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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 04:00

 

Oyez, oyez les CROQUEURS DE MOTS : le défi n°108 est en vue chez Mam'zelle Jeanne qui nous a concocté une feuille de route à écrire et à découvrir sur son blog dès ce lundi matin.

à publier lundi 7 octobre, sans oublier, si et si seulement vous le désirez, les jeudi en poésie libres ou, à votre initiative, en lien avec le défi.

avatar-blog-1170648801-tmpphpMB7iXu croqueurs

***

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 05:00

 

C'est ABC qui propose le défi n°107 des CROQUEURS DE MOTS

 

Elle attendait debout en retrait qu'ils aient fini le repas. Alors seulement elle pouvait manger à son tour. Souvent il ne restait que du pain et quelques légumes dans un reste de bouillon. Il arrivait qu'il ne reste rien.

Ces jours-là, après la vaisselle, elle se mettait à la fenêtre au dessus de la place vide. Alors, elle lui faisait l'offrande de quelques larmes.

Vide ? Ce n'était pas tout à fait vrai.

Vous ne voyez rien vous non plus ?

Elle si, un petit lutin, comme ceux qui logent dans une certaine bibliothèque. Il accourait avec son grand sac.

- Que ramasses-tu donc ? avait-elle osé lui demander l'une des premières fois qu'elle l'avait aperçu.

- Des riens du tout.

- ???

- Ce sont les larmes des chagrins de ceux qui n'ont rien à manger. Regarde mon sac : il est plein de ces riens.

- Et c'est pour quoi faire ?

- Oh tu sais, il y en a tant et tant que les mers vont bientôt déborder. Alors je les emmène près du soleil pour qu'ils s'évaporent en goutelettes d'eau douce.

Leur sel est recueilli, consolé, pour devenir le sel de la vie* et l'eau douce sert à fleurir les déserts, pour que les fleurs donnent des fruits, et pour qu'il y ait moins de riens du tout.

Depuis, elle évitait d'arroser l'eau de vaisselle de ses larmes pour donner ses riens du tout au lutin au grand sac.

 

 article_photo_1320707220085-1-HD_desert-en-fleurs_20minute.jpg

photo trouvée par Internet sur cet article du journal 20minutes : Le désert d'Atacama est en fleurs comme jamais depuis 20 ans

 

* Petit clin d'oeil au si joli livre de Françoise Héritier, Le sel de la vie

.

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 08:30

 

Le défi n°107 des CROQUEURS DE MOTS*

est lancé depuis le bateau d'ABC

 

publication lundi prochain (23) selon ses consignes

 

et si le coeur vous en dit (sans obligation), vous pouvez proposer un poème les jeudi 19 et 26.

Le thème en est libre. On peut s'inspirer de celui du défi.

 

 

Bon ce n'est pas tout Ca ! Qui se charge du défi n°108 ?

Sur les 527 blogs qui se sont inscrits, et ceux qui sont ailleurs, on va bien trouver le moyen d'établir un planning, à condition de prévenir quelque peu à l'avance et d'accorder ses violons entre nous.

 

 

* NB : étant donné l'évolution de la plateforme de blog de OB et la disparition programmée des communautés de blogs, il n'est pas besoin d'avoir son blog sur cette plateforme, un certain nombre ont déménagé ailleurs, ni même d'être inscrit dans la communauté des CROQUEURS DE MOTS si participer à ce défi vous tente.

 

avatar-blog-1170648801-tmpphpMB7iXu croqueurs

*

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 07:20

 

 

Le Défi nouveau est arrivé :

à l'affiche sur le blog de notre Amirâle Tricotine 

 

A L'ABORDAGE ! Défi n°106

 

lancement annoncé depuis comme il se devait La coquille des Croqueurs de mots

 

avatar-blog-1170648801-tmpphpMB7iXu croqueurs

 

Je ne vous en dis pas plus. A vous d'aller aux nouvelles de notre dernière feuille de route. 

 

Dernière ? J'espère que non, aux Croqueurs de s'organiser

 

Et comme il est question de Lettre d'adieu, je vous rappelle ma lettre qui n'est pas du tout d'adieu puisqu'elle marque le début d'une belle histoire) :

 

Mon cher Mimi pour Mil et Une,

 

passée relativement inaperçue en cette pré-rentrée sans doute bien occupéé, qui plus est perturbée par des bugs ou de la maintenance non annoncée sur Over-blog.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 02:00

 

Dernière escale des CROQUEURS DE MOTS avec le défi n°105 piloté par l'Amirâl historique Brunô, avant une pause d'été. Mais pas de point final, les défis continuent à la rentrée et les nouvelles candidatures seront bienvenues.

Pour tous renseignements s'adresser au bureau du port, je veux dire La Coquille.

 

Consigne : "A partir du tableau de Balthus, le peintre et son modèle, donnez libre cours à votre imagination, en prose ou en vers ... Les choix sont multiples, ouverts et libres."

 

(lui)

Elle est marrante la greluchette. Franchement, elle ne doute de rien à vouloir faire le modèle. Qui a bien pu lui fourrer cette idée dans son crâne ? Regardez-moi ses guiboles toutes maigrichonnes. Y a pas de formes là-dessus. Cet air d'enfant naïf, comment savoir sous ce sac ? Elle est nippée comme l'as de pique. J'espère qu'elle est majeure au moins ! Pourquoi veut-elle gagner des sous déjà ? Ah oui, pour ses cours de théâtre. Et des inscriptions à des concours. Qu'elle semble studieuse en m'attendant, à lire ainsi avec cette attention ! De la géométrie en plus !

Elle arrive bien trop tôt. Je lui avais dit 13 heures. Après tout, je vais mettre le retardateur pour quelques clichés, on verra bien. 

- Puisque vous prenez des cours de comédie, mademoiselle, imaginez que vous êtes en train de lire une lettre de rupture. Non, non restez par terre c'est bien comme ça. Je veux juste l'expression. Prête ? 30 secondes, rafale. C'est parti ... Ah zut, le rideau n'est pas assez ouvert. Que le soleil est haut ! Il est si tard ?

 

Clic, clic, clic, clic, clic ....

 

(elle)

Si j'avais su qu'il dormait si longtemps, je lui aurais proposé 14 heures ou 15. Cela m'aurait laissé le temps de finir mes révisions.

Quel regard bizarre quand il m'a ouvert sa porte ! Il m'a traversé comme si j'étais transparente !

Je lui avais bien dit à ma copine, que je n'avais pas un corps de modèle. Pourvu qu'elle ne dise rien à ma mère, elle serait capable de le répéter à mon père. Et à imaginer n'importe quoi ! Ce que je veux, c'est peindre. Faire les Beaux Arts. Pas être peinte. Mon père m'a dit, si tu veux faire des études, d'accord, mais c'est pour avoir un vrai métier. Pour les frais accessoires, tu te débrouilles.

Il lui en a fallu du temps pour émerger ! Allez, vite mon bonhomme ! Demain, j'ai les premières épreuves pour architecture et je voudrais bien me coucher tôt. Et ne juge pas ma personne, si tu crois que tu as un corps d'Apollon ! Tu me tourne le dos dans le contre jour. C'est sûr, ça peut faire illusion. Quel âge peut-il avoir ? 40 ans ? En tous cas, c'est un vieux. Est-ce de lui, cette lettre de rupture imaginaire ? vite chassons cette idée, je sens monter le fou rire.

 

Clic, clic, clic, clic, clic ....

Jeanne Fadosi, pour le défi n°105 des CROQUEURS DE MOTS

 

Balthus, peintre figuratif français du XXe siècle, 1908 - 2001

et si par curiosité, vous voulez avoir une histoire plus vraie de ce tableau, j'ai trouvé cet extrait d'un livre de Adélaïde Russo, Le peintre comme modèle, du surréalisme à l'extrême contemporain, Perspectives, Septentrion, presses universitaires, 2007. Dans cet extrait, Adélaïde Musso fait référence au récit de François Rouan, artiste plasticien et essayiste, Balthus ou son ombre, éd Galilée, 2001

à lire aussi, cet article du Point du 31/08/2001, peu de temps après la mort du peintre et à l'occasion d'une exposition Balthus à Venise

 

Piero_della_Francesca_Ideal_City.jpg

Ci-dessus, en clin d'oeil à l'architecture, La cité idéale, longtemps attribuée à Piero della Francesca (1420–1492) , l'une des références de Balthus, puis à  Luciano Laurana et maintenant à Francesco di Giorgio (1439–1501)

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 06:55

 

Faut-il maintenir le suspens plus longtemps ? Ou grâce aux petits cailloux semés par Tricôtine et Eglantine-Lilas, vous aviez peut-être comme moi, envie que votre intuition devienne réalité ?

 

Eh oui, c'est l'amirâl honoraire Brunô qui reprend du service pour une croisière de loisirs

 

Le sujet du défi n°105 est donc à découvrir chez Brunô.

Les thèmes des jeudi en poésie sont des suggestions (assez tentantes je dois avouer) qui ne sont absolument pas obligatoires. Si vous avez envie d'utiliser cette vitrine poétique pour mettre en ligne un poème sur l'hiver ou le temps qui passe trop vite ou ... Libre à vous.

 

Non ! je ne vous mets pas le lien direct vers l'article du défi, ceux qui ne connaissent pas Brunô peuvent utiliser quelques minutes à découvrir ce qu'il met sur la Toile du Web.

 

Voilà, il n'y a plus qu'à ! ...

et je me dépêche de finir cet article en entendant les premiers roulements de tonnerre car je vais éteindre l'ordi et débrancher le téléphone, la télé et la box.

 

Attention ! pas de précipitation

sur vos petites machines électroniques :

vérifiez la météo et les alertes de vigilance :

Risque d'orages très violents : alerte orange pour 8 départements de l'Ile de france 5 départements de l'ouest de la France ...

liste non limitative !!!

 

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 06:00

 

C'est Eglantine-Lilas qui s'y colle chez les CROQUEURS DE MOTS pour ce défi n°104 et avant dernier avant les vacances d'été.

SOS, la terre, y a-t-il un cap'tain de quart pour nous conduire au ponton n° 105, avant de nouvelles réjouissances pour la rentrée ?

 

Ma petite participation, comme souvent, fait un pas de côté. Mais je pense que vous ne m'en voudrez pas trop.

 

Panique dans la Basse-Cour !

 

Les poules, les oies, les canards, les dindes et les dindons, les pintades ... même le couple de paons ! Tout ce petit monde bien ordonné avait l'habitude depuis longtemps d'être réveillé aux aurores, d'entendre le chant de gloire au soleil du zénith ou de se mettre à couvert, celui du soir qui donnait le signal du repli pour la nuit.

Quand les experts agricoles avaient prôné deux coqs, ils avaient accueilli la suggestion avec scepticisme, mais s'étaient laissés convaincre. Un prêt à taux conventionné valait bien cette concession.

Mais ces deux-là ! leur rivalité les avait rapidement conduit à une surenchère désordonnée ! Le résultat escompté n'était pas au rendez-vous. Non seulement les poules ne pondaient pas davantage, mais c'était quand elles pouvaient et où elles voulaient, au lieu d'aller sagement au pondoir à leurs heures. Quand on les mettait à couver, c'était pire. Avec deux coqs, la moitié des oeufs étaient clairs ! Allez comprendre !

Et puis les nouveaux voisins s'en étaient mêlés : ceux-là, des "rurbains", comme les gens du cru les nommaient avec un mélange de respect, d'envie, et de condescendance, voilà qu'ils ont demandé au maire que cesse le vacarme de la ferme !

Alors, quand la nouvelle consigne les obligea à conduire leurs volailles à l'abattoir de la ville à 20 kilomètres d'ici, ce fut l'exigence de trop. Ils venaient de faire refaire de fond en comble leur laboratoire, à grands frais, en s'endettant à nouveau pour dix ans.

Leur Basse-Cour, leur fierté, dont on venait chercher de loin les plus belles dindes et oies pour la noël, il ont décidé de s'en séparer. Comme ça au coeur d'une nuit d'insomnie. Sur l'oreiller.

Un crève-coeur compensé par la perspective d'une semie retraite bien méritée. Le verger leur laisserait des loisirs à apprivoiser.

Le dernier matin, ce fut un beau chari-vari qui s'entendit à plus de trois cents mètres à la ronde.

Suivi du silence ...

Et depuis, les voisins se plaignent de l'ennui de la campagne.

 

Toute ressemblance avec ... blabla etc, ne serait pas forcément fortuite. Petit clin d'oeil sans aigreur, juste comme ça, en toute sympathie, si certains se reconnaissent.

 

poules---reduc.JPGpoulettes---reduc.JPGcoq1---reduc.JPGcoq2---reduc.JPG

 

basse-cour-a-deux-coqs---reduc.jpg

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 09:00

 

Oyez, oyez les CROQUEURS DE MOTS ! la destination du Défi n°104 a été révélé ce matin chez Églantine-Lilas sous la haute et dilettante (petit mot affectueux) autorité de Tricôtine, toujours bien occupée hors des blogs. Sa vigilance en est d'autant plus méritoire.

Il reste un défi avant les vacances d'été et une pause sous le soleil (Hmmm vous croyez ?) alors qui se jette à l'eau pour tenir la barre du 105.

enfin quand je dis "se jeter à l'eau" mieux vaut ne pas le prendre au mot. Pour tenir la barre, mieux vaut rester sur le pont et même prendre de la hauteur car le navire est grand pour une petite Coquille.

 

Je suis comme LénaÏg et préfère découvrir un sujet soumis par un autre mousse de la Coquille. et même si les 531 inscriptions ne sont pas toutes dotées de rames, la coquille devrait bien trouver un ou une petit(e) rameur(se) volontaire et des propositions pour la rentrée. J'espère bien que l'aventure va continuer ...

 

Nous sommes bien loin d'avoir exploré tout l'univers ou les multivers des mots !

 

le-defi

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 02:00

 

Deux sujets au choix chez Fanfan pour ce défi n°103 des CROQUEURS DE MOTS sous la tutelle cool et confiante de Tricôtine.

Je suis sûre que des aminautes tricoteront des textes divers et inattendus à partir des titres de Tino Rossi, le payse de Fanfan, chanteur-interprète de charme de son état. J'ai eu peur de faire fuir le soleil pour toute cette année en invoquant petit papa noël à la veille du mois de juin.

J'ai donc opté pour la manière de Pérec : "Je me souviens". A vrai dire, le choix était déjà fait quand j'ai entendu François Morel se souvenir, non seulement de Geroges Moustaki qui vient de tirer sa révérence à la grande farce de la vie, mais qui s'est souvenu aussi et a fait dénicher par les archivistes un enregistrement de "Sans la nommer"    ...    en langue corse.

 

J'ai écrit plein de je me souviens ... au point d'être obligée de faire des tris et des choix. Alors, comme ce dimanche est parait-il "la fête des mères", voici ma petite participation :

 

 

Je me souviens de la joie dans la maison quand mon père et ma mère, à la fin d'un repas de fête, se mettaient à chanter en choeur le célèbre duo de l'opérette Rose-Marie1 (Chant indien en français)

Je me souviens des étoiles dans les yeux de ma mère lorsqu'elle évoquait la sienne, perdue trop tôt à l'aube de son adolescence.

Je me souviens du voile qui ombrait fugacement ceux d'une de mes tantes lorsque je lui demandais avec la cruauté ingénue de mes sept ans pourquoi elle n'avait pas d'enfant.

Je me souviens de cette autre tante, adorable avec sa nièce de trois pommes, arborant fièrement son célibat en insistant sur le mademoiselle à l'âge où on lui servait du madame par déférence.

Je me souviens de cette réfugiée cambodgienne, me disant la paix que lui procurait la contemplation du fil de l'eau, alors que nous promenions mon dernier-né après la leçon de piano qu'elle venait me donner depuis Paris pour survivre.

Je me souviens du ton atone pour me dire sa vie d'avant, sa mère au pays, son terrible exil.

Je me souviens dans une salle d'attente de l'hôpital des enfants malades, cette mère déroulant délicatement les bandes des tout petits, bien trop petits pieds de sa petite fille , sous l'oeil réprobateur du père, jusqu'à la peau cyanosée, à la limite de la nécrose, comme pour témoigner devant le monde ...

Je me souviens que ce n'était pas au début du XXème siècle et en Chine, mais en 1982, en France2.

Je me souviens de cette femme lasse dans le RER, dégustant un yaourt en se servant du couvercle comme d'une cuiller.

Je me souviens, tenant ma toute petite, mon aînée dans les bras pour la première fois, d'avoir oublié les heures précédentes, et même d'avoir oublié que j'avais pensé, au plus fort de cette attente difficile et douloureuse : "mais qu'est-ce que je f... dans cette galère ?"

 

1 Rose-Marie, opérette américaine créée à Broadway en 1924

2 voir pieds bandés (article de wikipedia) ou ce dossier - les pieds bandés, fort bien documenté ou celui-ci aux photos saisissantes ou encore cette traduction du témoignage d'une femme médecin chinoise

 

Pour toi maman qui est dans nos coeurs, pour toi ma fille, pour vous mes fils

mère et fille 30 ans après

 

et toujours, à toutes les mères courage

.

ps, je n'utilise pas twiter mais il parait que depuis jeudi dernier il y a un concours de twits à la manière de Perec

.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 02:00

 

Défi n°102 des CROQUEURS DE MOTS piloté par notre maitresse d'école Jill Bill :

Thème du défi pour le lundi 13 mai 2013... « Un humour de tableau » Refait au rigolo

Les célèbres glaneuses de Millet

A vous de le faire parler...

Poème, prose, drôle, même sérieux, selon votre coeur Les Croqueurs !

Programmez la voile le 13 mai à 8 heures !

 

Les-glaneuses-de-Millet_comicJB.jpg

 Fantaisie d'après les Glaneuses, de Millet, huile sur toile 1857 (en vignette si-dessous, clic pour l'agrandir), par le peintre grafeur Bansky

Jean-Francois_Millet_-_Gleaners_-_Google_Art_Project_2.jpg

 

Approches, Jill, ce que j'ai à te raconter est confidentiel. chut hein, promis, tu ne cafte pas .

Il était une fois, il y a ... presque cinquante ans, une toute jeune fille timide et mortifiée attendait pleine de trac son tour pour son derniel oral de BEPC. Celui d'anglais ne s'était pas aussi bien passé que ce qu'elle en attendait. Elle s'en tirait avec un petit 11.

Mais comment faire comprendre à un monsieur, fan de trains à vapeur et de français académique, que ce n'était pas le mot anglais de tender qui lui avait posé question, mais le mot français dont elle ignorait l'existence et qu'il voulait à tout prix lui faire dire. On disait tender ici aussi quoi d'autre ?

 

Te souviens-tu, Jill, tu m'as fait part que tu n'étais "Pas fan de Vincent".  Et même que je t'avais répondu :

"C'est le diversité des goûts qui fait avancer l'art. J'aime la peinture de van Gogh pour des raisons d'enfance et parce que j'aime sa façon de transformer sans transformer et de sublimer les couleurs."

Et je pensais à ces jaunes orangés, à ses bleus, à ses verts ...

 

Dis, Jill, ce n'est pas ta fumée de cigarette qui a assombri le "remake" de Vincent, des fois ? Regardes ! Elles tournent le dos à la voie de chemin de fer. Un train vient sans doute de passer entre l'Oise et la falaise. Moi qui te vantais les couleurs de Vincent !

 

Van_Gogh-Femmes_Champ.jpg

Femmes aux champs, de Vincent van Gogh, d'après les glaneuses, de Millet

 

 La toute jeune fille est entrée dans la salle de classe. Un quart d'heure pour préparer l'épreuve, un quart d'heure d'oral. Le texte support parlait de l'art sous le IIIe Reich de l'Allemagne nazie.

Elle s'était attendue à un vieux barbon grincheux mais l'examinatrice était jeune et plutôt jolie, de quoi lui redonner un peu de confiance. Wagner et sa récupération par Hitler, la photo et le cinéma comme outil de propagande, l'utilisation des compétences des prisonniers pour des séances récréatives dans les stalags, elle avait de quoi alimenter une discussion sur le sujet ...

C'est le vocabulaire qui lui manquerait. Il faut avouer qu'ils en savaient plus sur le nom des fées, des elfes et autre peuple de légendes que le nécessaire pour soutenir une conversation courante ou pour disserter sur l'art sous un dictateur.

La candidate a résumé maladrotiement le sens général du texte, décliné les arts : musique, théâtre, cinéma, peinture ...

Une question, évidemment en allemand, lui demandant de citer des peintres, un peintre. (Ne me demande pas de traduire Jill, il y a longtemps que je n'en suis plus capable).

Blanc.

Elle aimait bien la peinture, la petite jeune fille. Elles feuilletait des revues d'art et des livres de reproductions quand elle le pouvait. Elle était même allée au musée. Mais là, de but en blanc, aucun nom ne lui venait. Vite, vite dire quelque chose, n'importe qui, ne pas laisser ce silence. (dire Paul Klee ... , non, je ne le connais pas assez).

Fermer les yeux pour s'évader dans une allée bordée de cyprès, par une nuit étoilée ...

Van Gogh, ... euch ich liebe,... nein ...euh, ... ich möge, ich lieber möge Van Gogh.

 

Mauvaise pioche ! cette créature sortie d'une couverture glacée de magazine s'est engoufrée dans sa proposition pour lui décliner, évidemment en allemand, en gros et en détails les raisons pour lesquelles elle n'aimait pas la peinture de Van Gogh.

Faire profil bas, opiner du chef, acquiescer du bout des lèvres d'un ya quand elle avait envie de dire que si, mais si ! un cyprès, un peuplier, pouvaient être tordus par un vent d'orage, que les couleurs y éclataient alors dans la lumière luisante de pluie ...

Le quart d'heure était passé. Elle n'avait pas pu placer un mot, même en français.

Dire aufwiedersehen mademoiselle, sortir tranquillement, sobrement, comme si de rien n'était. Partir le plus loin possible hors de vue des censeurs. Laisser enfin crever le fou rire qu'elle réprimait depuis que l'examinatrice lui avait dit sa note.

Très bien mademoiselle, je vous remercie. Vous aurez 14.

 

Notes : La culture sous le Troisième Reich ; l'article wikipedia sur l'art dégénéré

 

 

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(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

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