçue, mais avec l'enthousiasme des débutants."

 

Mais continuons si vous le voulez bien mes picorages de mots déjà semés au fil de plus de six années de blog. Et tout d'abord dans ce billet "Vos mots ..."

 

"Qui m'eut dit ce chemin parcouru sur la Toile en plus de trois six ans, à cette saison où j'apprivoisais cet espace de récréation sans en soupçonner encore les chemins de partage et de réflexion sur lesquels il m'emmenerait."

 

Je pensais que ce serait juste une évasion solitaire ... Une bulle, une soupape ...

 

"J'y ai rencontré d'autres façons d'échanger (je n'aime pas ce que la modernité a fait du verbe "communiquer") qui, si je ne connais pas de visu les blogueurs, n'a pourtant rien de virtuel (c'est-à-dire imaginaire).

 

Une autre définition de l'espace et du temps.

(à condition que cet espace temps ne devienne pas exclusif du quotidien et laisse à la vie en chair et en os la part belle)"

 

Je vous remerciais, vous ou d'autres visiteurs perdus de vue, "pour ce temps passé ensemble et j'espèrais, j'espère, qu'il se prolongera encore dans cet esprit stimulant et souriant, dans la diversité des pensées et dans la controverse quelquefois, et toujours dans le respect de l'autre, de tous les autres."

 

Un espace de liberté avec mes mots et les vôtres, dans le jeu et la créativité

Ici avec Léonce s'évade* pour le prénom du mercredi

Là en images et en grand écart, Evasion(s) entre le rêve d'évasion d'Icare, tel un oiseau, d'où que l'on soit, sans nul doute le rêve des humains depuis la nuit des temps, et les gestes désespérés des migrants, de plus en plus nombreux, qui fuient en s'évadant une situation tragique.

Un billet qui m'amenait à m'interroger sur ce mot "évasion" 

C'était comme souvent le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)qui m'en donnait les définitions les plus complètes : Cnrtl Evasion - définition

J'en retenais deux : 

Au propre : Action de s'évader, de s'échapper d'un lieu où l'on était tenu enfermé; résultat de cette action.

Au fig. : 1. Action de s'échapper, de fuir une réalité trop pénible, astreignante; résultat de cette action.

En précisant : 

"Bien plus souvent qu'on le croit, le propre et le figuré se rejoignent dans le dérisoire du figuré, sans égards pour l'autre sens" ...

 

Pendant que je peaufine ce billet, les medias relaient cette information qu'ils disent de progrès concernant un accord de coopération des britanniques et des français à propos des migrants de Calais et se proposant de renforcer les contrôles et d'ériger d'autres barrières ...

 

Pendant que je peaufine ce billet, des milliers de kurdes en grand danger dans le nord de la Syrie trouvent refuge en Turquie depuis vendredi. Selon les témoignages les hordes djihadistes décapitent en progressant de village en village. (informations Le Monde 19/09/2014)

 

Montmartre-le-passe-muraille---reduc1.JPG

Montmartre, place Marcel Aymé, le passe-muraille, sculpture de Jean Marais

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 05:00

 

Pour le défi n°129 des CROQUEURS DE MOTS Enriqueta nous invite à choisir dans nos photos anciennes (de vingt ans ou plus) celle que nous raconterons sur notre blog ou dont nous dirons pourquoi nous avons choisi celle-là ...

et pas une autre ...

Car c'est bien là le hic ! laquelle choisir. Certes j'aurais pu opter pour la facilité courante et rééditer tel autre billet. 

par exemple ce souvenir qui me tient à coeur Des vacances en partage ...

ou encore  celui de Mes vacances de rêve ... que je ne vous ai d'ailleurs pas raconté.

ou vous raconter cette mésaventure lors d'autres vacances en Suède en ... 1974, Piqure ou brûlure ? mais là, aucune photo n'a immortalisé cet instant, nos copains n'avaient pas osé ...

 

Non, c'est le choix de Martine sur Quai des rimes pour la poésie du jeudi qui m'a renvoyé à cet épisode. Une raison supplémentaire pour revenir sur ces vacances 1958 dont je n'avais jamais continué le récit.

 

L'adaptation des tous premiers jours est maintenant derrière nous, avec l'inévitable bourdon des premiers soirs, après l'extinction des lumières. Ma première colonie de vacances ... On me l'avait fait espérer comme un nouveau monde à découvrir ... J'oubliai bien vite les quelques larmes sur l'oreiller.

La vie maintenant se déroule simplement, rythmée par la régularité rassurante d'un emploi du temps qui alterne les tâches contraintes, les activités dirigées, et les temps libres, les jeux où l'effort physique se fait ludique et des ateliers paisibles qui participent de la création et de la découverte.

Entre le réveil à 8 heures et la toilette du matin, jusqu'à la douche de fin d'après-midi et l'inspection des oreilles pour vérifier si l'on a bien tout récuré, le dîner, une dernière promenade digestive suivie de la veillée, les journées se suivent et le sommeil nous cueille facilement.

Des temps d'ennui ? Il y en a eu sans doute. Pendant la sieste, obligatoire, où je n'arrive pas à dormir. Le reste du temps, même sans occupation dirigée, génère ses jeux spontanés et ses rêveries.

C'est ainsi que j'ai déjà de nombreuses fois fait le tour du baraquement qui abrite nos dortoirs, en courant et en riant, poursuivi par celui ou celle qui est le chat. Oui, je ne l'ai aps précisé, cette colonie est mixte. Ce jour-là, il fait chaud et nous avons même nos chemisettes déboutonnées qui volent au vent. seulement voilà. A-t-il plu dans la nuit ? Est-ce juste une maladresse ? Je manque le virage à l'arrière et plonge directement dans le fossé plus profond que moi, - il faut dire que je suis toute petite pour mon âge, où je prends un bain ... d'orties. La grande ortie, aussi grande que moi, et l'ortie brûlante qui me caresse les mollets.

Inutile de vous décrire dans quel état je sors de là ! Pleine de cloques avec un corps me démangeant des chevilles au sommet du crâne. ... Sans plainte, aussi stoïque que lors de la campagne de vaccination contre la poliomyélite où l'aiguille avait été cassée dans mon épaule lors de la deuxième injection.

Je dois dire que pour me soulager, les grands moyens utilisés ont été aussi radicaux qu'efficaces. J'ai eu droit à deux ou trois bains tièdes d'eau vinaigrée dans une de ces bassines ovales en zinc que l'on trouve peut-être encore dans des brocantes ou chez un antiquaire. Du moins de cette taille pour que j'y entre toute entière. Et pour terminer, un bain au lait d'avoine dans la soirée. La peau était apaisée et je garde de ce dernier bain un souvenir de douceur et d'un parfum aussi étrange que délicat.

Curieusement, je n'ai jamais eu peur des orties. Leur caresse me pique toujours autant. Et je n'ai pas l'impression d'être immunisée contre les rhumatismes !

 

Vous aimerez peut-être lire le récit de mon départ vers cette première colonie de vacances :

Les grandes vacances de nos enfances (1) et (2)

 

J'aurais pu aussi, en cette période de rentrée, remettre en ligne des souvenirs plus sombres, comme mon arrivée à Paris pour mes études supérieures et que j'avais décrit pour le Défi n°48 des Croqueurs autour du repas et du partage ou pour le Défi n°66 : au-delà de la fenêtre.

colo-1958---reduc1.jpeg

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 05:00

 

C'était sous la houlette de Enriqueta que nous allions défier LES CROQUEURS DE MOTS de Brunô, repris par notre amirale Tricôtine et cette fois encore, la barre était placée très haut, peut-être bien en haut du mât (!!!!!!!!!!!!!)

 

Voici quels étaient les termes de cette épreuve :

"Ce matin, comme tous les matins, je prends mon journal habituel (nom du journal), je le déplie et je découvre alors avec surprise que mon portrait se trouve en première page (...)"

 

Ecrivez la suite. Vous pouvez changer un peu la situation de départ mais le journal et la photo dans le journal sont indispensables."

 

J'évoquais en liens dans le jeudi en poésie de ce défi, Sur les journaux de nos vies, ma difficulté à traiter ce sujet.

 

J'avais l'intention de m'en expliquer plus largement dans Défi n°67 : dans les coulisses de la une ..., article qui n'a jamais vu le jour

 

Mais comme je n'avais pas envie de plomber l'ambiance joyeuse de ces défis  je prévoyais de vous soumettre cette toute petite distorsion que je m'étais permise à partir d'une page du Ouest France du 16 octobre 2009 trouvée par Google, alors que précisément je cherchais un moyen d'évoquer le corso fleuri de 1958.

 

Il s'en est fallu de quoi, de la qualité d'une photo ? de la postérité des demoiselles ? du programme de l'année ?

pour que la une du Ouest France du 16 octobre 2009, réapparu sur google le 12 octobre 2011 (va savoir pourquoi ?)

 

La photo choisie aurait pu être de 1958

faut-il-rescuciter-le-corso-fleuri---montage-duchesse-1958.jpg

 

photo montage à partir de cette photo

Corso-1958-2p-copie-1.jpg

et de la capture de cette page

faut-il-rescuciter-le-corso-fleuri.png

qui avait choisi le char de la duchesse d'Alençon et de ses dauphines de 1964

 

J'imagine la tête de ma soeur Jacotte, l'une des dauphines de 1958, si elle s'était vue ainsi, avec un saut dans le temps ...

 

mis en brouillon le 31/10/2011 pour 08:00 mais non publié au final

 

croqueursLes défis des CROQUEURS DE MOTS reprennent lundi 1er septembre : rendez-vous sur le blog de la communauté des croqueurs de Mots

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 05:00

 

Episode 1 ; épisode 2 ; épisode 3

 

[...] Le récit de leurs nostalgies et regrets, l'étonnement qu'elles n'avaient rien anticipé, c'était cela qui était éprouvant à entendre.

Voire, nous le devinions quelquefois aux récits de nos copines, leur désarroi de voir certains mythes (on employait alors l'expression de monstres sacrés, c'est tout dire) que nous avions admiré à la télévision ou même sur grand écran, ou écouté en disques, s'offrir à leur vue, se livrer en mots dans toute leur décrépitude. Et même sans pudeur ni retenue tant ces vieilles femmes étaient avides d'un public, tant la gloire les avaient submergées sans précaution ni ménagement.

Et puis, au beau milieu de ce spectacle affligeant, qui leur serrait un coeur encore plein des illusions de la jeunesse, une petite vieille pétillante, certes plus souvent second rôle et réduite à jouer les utilités, ne regrettant rien, se délectant de bribes du passé, se satisfaisant de son sort.

"Y a pire, n'est-ce pas ? La solitude, la vraie ....  la misère, la faim ... la rue ..."

leur faisant l'offrande avec générosité de ses souvenirs heureux et du sel de sa vie présente, voire de sa sagesse acquise chèrement.

Jeanne Fadosi, dimanche 27 juillet 2014

 

partage à fleur de peau - reduc1

(juste pour illustrer, ces dames, au partage chaleureux, ne sont pas célèbres et sont nées bien après les ex-vedettes interviewées par mes cammarades d'études)

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 05:00

 

épisode précédent ; si vous avez manqué le début

 

[...] Elles avaient toutes eu, à une époque plus ou moins éphémère, sinon le monde à leurs pieds, du moins le tout Paris.

Le fracas brutal de leur chute ou leur déchéance progressive avait souvent fait des ravages.

Nos camarades rentraient lessivés de ces entretiens débordant souvent d'aigreur, de mesquineries envers leurs co-locataires imposées, de hargne envers ceux qu'elles évoquaient en souvenir de leurs jours de stars.

Leur cadre de vie, sans être luxueux (on ne faisait pas alors dans la démesure) leur apportait un confort largement suffisant, tel celui de notre résidence universitaire. A ceci près que leurs appartements (une chambre ou un studio) y était beaucoup plus spacieux que nos 8 m2 réglementaires, sans compter les salons communs (salles à manger, de lecture, de musique, de détente  ...)

Non, ce n'était pas leur misère physique qui était pénible, si l'on fait abstraction des marques du temps et des excès sur leur corps. C'était la misère morale et la solitude intérieure de ces femmes qui avaient mené une vie de luxe et l'avaient pour certaines brûlée par les deux bouts.

Le récit de leurs nostalgies et regrets, l'étonnement de ce qu'elles n'avaient rien anticipé, c'était cela qui était éprouvant à entendre et à constater.

à suivre ...

 

Goya-deux-vieilles-qui-mangent.jpg

Goya, deux vieux mangeant, 1820

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 05:00

 

Si vous avez manqué le début

 

[...] Souvent elles s'effondraient et restaient de longues minutes sans rien dire. Nous respections ce silence dont elles avaient besoin, comme un sas de décompression. 

Nous savions qu'ensuite elles parleraient, un besoin pour évacuer tout ce stress qui à l'époque (nous étions dans les années 70) n'était pas encore nommé.

Leur lieu d'enquête était une maison de retraite pour anciens artistes, créée et fonctionnant grâce à quelques autre artistes philanthropes, plus chanceux et/ou meilleurs gestionnaires.

Que l'on se rassure, nos camarades ne nous ont jamais livré de noms. Elles étaient bien entendu tenues de respecter l'anonymat des enquêtés, qu'ils aient ou non connu la célébrité. 

C'est le troisième moment de l'enquête qui était souvent délicat. Ces vieilles dames (dans le spectacle comme ailleurs, les femmes vivent en moyenne plus longtemps) n'étaient pas avares de confidences. Pour une fois que l'on s'intéressait à elles, comment ne pas user et abuser de cette écoute inespérée.

Presque toutes avaient connu une gloire durable ou plus éphémère au temps du cinéma muet ou de celui d'avant guerre ou du Music-hall et du Cabaret dans leur âge d'or. Elles avaient toutes eu, à une époque plus ou moins éphémère, sinon le monde à leurs pieds, du moins le tout Paris.

à suivre ...

 

mon-bureau-d-etudiante2---reduc1.jpg

 

prolongements ... j'ai enfin retrouvé le défi qui s'apparentait un peu à celui-ci, que d'ailleurs je ne respecte pas complètement puisque je n'ai pas directement cotoyé ces anciennes célébrités. 

Il s'agit d'un des premiers défis proposés par Brunô, qu'ils appelait Mots de tête, en novembre 2009 et que j'avais intitulé Ca va pas fort ...

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 05:00

 

C'est M'amzelle Jeanne qui est à la barre de ce défi n°128 des CROQUEURS DE MOTS, animé par Dimdamdom, Dômi pour les moussaillons, depuis que Tricôtine lui a remis les clés du navire.

Vous avez vécu dans l'univers d'une personne connue (poète, philosophe, écrivain, cinéaste ...). Nous serions curieux de connaître les sentiments qui vous unissaient ...

 

Voilà un sujet alléchant qui m'a donné du fil à retordre. Vous le savez peut-être, je n'ai pas beaucoup d'imagination et mes récits puisent le plus souvent mes sources dans mes souvenirs. Qu'entend-on par personne connue ? Et que peut-on étaler sur un blog public de ces personnes ? Alors bien sûr, j'aurais pu avec plaisir vous parler à nouveau de mon parrain le clown Rogerly, ou même, à travers la rencontre de mon père, d'un air de Diva (4 épisodes). Ou des souvenirs de mémé Louise toute sa vie au service de grandes familles. ou de ... La liste est longue et souvent sans grand intérêt.  Voire, en parler relèverait de l'indiscrétion.

 

C'est finalement la fantaisie de Jill à propos de Laurel et Hardy qui a emporté mon choix entre plusieurs hypothèses. Et comme je n'ai pu faire bref, je vous le livre en plusieurs épisodes :

 

Dans le cadre de leurs études, des camarades avaient pour leur professeur eu à faire une enquête auprès de personnes âgées vivant avec le minimum vieillesse. Une étude au croisement de l'économie et de la sociologie du travail et de la redistribution.

Leur travail d'enquête s'appuyait sur un questionnaire détaillé avec des questions à choix multiple puis des questions ouvertes, afin de permettre des comparaisons et des statistiques. Le troisième moment, un entretien libre, était le plus exaltant et le plus difficile.

Quand elles rentraient de ces journées, nous avions pris l'habitude à plusieurs copines de les accueillir à tour de rôle sur le lit d'une de nos chambres qui nous servait de canapé, autour d'un bon thé fumant.

Souvent elles s'effondraient et restaient de longues minutes sans rien dire. Nous respections ce silence dont elles avaient besoin, comme un sas de décompression. 

à suivre ...

 

Vos participations sont à signaler en commentaire de l'article du blog des Croqueurs de mots

où vous retrouverez aussi les autres participations

 

mon-bureau-d-etudiante---reduc1.jpg

mon bureau d'étudiante

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 07:30

 

1ère mise en ligne du billet 245 le 05/11/2009 17h30,

republié ce 22 juillet 2014 en écho à l'émission de France Inter de ce jour, Le Grand Bain : 

Indochine, l'imaginaire confisqué



Pour les Croqueurs de mots, voici dix mots pour les Mots de tête n°10 de Brunô.
Utiliser dans cet ordre dans un texte dont la forme et le sujet sont libres :
valise, bleu, travailler, pensées, train, éclatante, écrire, rêve, voyage, équivoque.


La toute petite fille descend prudemment l'escalier. Elle est encore toute ensommeillée. L'effervescence inhabituelle l'a tirée de son lit bien avant l'heure habituelle. Pas de valise en bagage, trop incommode, mais un gros sac polochon avachi sur la première marche.
Il est là, dans le contre-jour de l'entrée, dans son costume bleu de marin, plus vrai que sur les photos, ce grand frère qu'elle ne connaît pas, qui ne la connaît pas.
Il est parti travailler loin au-delà des mers, si longtemps. C'est une lettre qui lui a appris sa naissance.
Il ne la connait que sur ces papiers glacés sépia, et elle ignore à quel point elle a occupé ses pensées, à quel point elle l'a aidé à tenir.
Le bateau l'a ramené au port. Il a pris le premier train. Il savait que son père l'attendrait à la gare.
Il était là sur le quai quand la micheline s'avançait sur les rails, éclatante mais silencieuse dans son habit d'émail et de chrome jaune et rouge, presqu'aussi fière encore que le jour de sa sortie d'usine.
Ils avaient enfin réussi à s'écrire. Leur correspondance avait permis au fils de renouer prudemment un lien bien malmené avant son départ. Les lettres envoyées au fils avaient permis au père, par la médiation de la distance et du temps, de faire connaissance avec lui-même autant sinon plus qu'avec ce fils, devenu loin de lui cet adulte dans la lumière du matin.
La toute petite fille ne sait rien de l'épreuve dont ils sortent tous deux grandis. Rien ne pourrait être comme avant. Rien ne serait dit. Elle observe cet inconnu qui lui est si familier, qui lui sourit en lui tendant la bécassine en mousse qu'elle a imaginé en rêve et qu'il ramène de son voyage tout exprès pour elle. Elle ne sait pas le sacrifice financier qu'il a dû faire pour cette acquisition. Le visage émerveillé de l'enfant malgré sa retenue compréhensible vaut déjà tout ce qu'il ne pourra pas acheter.
Est-ce seulement la poupée, où est-ce de lire la joie qui éclaire sa mère, son père, et ce grand frère surgi de nulle part ?
Entre le père et le fils, l'écriture a comblé la distance et l'absence, sans plus d'équivoque. Ils savent qu'un temps est celui d'avant, qui ne saurait être changé. Mais ils savent que la vie est devant eux, encore à construire.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 07:40

 

Croqueurs et tous les amateurs qui aiment jouer avec les mots

à pleines dents ou bouche édentée* ...

 

Oui, le défi n°128 est affiché à la hune du navire de chez M'amzelle Jeanne, et plus précisément ICI sous le signe des Sentiments, mais pas n'importe lesquels allez voir.

 

qu'on se le dise et qu'on affute les crayons,

qu'on emplisse les encriers,

qu'on mette nos imaginations en ébullition,

ou qu'on se laisse aller au fil des livres ...

 

* la bouche édentée en ce moment c'est toujours moi mais je suis ravie d'avoir enfin trouvé un novueau dentiste  

 

croqueurs

(clic sur l'image pour accéder au Blog des Croqueurs de mots)

 

Prévenez M'amzelle Jeanne et la Coquille de vos participations

***

*

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 Ephéméride de ce jour

 

et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

"Tous les matins du monde sont sans retour"

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