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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 06:00

~ Billet 79 ~
pour son 6ème lundi Arc-en -ciel, Dom a choisi le ...

Comment cela vous aviez deviné ?

Bien, cette couleur abonde dans la nature, mais sous nos latitudes, quelle est celle qui fait l'objet d'une attention toute particulière pour de nombreux jeunes enfants ?

Premier don d'enfant

Que cette fleur si ordinaire

Amour sans calcul

pissenlit du matin - reduc

pissenlit du matin

 

pissenlit du soir - reduc

pissenlit du soir

 

Et en clin d'oeil à mes Primevères en robes d'haïkus :


coeurs jaunes2 - reduc


Coeurs ensoleillés
Enchantent les soyeuses pétales
au printemps radieux

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 13:00

Billet 77  (publié initialement sous la rubrique "petits écrits ludiques" pour la communauté écriture ludique)

pour le jeu d'écriture ludique : Chroniques intimes

 

Humaine, rien qu'humaine  

 

 

Enfant de quelque part, enfant de nulle part

D'ici et de partout, d'un hameau, d'une maison

D'une région, d'une nation parmi près de deux cents

Sur l'infime poussière d'un brumeux univers.

Enfant né de l'union d'une femme et d'un homme

Dans leurs corps généreux d'un amour véritable,

Tu es un pont reliant les futurs au passé

A moins que ce ne soit les passés au futur.

Enfant de rien, enfant de tous,

Enfant de tout, enfant du vent

De la pluie, du soleil, de la nuit, de la vie.

Différent et semblable, tu te crois donc l'unique

Sic six autres milliards d'humains à l'identique.

 

Tu es la recombinaison toujours recommencée

De milliards de cellules, d'atomes, de photons

Ces milliards de milliards d'ondes qui te recréent

Et des grains de lumière qui fondent ton image,

Qui te sont inconnus, étrangers ou masqués,

Et pourtant familiers dans tes plis mémoriaux

Effleurant dans tes rêves et dans tes émotions,

Arrivant incongrus de la nuit de nos temps,

Allant vers l'autre fin des horizons lointains,

Fin certes provisoire comme la porte fermée

Par l'huis clos et borné toujours reverrouillé

De l'humaine tant humaine arrogante ignorance.

Comme Socrate et Spinoza, Galilée ou Mani

Ou Giordano Bruno sages inécoutés,

Ces sages conspués ou bannis ou tués

Au nom de certitudes dérisoires, éphémères.

 

Enfant tu es surtout, enfant tu es seulement

L'humain que tu deviens constant et volatile.

Ces milliards de milliards de recombinaisons

Te déterminent ainsi, à l'instant et demain

En apparence Même et pourtant déjà Autre.

Leur multitude mime au détour du conscient

L'aléa du hasard ou la nécessité

La prédestination de tant de religions

Ou l'illusion féconde de la liberté

Humble humain re-naissant de l'enfant re-créé

Il n'est pas d'autre choix que ce chemin suivi

Dans un passé fini qui t'échappe à jamais.

Le comprendre en effet peut éclairer la route

L'assumer, un combat redoutable sans doute

Et pourtant prometteur d'un fardeau moins pesant

Pour regarder, sans plus se retourner, devant

Debout digne et serein comme lavé à grands seaux

De tous ces vains chagrins, de ces mauvais procès

Assombrissant ta vie et taclant ta santé

Et ce qui te relie aux autres en nourrissant

Ton nectar, ton suc, ta substance de vie.

Vas, vis, respire, aime et enfin partage

La liberté fondamentale de l'évidence,

Dans cette immensité de l'espace et du temps

Ta plus proche compagne, ton ami exigeant

L'alliée infaillible de ton humanité

Qui loin de t'isoler te relie aux vivants :

Essentielle et féconde, infinie Solitude.

 Jeanne Fadosi, version du 23 février 2007


Poème écrit pour la naissance d'un enfant, et cela aussi c'est une histoire merveilleuse toujours au commencement

Dédicace écrite également à l'époque
Je dédie ce poème à tous ceux que j'aime, à tous ceux qui s'aiment, à tous ceux qui attendent une parcelle de gentillesse, aux enfants de Don Quichotte, à l'inconnu qui a souri, au malade qui s'oublie, à celui qui a faim, à celui qui a mal, à celui qui rayonne et qui par son action, fait reculer l'injustice et la cruauté, bataille toujours recommencée.

Je pourrais aussi, si j'osais, le dédier à Aimé Césaire, qui a quitté cette vie  le 17 avril 2008 à l'âge vénérable de 94 ans et qu'un adulte lucide et généreux m'a fait découvrir dans la foulée de ma lecture de « La case de l'oncle Tom » (ne riez pas, j'avais 9 ans) et à qui je dois avec d'autres auteurs, d'avoir pressenti, dans l'humain, l'universel, à travers son essentielle singularité et ses racines locales, sans peur et sans rejet de l'autre, sans haine, mais pas sans colère ou révolte.

 
Remarque : Le site d'écriture collective Ecriture ludique a changé d'adresse. La nouvelle adresse du blog où l'on peut retrouver les plannings est la suivante :           http://ecritureludique.over-blog.com/

J'ignore si cette communauté a toujours une vie active, mais il est toujours possible d'y consulter une bonne partie des exercices si vous avez envie de vous y entrainer. Kildar, l'un des créateurs de la communauté d'Ecriture ludique, a rétabli les enchainements logiques vers la liste complète des exercices proposés et le planning en 2008 et 2009.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 11:11

~ Billet 75 ~ jeu les lundis arc-en-ciel

Pour continuer les voyages sur la palette de l'arc-en-ciel, Dom nous convie à des déclinaisons en violet.
Bonne idée que ces voyages colorés.
Pas besoin de chercher bien loin, c'est une couleur très présente dans ma vie.
Pas étonnant si vous voyez mon portrait :
Allez, je me découvre

pensée vagabonde - reduc1
Ne faites pas cette moue-là ! C'est bien c'était mon avatar ! à l'époque où j'ai mis ce billet en ligne (précision du 25 février 2013)

Bon si je me reporte aux dictionnaire violet vient de violette : de la couleur de la violette, mélange de rouge et de bleu.
Quelle chance, les premières violettes sont apparues dans mes graviers la semaine dernière
violettes blanches2 - reduc1

violettes blanches - reduc1

Je vous entend d'ici, elles sont blanches, tes "violettes". Et pourquoi n'auraient-elles pas droit à la diversité ?
Ce sont les premières écloses.
Quelques jours plus tard leurs copines se sont pointées, bien violettes cette fois mais toujours aussi inodores.
Quel dommage, leur parfum est si généreux.
violettes mauves - reduc1

Mon appareil photo restitue les violets un peu palichons, mais je vous assure que je les vois d'un violet plus soutenu !

Jugez plutôt.
Pour capter le flacon à peu près fidèlement :
flacon-de-parfum---reduc1.JPG
j'ai dû me résoudre à voir le crépon et les rubans bleuir.

crepon-et-rubans---reduc1.JPG


Mais ne pleurez pas les oignons aussi peuvent se parer de cette belle couleur. D'ailleurs, c'est dans une décoction d'oignons 'rouges" que les oeufs étaient cuits puis finement ciselés pour la décoration de Pâques, en Hongrie par exemple. La saison de cette belle tradition va bientôt revenir.

oignon-rouge1---reduc1.jpg

pastel réalisé à partir d'un oignon avec les conseils de notre pastelliste.

Et si vous voulez musarder dans mes allées, vous y découvrirez mon usage abondant de cette couleur que j'affectionne.

Ce ciel sur les Champs élysées pour mon hommage à Bashung,

et puisque Dom nous invite à une zen attitude, je termine ce billet en réeditant cette photo publié dans un précédent billet

I comme Icare - reduc1


Carpe Diem !

  Goutte chaque seconde de chaque minute
de chaque heure de ce jour. 

Les plus longs chemins
ont commencé par un premier pas.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 20:46

~ Billet  70 ~

Pour terminer la journée, un clin d'oeil à l'idée de Dom sur les lundi arc-en-ciel
Cette semaine orange, comme le magnifique coucher de soleil dont j'ai admiré la progression pendant la vingtaine de minutes où j'ai roulé face à lui, soleil immense, d'un cercle et d'un orange parfait descendant vers les collines et jouant avec la dentelle des arbres encore chauves, et tout autour, un ciel irisé de dégradés plus clairs dans un écrin de bleu cendré.
Pas question de planter ma voiture au beau milieu de la quatre voies à cette heure d'affluence ! Mais nous étions nombreux à avoir l'occasion sinon à apprécier, ce miracle de la nature toujours recommencé.

Et voilà, je ne peux donc pas partager ce film qui s'est imprimé dans mon cerveau, encore un petit miracle de la vie, pour mon bonheur esthétique.

J'allais mettre en ligne les quelques images suivantes triées dans mon ordinateur quand une série de sms m'a convoqué à la gare. Et j'aurais été privée du spectacle de la campagne en féérie. Et je n'aurais pas pu tenter maladroitement de vous le suggérer.

Bonne fin de soirée avant une nuit de rêves dorés !
rose orange  

Rose Fyé pour brodée - reduc

 

 

 

 

 

 

 

 

 


orange en plateau - reduc orange sur toile ciree

 


coquelicots - reduc papillon du jour rd

 

 


 

 

 

 

 

.

.

 

 

 

 

 

Et pour ceux qui m'ont suivi début janvier, un bleuet en quête de rêve
bleuet incandescent - reduc

Pour vous rafraichir la mémoire : Rêvons encore
et Continuons de rêver

Pendant que le rideau tombe sur nos douces nuits !

les feux de la rampe - reduc

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 16:40

~ Billet 56 ~ (publié initialement sous la rubrique "petits écrits ludiques" pour la communauté écriture ludique)

 

Jeu d'écriture pour Ecriture Ludique n°41 sur image sur une proposition de Michel faux rêveur (l'image ci-dessous est proposée en appui par EL) :

proposition41

  Une route qui sillonne au milieu de la nature, le soleil qui profite d'une trouée pour dispenser une lumière irréelle... et un virage. A votre avis, que découvrira le curieux au détour de celui-ci ? Cette question, vous aurez l'opportunité d'y répondre ou non (à votre convenance) dans cet exercice, en vous inspirant de l'image, du titre (Virage)... et pour le reste, en totale liberté :-)

 

En cette fin de matinée d'hiver, le ciel sans lumière fait un paysage sans attrait, rien de plaisant à l'œil, de mornes terres grises, des sillons de jeunes pousses aussi grises se confondant avec le sol et le ciel. Pas de brume, non, rien qu'un dégradé de couleurs sans relief et sans perspective ni profondeur. J'aime cette route au spectacle toujours renouvelé que j'aimerais croquer ou décrire dans ses infinies variations. Mais là, rien que du banal presque laid.

Il est 11 heures et demi et je dois être à la ville voisine avant midi. Personne derrière mon véhicule, inutile de me presser sur cette route faussement plate et sinueuse. Rien qui m'incite à la flânerie pourtant.

Au premier virage, trois voitures se suivent, venant à ma rencontre, en file sage l'une derrière l'autre, sans impatience, aussi grises que le paysage.

Juste après le deuxième virage, un peloton de cinq vélos occupant la surface d'une grosse camionnette, chevauchés par de modernes chevaliers dans leurs juste au corps vivement colorés réveillent quelques secondes cette nature morne.

A l'endroit même où mon jeune cycliste de fin juin avait vacillé et godillé dangereusement sur le côté gauche de la chaussée avant de rétablir in extremis son équilibre ! (épisode raconté dans le billet 04 Si Cassandre). Eux sont à leur place sur la partie droite de la route mais l'occupant sur toute la largeur autorisée par un véhicule à quatre roues. C'est vrai qu'ils en ont dix à eux cinq.
J'ai même cru capter un rai de lumière moins atone, pas même un éclat de soleil, mais Dame Nature boudait décidément la consigne, dans les boucles argentées de la barbe du cycliste qui est passé le plus près de moi.

Au virage suivant, sans que mon regard vigilant et portant loin ne les ait distinguées avant, deux autres voitures, aussi grises que le reste, comme absorbées par ce terne décor. Pas d'impatience là non plus elles roulent à une allure raisonnable et comme les vaillants seniors en manteaux d'arlequin pédalent avec détermination, elles n'arriveront derrière eux qu'à l'entrée de la ligne droite.

A 90 km/h, ce qu'il leur était permis, ils auraient rejoint ces cyclistes indépassables en plein virage.


Je continue tranquillement ma route, mon attention vouée à la conduite. Pas question, avec « toute » cette circulation, de guetter un envol de busard. (Renseignements obtenus, c'est l'hypothèse la plus vraisemblable de ma rencontre de l'autre jour contée dans le billet 49 le berger qui dévorait les livres)

Juste après le virage suivant, encore une autre voiture. Cette dernière roule assez modérément aussi et tellement à droite qu'elle en mord légèrement la berne de temps à autre provoquant alors un écart pour retrouver sa voie. Le conducteur est du coin, se croit prudent en ayant ralenti son allure. Il a un téléphone à l'oreille.

Croit-il sérieusement qu'il aurait le temps et le réflexe de réagir avec pertinence si les cyclistes croisés tout à l'heure, au lieu d'avoir deux virages d'avance, s'étaient encore trouvé à la sortie de ce dernier virage ?


Beaucoup plus loin, entre talus et nids de poule nés des derniers dégels, peinant dans la longue et légère montée traîtresse, un ultime cycliste dans sa combinaison rouge sombre dont le costume moins neuf et moins clinquant m'interpelle sur son appartenance au groupe précédent. Quelques mètres encore et je dépasse le panneau de la bourgade.


Remarque : outre le rayon de soleil qui s'est refusé à mon regard pendant tout le trajet, j'ai fait un autre pas de côté par rapport à la consigne. Tout est vrai et non imaginé, à l'exception du paragraphe [Croit-il sérieusement...à la sortie de ce dernier virage] et évidemment, le paysage ne correspond pas à celui de la photo.



Et pour ne pas rester sur cette palette de tristes couleurs,

 

cycliste sur route de campagne


voyez, sur une autre route, un autre jour, comme la campagne est belle.



Remarque importante : Le site d'écriture collective Ecriture ludique a changé d'adresse. L'adresse du blog où l'on peut retrouver les plannings est la suivante :           http://ecritureludique.over-blog.com/

J'ignore si cette communauté a une vie active, mais il est toujours possible d'y consulter une bonne partie des exercices si vous avez envie de vous y entrainer. Kildar, l'un des créateurs de la communauté d'Ecriture ludique, a rétabli les enchainements logiques vers la liste complète des exercices proposés et le planning en 2008 et 2009.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 11:57

~ Billet  47 ~  (version modifiée) (publié initialement sous la rubrique "petits écrits ludiques" pour la communauté écriture ludique)

Dans le cadre d'Ecriture Ludique : exercice 77 - Citations
Vous avez sans doute, tous, une ou plusieurs citations  préférées, qui vous parlent particulièrement, vous interpellent, vous font réfléchir, conditionnent votre rapport au monde, la façon de le voir, ...

Pour le détail de la consigne, vous pouvez cliquer sur le lien exercice 77

violon bleu Raoul Dufy - reduc
Raoul Dufy, violon bleu

Quelle musique, le silence !

[Jean Anouilh]

Extrait de Le directeur de l'Opéra

Je transpose à l'écriture :
                                                                                                                                
                                                                                                                                
                                                                                                                                
                                                                                                                            
                                                                                                                                
                                                                                                                                
                                                                                                                                
   

                                                                                                                      
                                                                                                                                
                                                                                                                                
                                                                                                                                
                                                                                                                                
                                                                                                                                



Pas convaincus ?
Persistons :

La véritable musique est le silence [...]

[Miles Davis] enfin ! plutôt son traducteur

Vite, nous grimpons jusqu'au poulailler tandis que retentit la sonnerie annonçant le début du concert. Les smokings, Les vestes de fourrures malgré la douceur du printemps, vont plutôt en parterre ou dans les baignoires.
Il n'est plus obligatoire de "s'habiller". Mai 68 a fait sa révolution dans ces détails en ouvrant l'Opéra (il n'y en a qu'un encore) et la Comédie Française à « tous ». Tous les valides. Pour l'accessibilité, il faudra encore bien des lunes.
Notre abonnement est modique mais, en contrepartie, nous avons droit à l'avant dernier rang tout en haut.

En première partie, une création. A ne pas manquer, ont dit les Critiques dans un élan unanime et ... laconique.

Perplexité !

Nos galopades amorties par le tapis élimé de tant de pas, nos cœurs battant du tambour dans nos tempes, nos souffles étranglés malgré notre jeunesse, pardon, le clac du strapontin déjà occupé, pardon, excusez-moi, merci, ne vous dérangez pas, bruissements de la foule qui s'installe.

Les musiciens prennent place et les lumières de la salle s'estompent tandis que la rumeur décroît dans les derniers toussotements...


Le blanc sonne comme un silence, un rien avant tout commencement.

[Vassili Kandinsky]


Le chef d'orchestre s'avance sur la scène avec une belle prestance vers son estrade, salue le public, présente l'orchestre, anime sa baguette.

Et.....

 

 



Rien !


Une partition de silences pendant une vingtaine de minutes.

Aucun commencement n'est arrivé.
La rumeur a murmuré puis s'est enflée en raclements et chuchotements. Quelques sifflets mais ni chahut, ni bataille. Aucun d'entre nous n'osions partir. La surprise et l'attente d'autre chose l'emportaient.

Près de quarante ans après cette première, j'entends encore certains critiques s'enthousiasmer d'une telle audace !

Et je pense toujours que c'est une fumisterie pour snobs argentés.

Le bruit était dans la salle, mais non l'harmonie de la Musique.



La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence.

[Miles Davis]

Et oui, la citation n'était pas complète, et cela change tout !
Sans le silence, point de musique. Sans le repos, point d'action possible.
Si cette radicalité n'a eu qu'un succès confidentiel en musique, la peinture l'a tenté avec plus d'écho. Qui n'a entendu une fois dans sa vie louanger le bleu Klein !
Beaucoup plus récemment, c'est l'auteur d'une toile blanche qui s'est dit vandalisé par le dépôt d'un rouge baiser !
Et cet automne, avec d'autres visiteurs, je cherchais pourquoi une pancarte noire était accrochée à la place du tableau attendu. Hérésie d'une ignorante en esthétique picturale ! La pancarte de petits carrés de cartons noirs, c'était Le tableau !
Imaginez pourtant un livre de littérature, peu importe le genre, poésie, roman, nouvelles, contes etc, sans mots et/ou sans illustrations, un livre vide avec que des pages blanches , ou même de couleur, tiens ? Une pièce de théâtre ou le ou les acteurs ne feraient et ne diraient rien, ne représenteraient rien, pendant seulement les vingt minutes de cette oeuvre musicale ?
Le silence est la trame dont les notes tissent la toile fine ou grossière qui fera le vêtement, le sac ou le drap. De la musique naîtra la danse, la pure écoute ou le sens, introduction au partage des mots ou partage d'un instant de grâce, sans le besoin des mots. 

Le silence est une tranquillité mais jamais un vide ; il est clarté mais jamais absence de couleur ; il est rythme ; il est le fondement de toute pensée.

[Yehudi Menuhin]

Dans notre monde qui nous assaille de tous les bruits, jusqu'au ronron du ventilateur (hargneux ce soir, allez savoir pourquoi) et au cliquetis du clavier sous mes doigts, les espaces de silence relatifs diminuent, beaucoup plus sournoisement que les arbres. Je reste convaincue que le silence est nécessaire à la pensée qui se nourrit de celle des autres. Car nos pensées ne nous appartiennent pas plus que l'air. Elles sont le produit de toute une mémoire et de toute une histoire. Seule est originale la manière dont nous l'exprimons, encore sommes nous chacun tributaires d'un langage pour l'exprimer.
Tout se complique quand le désir de notoriété ou plus prosaïquement les contingences matérielles s'en mêlent !
Les époques produisent des faisceaux de pensées multiples et convergentes qui donnent inévitablement lieu à des batailles de paternité. Peu importe que Rembrandt ait "plagié" ses maîtres, s'il nous a donné des chefs d'oeuvre. Les plus grands noms se sont inspirés de leurs anciens ou de leurs pairs avec reconnaissance ou moins élégamment.
Pour rester dans les références musicales, je ne départagerai pas List et Brahms dans les merveilleuses adaptations qu'ils ont fait des Raphsodies Hongroises.
Mais je frémis à la pensée d'un plaisir assombri par une bataille de droits d'auteurs !

Les citations sont à la pensée ce que le sel et les épices sont à la nourriture.
Votre blogueuse Jeanne Fadosi

Je n'ai pas résisté à la tentation de terminer ce petit jeu par un aphorisme de mon cru
Quant au cuit, que deviendraient les petits penseurs, et chacun devrait l'être, s'ils  s'entrainaient à la  pensée sans le support des citations ? Qui n'a planché sur un "X a écrit dans ses rêveries au bord de la mer de lune [...] " que pensez-vous de ... dans ... ou plus abruptement commentez la phrase de X...? Il est bien nécessaire en effet de dérouler avec plus ou moins de labeur les matériaux de construction d'une pensée en devenir en s'appuyant sur des pistes de réflexion. A moins d'être inspiré par (?), ce que personnellement je ne saurais ni confirmer ni infirmer rationnellement, aucune pensée ne sort de notre crâne sans précédents venus de l'extérieur. Encore a-t-elle besoin de consistance. Comment exercer son esprit critique sans rien à critiquer ?
Et pour puiser dans la pensée des autres la matière d'oeuvre de la sienne, ici encore le silence en soi qui permet d'écouter et de comprendre ce que l'autre vous dit.
Silence et sons s'unissent en d'infinies mélodies et les pensées se forgent dans la complexité de leurs expressions multiples. Quant à savoir qui de l'oeuf ou de la poule est venu en premier....
Longtemps le sel, indispensable à la vie, a fait l'objet de lourdes taxes entretenant la transmission du crétinisme et d'autres maladies de carences. La pensée vivante a besoin de partage.  

Remarque importante : Le site d'écriture collective Ecriture ludique a 
http://ecritureludique.over-blog.com/
n'a plus de vie active, mais il est toujours possible d'y consulter une bonne partie des exercices si vous avez envie de vous y entrainer.
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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 15:00

~ Billet 39 ~ (publié initialement sous la rubrique "petits écrits ludiques" pour la communauté écriture ludique)

Rêvons encore4 - reduc1


A tous je souhaite la meilleure année possible !

Vu les nouvelles fraîches en cette révolution de la nature finissante,

des jours meilleurs sont souhaités et souhaitables

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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 18:47

~ Billet 37 ~ (publié initialement sous la rubrique "petits écrits ludiques" pour la communauté écriture ludique)

Difficile de rédiger une chronique intime tout exprès pour l'exercice proposé. Voir le lien et le résumé ci-dessous.
Surtout que le temps manque en ces périodes.

 

69 - Chroniques intimes (Michel)

Le numéro et le titre de cet exercice vous inquiètent ?

 

Pas de raisons !

 

Sous ce titre volontairement trompeur, il s'agit d'écrire un ou plusieurs textes autobiographiques où vous vous mettrez à nu, avec certains de vos traits de caractère, certaines de vos pensées, pour nous raconter... votre vie en résumé, qui vous êtes, un moment bien précis, à votre convenance... mais votre sujet doit être "vu de l'intérieur". Il faut que ce soit vraiment vous, vos émotions, vos idées, sans travestissement, mais vous choisissez  évidemment quels aspects vous mettez en lumière, quels vêtements de l'âme vous ôtez pour vous dévoiler aux lecteurs.



Je voudrais pour faire vite et en echo au texte de Pensées sauvages, proposer une tranche de vie bien réelle que j'avais posée ici en septembre dans le billet
                                                 En une heure,

on peut retrouver les plannings et les exercices proposés à l'adresse suivante :
http://ecritureludique.over-blog.com/


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 Ephéméride de ce jour

 

et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

"Tous les matins du monde sont sans retour"

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