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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 08:55

 

« Gabriel Péri »

Un homme est mort qui n’avait pour défense 

Que ses bras ouverts à la vie

Un homme est mort qui n’avait d’autre route

Que celle où l’on hait les fusils

Un homme est mort qui continue la lutte

Contre la mort contre l’oubli

 

Car tout ce qu’il voulait

Nous le voulions aussi

Nous le voulons aujourd’hui

Que le bonheur soit la lumière

Au fond des yeux au fond du cœur

Et la justice sur la terre

 

Il y a des mots qui font vivre

Et ce sont des mots innocents

Le mot chaleur le mot confiance

Amour justice et le mot liberté

Le mot enfant et le mot gentillesse

Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits

Le mot courage et le mot découvrir

Et le mot frère et le mot camarade

Et certains noms de pays de villages

Et certains noms de femmes et d’amies

 

Ajoutons-y Péri

Péri est mort pour ce qui nous fait vivre

Tutoyons-le sa poitrine est trouée

Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux

Tutoyons-nous son espoir est vivant.

Paul Éluard, Au rendez-vous allemand, Paris, 1944

 

 

Paul Eluard, poète français, 1895 - 1952

Gabriel Péri, journaliste et homme politique français, 1902 - 1941,

mort fusillé comme otage par les nazis au mot Valérien le 15 décembre 1941


NB, c'est  le dernier message de Gabriel Péri qui a servi de base à un autre poème, de Louis Aragon cette fois : Ballade de celui qui chanta dans les supplices

.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 06:00

 

Alors qu'Automne va laisser officiellement sa place à Hiver, juste le nez au vent des CROQUEURS DE MOTS, se souvenir de ses fragrances

 

Automne,

 

Odeurs des pluies de mon enfance

Derniers soleils de la saison !

A sept ans comme il faisait bon

Après d'ennuyeuses vacances

Se retrouver dans sa maison !

 

La vieille classe de mon père,

Pleine de guêpes écrasées,

Sentait l'encre, le bois, la craie

Et  ces merveilleuses poussières

Amassées par tout un été.

 

Ô temps charmant des brumes douces,

Des gibiers, des longs vols d'oiseaux.

Le vent souffle sous le préau,

Mais je tiens, entre paume et pouce,

Une rouge pomme à couteau.

 

René-Guy Cadou, 

 

René-Guy Cadou, 1920 - 1951, poète français

 

derniers coings reduc

 

un poème qui était programmé :

Deux vers de ce poète  pour compléter, à l'intention de Jill Bill et de sa famille :

 

« Je ne ferais que quelques pas sur cette terre

[ ... ]

Le temps qui m’est donné, que l’amour le prolonge.»

René Guy Cadou

 

 

 

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 06:00

 

Cétautomatix, depuis la Coquille des CROQUEURS DE MOTS, nous menant par le bout du nez pour ce Défi n°113, je ne pouvais pas faire autrement que de rééditer ce blason qui figure dans le recueil de poésies que les éditions Gallimard consacrent à Louise Labé et Pernelle de Guillet, à la page 140 et 141

 

Le nez

 

Ô noble nez, organe odoratif,

Du corps humain membre décoratif,

Te blasonner je ne saurais me taire,

Car sur tous membres es le plus nécessaire :

Pour ce, t'es dû degré superlatif ;

A te louer on dût t'être inventif,

Car en toi gît le miroir de nature

Le los(3), le prix d'humaine pourtraiture,

L'aornement du corps réparatif.

Ton excellence, ta grand' beauté, ta grâce,

T'ont fait loger au milieu de la face ;

Bien t'appartient en lieu tant authentique,

Car ta présence rend la face angélique :

C'est par toi seul que la face reluit,

C'est par toi, Nez, qu'elle a louange et bruit

Par tout le monde, et qu'elle est si plaisante,

A tant chacun tant délectable et gente.

Ô noble nez, seul et souverain bien

Du corps humain, tant que sans toi n'est rien,

Ains(4) est déforme, hideux, épouvantable,

Et cinq cents fois plus qu'un monstre exécrable,

Nez ennemi d'infect puanteur,

Grand adversaire de mauvaise senteur,

Rien ne te plait qui ne soit redolent(5),

Tant es gentil, délicat, excellent ;

Nez, douce entrée d'amoureuse pointure,

Nez, des amants la vraye nourriture,

Ô Nez bien fait, Nez reconsolatif,

Nez mignonnet, ô Nez récréatif,

Nez singulier, plaisant et gracieux,

Nez condescent, ô trésor précieux,

Nez , jugement de bon et mauvais vin,

Nez,  argument du grand pouvoir divin ;

Ô Nez, vrai juge d'imparfait et parfait !

Conclusion : Nez, sans faire grand plaid,

Sur tous membres guidon et capitaine,

De toi seul prend toute beauté mondaine.

J. N. d'Arles(2), contribution aux blasons anatomiques du corps féminin(1)

 

(1) Les blasons sont nés à l'initiative de Clément Marot qui a lancé un concours lors d'un exil à Ferrare. Succès immédiat qui a donné lieu à un recueil constamment réédité et enrichi de 1536 à 1554.

Ces blasons, d'une grande liberté de ton, conforme en cela à l'esprit de ce temps, beaucoup moins prude que le nôtre, sont le contre-point des textes de Pernette du Guillet et de Louise Labbé qui subliment, chacune selon sa sensibilité, les relations entre les sexes.

 

(2) J. N. d'Arles ou Darle. Nous ne savons rien de plus de ce poète qui a peut-être usé d'un pseudonyme (Eh oui, on a pas attendu Internet pour les pseudos)

 

(3) los : louange

 

(4) ains : mais

 

(5) redolent : de bonne odeur

 

505px-Cleopatra with the Asp (1630); Reni, Guido

La mort de cléopâtre par Guido Reni, 1630, emprunté à Wikipedia, clic sur l'image pour en savoir plus

 

Selon Blaise Pascal,

" le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court,  toute la face de la terre aurait changé. "

 

 

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 18:00

 

Pour rester avec les poules pour Lenaïg et son défi n°112 des CROQUEURS DE MOTS

 

La jeune poule et le vieux renard.

 

Une poulette jeune et sans expérience, 

En trottant, cloquetant, grattant, 

Se trouva, je ne sais comment, 

Fort loin du poulailler, berceau de son enfance. 

Elle s'en aperçut qu'il était déjà tard. 

Comme elle y retournait, voici qu'un vieux renard 

A ses yeux troublés se présente. 

La pauvre poulette tremblante 

Recommanda son âme à Dieu. 

Mais le renard, s'approchant d'elle, 

Lui dit : hélas ! Mademoiselle, 

Votre frayeur m'étonne peu ; 

C'est la faute de mes confrères, 

Gens de sac et de corde, infâmes ravisseurs, 

Dont les appétits sanguinaires 

Ont rempli la terre d'horreurs. 

Je ne puis les changer, mais du moins je travaille 

A préserver par mes conseils 

L'innocente et faible volaille 

Des attentats de mes pareils. 

Je ne me trouve heureux qu'en me rendant utile ; 

Et j'allais de ce pas jusques dans votre asile 

Pour avertir vos soeurs qu'il court un mauvais bruit, 

C'est qu'un certain renard méchant autant qu'habile 

Doit vous attaquer cette nuit. 

Je viens veiller pour vous. La crédule innocente 

Vers le poulailler le conduit : 

A peine est-il dans ce réduit, 

Qu'il tue, étrangle, égorge, et sa griffe sanglante 

Entasse les mourants sur la terre étendus, 

Comme fit Diomède au quartier de Rhésus. 

Il croqua tout, grandes, petites, 

Coqs, poulets et chapons ; tout périt sous ses dents. 

La pire espèce de méchants 

Est celle des vieux hypocrites.

 

Jean-Pierre Claris de Florian, Fable XVII, Livre II, 1792.

 

Jean-Pierre Claris de Florian, poète et fabuliste, 1755 - 1794

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 06:00

Pour Lenaïg qui tient la barre des CROQUEURS DE MOTS au défi n°112

Je reste sur l'air de la poule

 

La Poule aux oeufs d'or

 

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.

Je ne veux, pour le témoigner,

Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,

Pondait tous les jours un oeuf d'or.

Il crut que dans son corps elle avait un trésor.

Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable

A celles dont les oeufs ne lui rapportaient rien,

S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

 

Belle leçon pour les gens chiches :

Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus

Qui du soir au matin sont pauvres devenus

Pour vouloir trop tôt être riches ?

Jean de la Fontaines, Fables

 

Et pour ceux qui avaient espérer que j'avais abandonné l'envie de parler poules eh bien c'est raté CLIC

Ca, ce n'est pas "quand les poules auront des dents mais en Avignon en 2007

Quant à Chicken Run qui a enthousiasmé petits et grands à sa sortie, c'est presque la préhistoire ! pensez donc, janvier 2000. La fin de l'autre siècle, ça ne pouvait pas être le début du nouveau, n'est-ce pas ?

 

la-poule-aux-oeufs-d-or.jpg

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 06:00

 

"Quand les poules auront des dents ..." suggestion de Lenaïg pour le Défi n°112 des CROQUEURS DE MOTS.

Pour continuer dans la veine de cette semaine (25 novembre, Le monde d'Edmonde, ...) et du défi précédent.

voici une chanson consignée dans le cahier noir de mon père, pendant qu'il faisait son service militaire à Agadir au milieu des années 1920. Chansons entendues à la radio balbutiante pendant ses heures de repos, alors qui'l était lui-même technicien-radio.

 

L’assommoir

 

La dernière tournée encore un petit verre

A la tienne mon vieux vas-y t’es un frère

Et le roi bistro verse le vitriol

A ces pauvres fous assoiffés d’alcool

Neuf heures faut rentrer au logis en somme

Dit l’un d’eux. Tu n’es pas un homme

Quoi est-ce qu’on ne fait plus le samedi

A la sociale. Vite deux marcs bien servis

Avec ses petits sa femme ‘attend

Il rentre et leur dit le cœur content

 

Eh ben quoi ! Eh ben quoi ! ben me v’la

J’ai un peu bu oh ça j’dis pas

On a tout fait une bonne semaine

Ou il y a du plaisir ya pas de gêne

Viens poupoule quand j’ai bu un peu

Tu sais bien que j’suis amoureux

Elle dit en s’donnant j’te pardonne

Mais faut pas r’commencer mon homme

 

Mais le vice le tient jusqu’à ce qu’il roule

Dans tous les bistros maintenant il se saoule

Petit à petit maintenant tous les soirs

L’argent du ménage passe à l’assommoir

Les enfants et moi nous ne pouvons plus vivre

Tu n’es pas honteux d’être toujours ivre

Lui dit-elle Enfin chez nous y a plus de pain

On sera à la rue peut-être demain

Cette vie-là ne peut plus durer

Soudain l’homme furieux s’est redressé

Eh ben quoi ! Eh ben quoi ! ben me v’la

J’ai un peu bu oh ça j’dis pas

D’abord à toi j’te dois pas d’compter

Après tout ce n’est pas une honte

Eh ! ben qu’est-ce t’a à me r’garder

Tu vas voir que ça va barder

Si tu ne finis pas tes géries

J’m’en vas te r’dresser Amélie

 

Il a tout plaqué il ne trouve plus d’place

La saison s’en va le mal le terrasse

Il perd la santé criant qu’il s’en fout

Faut qu’il boive quand même il est toujours saoul

Oui mais l’ivresse a pour sœur la folie

Un jour il est pris par l’épilepsie

Et les yeux blancs, raide, il est tombé

Ecumant devant les siens terrifiés

A l’hôpital il faut qu’on le transporte

Murmurant pendant que l’délire l’emporte

J’ai trop bu oh ! ça j’dis pas

Guérissez-moi j’vous en supplie

Je vous jure que je n’recommencerai d’ma vie

Combien d’hommes ainsi chaque soir

Tombent assommés par l’assommoir ?

Plus d’alcool fermez l’officine

Il y aura moins de pleurs, moins de ruines.

Agadir, 8 février 1924 ???? (ou 8 décembre 1924 ou 8 février 1925 ?)

paroles de Delormel et Georgel, musique de René de Buxeuil

 

Ecrit à côté du titre (chanson vécue)

 

Bonus en complément : Le diable dans la bouteille, de Juliette, 2013 suggéré judicieusement par Emma

 

Raffaelli_Jean_Francois_The_Absinthe_Drinkers_1880-81.jpg

Jean-François Raffaëlli, Les buveurs d'absinthe, 1880-81

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 06:00

 

Pour le second jeudi en poésie du défi n°111 des CROQUEURS DE MOTS, piloté par Eglantine-lilas, j'ai eu envie d'évoquer ceux qui n'ont, de tous temps, pas les moyens d'aller au café, à travers deux chansons qui se font écho l'une l'autre

 

le poème La grasse matinée, de Jacques Prévert, mis en musique par Joseph Kosma, paru dans le recueil Paroles en 1946, au lendemain d'une guerre et chanté par Montand ou Mouloudji ou encore Marianne Oswald

 

et cette chanson de 1914, dont j'ai mis en ligne les paroles en entier ICI

 

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit, 

Tout’s sort’s de gueux se faufil’nt en cachette 

Et sont heureux d'y trouver une couchette, 

Hôtel du courant d’air, où l’on ne paie pas cher, 

L’parfum et l’eau c’est pour rien mon marquis 

Sous les ponts de Paris. 

 

1er Refrain de Sous les ponts de Paris, 1914, paroles de Jean Rodor sur une musique de Vincent Scotto.

 

interprètes Aimé Doniat, Maurice Chevalier, Lucienne Delyle et Georgel, Albert Préjean**.

 

* Vincent Scotto, compositeur français, 1874 - 1952

Jean Rodor, parolier et chanteur français, 1881 - 1967

** Albert Préjean, acteur et chanteur français, 1894 - 1979, père de l'acteur Patrick Préjean

 

Paris Seine 18-12-2011 - reduc1

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 06:00

 

Sous les ponts de Paris

 

Pour aller à Suresnes ou bien à Charenton

Tout le long de la Seine on passe sous les ponts

Pendants le jour, suivant son cours

Tout Paris en bateau défile,

L' cœur plein d'entrain, ça va, ça vient,

Mais l' soir lorsque tout dort tranquille.......

 

Refrain:

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit,

Tout's sort's de gueux se faufil'nt en cachette

Et sont heureux de trouver une couchette,

Hôtel du courant d'air, où l'on ne paie pas cher,

L'parfum et l'eau c'est pour rien mon marquis

Sous les ponts de Paris.

 

A la sortie d' l'usine, Julot rencontre Nini

Ça va t'y la rouquine, c'est la fête aujourd'hui.

Prends ce bouquet, quelqu's brins d' muguet

C'est peu mais c'est tout' ma fortune,

Viens avec moi; j' connais l'endroit

Où l'on n' craint même pas l'clair de lune.

 

Refrain

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit

Comme il n'a pas de quoi s' payer une chambrette,

Un couple heureux vient s'aimer en cachette,

Et les yeux dans les yeux faisant des rêves bleus,

Julot partage les baisers de Nini

Sous les ponts de Paris.

 

Rongée par la misère, chassée de son logis,

L'on voit un' pauvre mère avec ses trois petits.

Sur leur chemin, sans feu ni pain

Ils subiront leur sort atroce.

Bientôt la nuit la maman dit

Enfin ils vont dormir mes gosses.

 

Refrain

Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit

Viennent dormir là tout près de la Seine

Dans leur sommeil ils oublieront leur peine

Si l'on aidait un peu, tous les vrais miséreux

Plus de suicid's ni de crim's dans la nuit

Sous les ponts de Paris.

 

Chanson de 1914, de Jean Rodor et Vincent Scotto

 

 Paris-pont-neuf---reduc.JPG

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 06:00

En écho à Sous les ponts de Paris, de Vincent Scotto et Jean Rodor, 1914,

pour le second jeudi en poésie du défi n°111 des CROQUEURS DE MOTS piloté par Eglantine-lilas

 

La grasse matinée

 

Il est terrible

Le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain

Il est terrible ce bruit

Quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim

Elle est terrible aussi dans la tête de l'homme

La tête de l'homme qui a faim

Quand il se regarde à six heures du matin

Dans la glace du grand magasin

Une tête couleur de poussière

Ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde

Dans la vitrine de chez Potin

Il s'en fout de sa tête l'homme

Il n'y pense pas

Il songe

Il imagine une autre tête

Une tête de veau par exemple

Avec une sauce de vinaigre

Ou une tête de n'importe quoi qui se mange

Et il remue doucement la mâchoire

Doucement

Et il grince des dents doucement

Car le monde se paye sa tête

Et il ne peut rien contre ce monde

Et il compte sur ses doigts un deux trois

Un deux trois

Cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé

Et il a beau se répéter depuis trois jours

Ca ne peut pas durer

Ca dure

Trois jours

Trois nuits

Sans manger

Et derrière ces vitres

Ces pâtés ces bouteilles ces conserves

Poissons morts protégés par les boîtes

Boîtes protégées par les vitres

Vitres protégées par les flics

Flics protégés par la crainte

Que de barricades pour six malheureuses sardines..

Un peu plus loin le bistrot

Café-crême et croissants chauds

L'homme titube

Et dans l'intérieur de sa tête

Un brouillard de mots

Un brouillard de mots

Sardines à manger

Oeuf dur café-crème

Café arrosé rhum

Café-crème

Café-crème

Café-crime arrosé sang !...

Un homme très estimé dans son quartier

a été égorgé en plein jour

L'assassin le vagabond lui a volé

Deux francs

Soit un café arrosé

Zéro franc soixante-dix

Deux tartines beurrées

Et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.

 

Jacques Prevert, Paroles, 1946

 

Jacques Prévert, poète et scénariste français, 1900 - 1977

Joseph Kosma, compositeur français d'origine hongroise, 1905 - 1969

 

L'écouter chanté par Marianne Oswald  ou Mouloudji (là je vais ressortir la platine pour écouter un vynile qui a vu bien des fois l'aiguille du tourne-disques ...

 

mesange-et-coucou-clown---reduc1.JPG

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 06:00

 

Puisque Eglantine-Lilas, dans le Défi n°111 des CROQUEURS DE MOTS, nous invite à faire causer les chaises d'un bistro, voici ce poème de Charles Cros (oui celui de l'Académie du même nom car elle a été créée en son honneur).

 

Au café.

 

Le rêve est de ne pas dîner, 

Mais boire, causer, badiner 

Quand la nuit tombe ; 

Épuisant les apéritifs, 

On rit des cyprès et des ifs 

Ombrant la tombe.

 

Et chacun a toujours raison 

De tout, tandis qu'à la maison 

La soupe fume, 

On oublie, en mots triomphants,

Le rire nouveau des enfants 

Qui nous parfume.

 

On traverse, vague semis, 

Les amis et les ennemis 

Que l'on évite. 

Il vaudrait mieux jouer aux dés, 

Car les mots sont des procédés 

Dont on meurt vite.

 

Ces gens du café, qui sont-ils ? 

J'ai dans les quarts d'heure subtils 

Trouvé des choses 

Que jamais ils ne comprendront. 

Et, dédaigneux, j'orne mon front 

Avec des roses.

 

Charles Cros*, Le collier de griffes (posthume, 1908)

 

Charles Cros, (1842-1888), poète et inventeur français

Vincent-Van-Gogh-terrasse-de-cafe-le-soir.jpg

Vincent Van Gogh, terrasse de café la nuit, 1888

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 Ephéméride de ce jour

 

et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

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