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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:00

~ Billet 94 ~

Bigornette nous propose en  premier sujet d'écriture une épitaphe pour un chat, en prenant exemple sur celle de Joachim Du Bellay.

                  Les chats, même ceux des autres, ils m'aiment bien,
                  et leur coopération est quelquefois un peu envahissante 


Prologue

 

La très longue épitaphe de Joachim Du Bellay n'est pas poétiquement le poème de lui que je préfère. Mais le propos mérite qu'on s'y arrête. Il est sinon le premier, du moins l'un des premiers à oser rendre publique l'affection qu'il porte à cette bête encore trop souvent à l'époque considérée comme une créature du diable et persécutée comme telle.

Peut-être aussi au-delà, faut-il y voir, déguisé, un hymne à la femme et une dénonciation des  procès en sorcellerie et des persécutions menées par l'Inquisition contre les  femmes trop « libres ».

 

L'épitaphe de Joachim Du Bellay comprend plus de 200 vers.

Du coup, je me suis étalée comme de la confiture pour faire hommage à trois des chats qui ont traversés ma vie.

 

Vous les trouverez par ordre chronologique dans les trois billets suivants. J'ai gardé leurs vrais noms, choisis il y a bien longtemps.  Cette précaution d'usage pour souligner qu'il n'y a aucun rapprochement à faire avec des pseudos que vous rencontreriez par hasard sur la blogosphère.

 

Billet 95 A Minouche

Billet 96 A gribouille

Billet 97 A Toby

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 15:13

~ Billet 84 ~ 

Maintenant que le bigorneau est arrivé à destination, il remplit parfaitement son usage :

Pour passer une bonne journée, il ne suffit pas de se lever du bon pied, il faut surtout passer une bonne nuit et pour cela s'endormir de bonne humeur.

 

Et rien de tel que de lire quelques pages des

 

Avant d'éteindre la lumière.

 

Un vrai régal, et point n'est besoin de marmite, ni d'eau de nouilles. Pour comprendre cette référence rendez-vous au billet précédent.

Bon dimanche !

Coucou Bigornette et un dernier éclat de rire à Brunô

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 10:03

~  Billet 81 ~

Salut Brunô !

 

Cela faisait un moment que j'avais mis de côté la recette du rire de Rabelais pour un autre sujet.

C'est La Gruyère qui me l'avait fait retrouver et celui-là, sur le rire il en connaît un rayon !

 

Mais quand j'ai ouvert mon blog hier matin, mon sang n'a fait qu'un tour en voyant ma bannière rikiki.

banni-refadosi.jpg 

J'ai tout de suite pensé à un poisson d'avril de notre hébergeur et comme le jour s'y prêtait, j'ai illico presto pondu Le rire est le propre de l'homme.

Je l'ai réparé ce matin (la bannière) ainsi que le lien vers L'article de la Gruyère sur Rabelais. 

Ma petite tête de linotte avait vaguement enregistré ton nouveau défi et mes doigts sur le clavier ont sans doute fait le reste ainsi que le joli canular d'Alice.


Comment trouver une recette du rire après un illustre ancêtre comme celui-là.

Subversif, le rire, il en a été cloîtré à  l'abbaye de Maillezais ! Pour ceux qui aiment les vieilles pierres, c'est d'ailleurs une visite très intéressante.

Bon, ton sujet, je m'étais dit que de toutes façons, je n'avais pas le temps de le traiter :

J'ai le rire lent....

 

Et puis mon parrain le clown Rogerly dont j'ai déjà parlé dans le billet 8 : Pourquoi nous voyageons : 2 élargir l'espace, élargir le temps



Rogerly - reduc1 parrain à mondion - reduc1 

 


s'il a enchanté mon enfance de ses clowneries quotidiennes quand il venait en vacances ou que j'allais chez eux, il a toujours, malgré mon insistance, gardé jalousement ses secrets de fabrication. Tant pis pour moi !


Alors sur le rire finalement, je ne sais rien sinon qu'il est le sel de la vie et que sans lui...


En même temps on peut faire des livres très sérieux sur le rire et je me souviens m'être ennuyée à mourir à la lecture d'un essai très savant dont je tairai par gentillesse le nom de l'auteur.


Comme quoi, si on peut mourir de rire, l'ennui est tout aussi efficace !

Le contraire je suis moins sûre :

Je salue bien bas les clowns qui consacrent de leur temps pour adoucir l'ennui et la maladie des petits dans les hôpitaux.

Le rétrécissement des subventions les atteint aussi et ce n'est pas drôle !
Je ne conseillerais pas une cure d'ennui, même s'il semble y être une médecine également pratiquée en ces lieux, pendant que le personnel en est à envisager des patins à roulette pour courir un peu moins d'une chambre à l'autre.

 

Quoi ? J'ai perdu mon sens du rire ? Pas du tout ! C'est dans les moments difficiles qu'il est le plus nécessaire... alors continuons à rire, et toujours selon mes dadas, sans agresser les autres.

J'aime rire
J'aime le rire

Je n'aime pas tous les rires.

Belle journée

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 18:00

~ Billet 76 ~                       Pour les Parchemins de bigornette

 

 

partitions3

Elle écarquille, incrédule, ses yeux devant la vitrine.

Sur la gauche, un phonographe avec son aiguille et son pavillon élégant. A l'avant, ces partitions à « trois francs six sous » avec musique et paroles des succès des années  cinquante, déployées en éventail.

Sur le côté, en retrait, une épinette* sans doute hors d'âge, hors de prix, probablement désaccordée, mais tellement gracieuse sur ses pieds galbés trop chétifs et ses semis de fleurs peintes sur la laque crème craquelée.

Et au milieu de cette joyeuse pagaille savamment organisée, chez cet antiquaire spécialisé du quartier de l'Opéra, il est là, trônant tel un trophée ! Avec une étiquette « Réservé ».

Une moue de dépit !

Double dépit : cet objet perdu depuis si longtemps et désormais inaccessible.

Dix ans en arrière, paralysée par la timidité et la rage, elle aurait sans aucun doute passé son chemin, les larmes troublant sa vue.

Aujourd'hui, la colère a abdiqué, elle pousse la porte dont le grelot tinte comme un carillon d'orchestre.

Le maître des lieux est occupé avec un familier, un vieillard aux blancs cheveux et aux doigts de pianiste.

Elle reste un moment dans le rai de lumière. Un hum ! Leurs regards l'évaluent.

Pas le vêtement d'un acheteur potentiel ! Tout est rare ici. D'exception, onéreux.

- Vous souhaitez voir quelque chose en particulier ?

- Oui, ce coffret beige ...

- Il est réservé, Madame,

- J'ai vu le carton mais cet objet m'est familier. Je voudrais juste le toucher !

- c'est que ... il est en excellent état et le contenu en est fragile.

 

Le vieux monsieur invite son ami à le lui montrer.

L'antiquaire le pose sur un plan de chêne ciré, au fond de la boutique.

Son cœur cogne, ses doigts la brûlent. Leur tremblement se voit-il ?

Elle caresse délicatement le grain toilé du couvercle entre beige et gris, son doigt suit le tracé des lettres à la dorure oxydée, des lettres en alphabet cyrillique.

Dans l'angle gauche à l'intérieur, son nom y figure, au crayon bille noir, même pas biffé.

Les pochettes de papier sont jaunies, elle commence à faire glisser ...

- d'un geste, il l'interrompt : c'est fragile, je vous ai dit.

-oui, mais pas en parfait état, le quatrième ou le cinquième était rayé, ...

Sur les titres du centre, les gommettes à ses initiales F D.

- Ce doit être le quatrième, tenez, regardez là cette strie, l'aiguille sautait toujours à cet endroit dès l'origine !

 

Les deux compères se regardent de connivence.

- Aucun doute, vous êtes la personne que nous attendions.

- Mais ...

- Mon ami en est le vendeur, mais il y a mis une condition ...

- C'est possible, cela ?

L'homme aux mains de pianiste a dit doucement, oui, les objets ont une âme vous savez. Celui-ci vous a appartenu et il vous revient.

 

Il a délicatement refermé le coffret de l'intégrale des symphonies de Vladimir Chostakovitch par l'orchestre philharmonique de Moscou dirigé par Kondrachine qu'elle avait ramené d'un voyage.

Il le lui tend avec un grand sourire tandis qu'elle regarde, incrédule

- Prenez, je vous dis, ce carton était mis pour vous.

 

Fado chant de la terre portugaise, la musique russe en fil rouge dans celle de Chostakovitch avec le bruit et la fureur.

Trait d'union des musiques, ...

Si comme si les rêves se réalisaient...

 

Inutile de vous dire que si j'ai bien ramené ce coffret de Bulgarie, si je l'ai bien perdu comme il en est souvent des objets prêtés trop longtemps, l'histoire qui précède est totalement imaginaire.

 

 

* L'Épinette (ou espinette) est un instrument de musique à cordes pincées et à clavier de la famille des clavecins. L'épinette est un clavecin dont les cordes sont obliques par rapport à la touche du clavier. La corde est pincée avec une plume.

L'épinette était très répandue en même temps que le clavecin en Europe de la fin du XVe jusqu'au XVIIIe siècle. Le terme clavecin ou épinette était utilisé indifféremment. Dans les textes anciens il n'y a pas d'usage strict, le terme épinette désigne en France le clavecin jusqu'au XVIIIe siècle. En Flandres, au XVIIe siècle, un virginal se nommait épinette.

Le terme épinette vient de la France méridionale et l'Italie. La terminaison en "ette" ne serait pas un diminutif mais une francisation de l'italien spinetta.

Actuellement, l'épinette désigne un instrument plus petit que le clavecin.

  Source wikipédia




Quelques liens pour en savoir plus :
L'article Chostakovitch de
wikipédia
Kondrachine et sur sa discographie concernant Chostakovitch
Le site de
l'association internationale Dimitri Chostakovitch


le site Réfmusicologie que j'avais cité contenait deux liens défectueux.
Par prudence, j'ai préféré en supprimer le lien


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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 22:02

~ Billet 73 ~

grand bal - reduc

 

 

 

 

 

"Grand Bal du Printemps
Cet air court les ruisseaux et les rues de la ville
..."

 

 

 


Eh oui, je l'ai déjà évoqué dans mes pensées vagabondes (I)(II)  et  (III).
Il s'agit de Jacques Prévert, avec la complicité du photographe Izis Bidermanas

GRAND BAL DU PRINTEMPS
Publié pour la première fois en 1951.

C'est d'ailleurs comme cela que le livre commence :

Sur une palissade
dans un pauvre quartier
des affiches mal collées
Grand Bal du Printemps
....

Il y chante Paris et le printemps 
Ils osent montrer et nommer la misère, la détresse en même temps que l'aspiration légitime au bonheur.
                                    ~~~~~~~~
La deuxième série de citations est extraite de "l'homme qui rit " de Victor Hugo, écrit pendant sa longue période d'exil dans les Iles anglo normandes et publié en 1869.
Je l'avais  déjà lu deux fois à des âges différents et je je le redécouvre avec encore un autre regard.
C'est une de mes lectures du moment, que je savoure en alternance avec d'autres.

Je rétablis la dernière phrase dont j'avais modifier un mot pour corser la difficulté
"Il est très heureux que les rois ne puissent pas se tromper. De cette façon leurs contradictions n'embarassent jamais"
Victor Hugo fait référence au fait que "un roi ne se trompe pas" est inscrit dans la loi.
le dernier bouffon - reduc
En décembre 1869, le pape Pie IX réunissait le premier concile du Vatican qui, en 1870, définissait le dogme de l'infaillibilité du pape.
                                     ~~~~~~~~~~~~
Le troisième passage est de Charles Baudelaire. Il commence en réalité par

"Il est impossible de parcourir une gazette quelconque ...."

baudelaire

Mais Jacques Prévert, qui le cite dans Grand Bal de Printemps,  n'en dit pas plus si bien que je ne sais pas dans quelles circonstances, quand et où (journal, chronique, oeuvre an prose ? lettre ?) il a écrit ces lignes qui me semblent si actuelles.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:23

~ Billet 65 ~

Un petit bonus
 pour compléter mon p'tit laïus
du thèm' d'la semaine
.

Mon petit laïus sur le braille avait seulement pour but de montrer que ces lettres déclinées en visuels si divers et agréables à regarder sur nos blogs, sources de sens aussi, ne sont pas "visibles", entre autre, par les déficients visuels.

Pour aller plus loin au sujet du braille, je ne saurais trop vous recommander l'article de wikipédia. 
Allez-y en cliquant sur cette belle image trouvée sur cet article :

220px-DSC 4050-MRJCNourisson                                                                     Source wikipédia

                                                "Premier...", photo de JC Nourisson, Borderline,
                                                            rampe en bois gravée en Braille
                                                         archives municipales de Marseilles


J'avais seulement chercher des images d'alphabet et j'avais trouvé celle-ci qui avait l'avantage de la clarté
Mais il me fallait l'autorisation du site de l'Institut Nazareth et Louis Braille de Québec qui en était l'auteur.
C'est chose faite dans le courriel dont voici le contenu :

Bonjour,

Merci pour les bons commentaires.  Je vous autorise à utiliser cette photo en mettant un lien vers notre site.

Au plaisir.

Martin Juneau
Agent d'information
Responsable des communications
Institut Nazareth et Louis-Braille
1111, rue St-Charles Ouest
Longueuil (Québec)  J4K 5G4
www.inlb.qc.ca

Objet Tr : demande d'autorisation d'utilisation en ligne de la photo de l'alphabet Braille

Je le fais d'autant plus volontiers que ce site  propose outre un article bien documenté sur le braille, une quantité d'autres informations pour les déficients visuels, notamment en ce qui concerne la navigation internet.
 Donc voici la planche complète, ainsi que le lien vers le site en question :

brailledeinlb.qbc
En cliquant sur l'alphabet, vous irez directement sur la page de l'Institut relative au braille et en naviguant sur les rubriques de gauche, vous en découvrirez les origines ou encore les normes au Quebec.

Quelques autres liens utiles :
le système Braille du site OPHTASURF, sur l'ophtalmologie
qui renvoie lui-même pour plus d'informations sur
le site AVH de l'Association Valentin Haüy qui vient en aide aux mal-voyants

Et si vous êtes tentés par un coloriage de l'aphabet Braille, vous  trouverez sur le site d'Educol.net des coloriages et photos éducatives à télécharger gratuitement. dont l'alphabet braille suivant :

alphabet-braille-11015-medium(© Educol.net )

Mais mon alphabet coup de coeur est celui-ci.
alphabet-11447-medium(© Educol.net )

Vous les trouverez sur cette page :

http://www.educol.net/fr-images-coloriages-colorier-photo-alphabet-c368.html



 

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 08:46

~ Billet 62 ~

Seconde contribution pour les Parchemins de Bigornette sur le thème du café.

      Cette histoire est imaginaire. Mais elle est un condensé de ce qui peut se produire,
      non dans des temps anciens et dans des pays lointains, mais ici et maintenant.

bar3

Lou écrase son nez à la vitrine. La pluie glacée s'insinue entre l'écharpe et la peau,  glisse comme une lame le long de son échine. Il rêve du grand bol de café fumant que sa mère lui préparait après ses nuits trop courtes ; à sa main tendue qu'il ne traitait pas bien.

Il pense au mug de café fumant que Lu va lui poser sur le comptoir avec les croissants de la veille et des sachets de sucre entamés. Normalement Lu, il devrait les mettre à la poubelle. Mais Lu, il s'en fout. Il les garde pour Lou. Il aime bien le goût de biscotte de ces rassis invendables, Lou.

Lu tarde aujourd'hui. Ce n'est pas son genre d'arriver après l'heure.

Cela fait près de trente ans qu'il est arrivé chez nous, Lu. Fuyant son pays en guerre et plein d'espoir dans le Pays des Droits de L'Homme.

Lu n'arrivera pas à l'heure aujourd'hui. Il n'arrivera pas du tout.

Depuis qu'il a vu des contrôles d'identité aux abords de l'école, il fait un large détour et part encore plus tôt. Il ne croise plus le facteur et son salut amical.

Il attend le renouvellement de son titre de séjour.

Depuis le temps, Lu, il prend cela comme une formalité banale. Au début, cela l'humiliait. La toute première fois, il s'en souvient, Lu, c'était en juillet 1986. Il avait un emploi salarié à l'époque. Un bon boulot qui lui permettait même d'économiser des sous. Faut dire qu'il ne rechignait pas à la tâche, Lu. Deux ans déjà qu'il avait quitté ses rizières, sans même avoir pu donner une sépulture digne à ses parents.

Il en avait bavé les premiers mois. Quelques mains aidantes lui avaient maintenu la tête hors de l'eau. Des anonymes. Certains étaient devenus des amis. . Il avait même pu reprendre la gérance de ce petit bistrot, Lu. Il croyait être bien intégré. Il formait une bonne équipe avec ses salariés, Lu.

On lui avait donné un papier provisoire, valable trois mois, puis trois mois, puis six mois. Depuis longtemps le séjour était prolongé de trois ans en trois ans.

Il ne comprend pas le retard à sa demande. C'est vrai, il a un peu traîné pour le renouvellement de son permis. Il espérait tant être enfin naturalisé cette année !

Un contrôle de jeunes à la tronche pas banale, son regard étonné ou son air trop discret, la patrouille lui a demandé ses papiers à Lu. Permis périmé... de quelques jours. Pas d'explications. Il s'est retrouvé au poste, Lu, puis au centre de rétention.

Sa femme rejoint son travail, ignorante de ce qui se joue. Ses enfants sont grands, à Lu, enfin les enfants de sa femme. Lu n'a pas eu d'enfant ici. Son drame, leur drame, passera inaperçu.

Lou, rêvant de son bol, ignore tout cela. Il prendra un sucre. Pour remercier Lu, il arrangera la corbeille de fruits pour la mise en place de ce midi : l'ananas sur un lit de mangues, les bananes enroulées autour des poires. Il n'a pas son pareil, Lou, pour en faire une œuvre d'art !

Le froid l'engourdit, Lou, il se laisse glisser le long de la vitrine, s'accroupit sur ses talons.

Le facteur ne croise plus Lu dans sa tournée. Il glisse dans sa boite aux lettres l'avis de recommandé pour aller chercher le précieux sésame.

Il n'en sait rien, Lu. Demain, il sera peut-être expédié vers ce pays dont il se souvient si peu, ce pays en paix maintenant. Il rejoindra la province où ses parents ont été massacrés. Il parait que c'est toujours le même gouverneur.

Lu pense à Lou qui va rester le ventre vide ce matin. Il pense à sa femme qui va tant lui manquer. Il pense à son fils, enfin le fils de sa femme, mais c'est tout comme, à la compagne de ce fils dont il ne connaîtra pas le fruit qu'elle porte en elle.

Il pense, Lu, il pense...

Lou déplie ses doigts gourds et bleuis. Un passant dépose une pièce dans le creux de sa paume.

Oh Prévert !

« Il est terrible le bruit de l'œuf dur sur le comptoir

Dans la tête de l'homme qui a faim

Œuf dur, café crème, œuf dur, café ... »




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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 21:14
~ Billet 61 ~

Pour le thème sur le café proposé par Bigornette pour ses parchemins

Les mardi se suivent et ...  ne se ressemblent pas. Ce matin, je rêvasse en sirotant mon bol de thé nature. Demain, j'y  remettrai du lait, j'aime tant ce petit goût de noisette !

De quoi te plains-tu ma vieille ! Ce n'était rien qu'un petit dérangement passager.

Quand il en est tant qui se bagarrent crânement avec des vraies saloperies.

Tiens ; MaousArtistDéfiantl'Olibrius, j'aime bien visiter son blog. Il va rester en jachère quelque temps mais je vais y aller quand même, histoire de lui dire qu'on ne l'oublie pas et,  si possible, lui apporter un peu de légèreté.

Est-ce l'homme au foulard rouge dans son allée d'hiver de Mado dont rêve secrètement et si joliment  Oxygène ?

Pardon pour le thé, cela fait plus de trente ans que j'ai abandonné le  café au lait du matin, trop pesant pour les heures suivantes. A l'époque, j'arrivais à reconstituer le vrai goût du thé anglais de mon enfance, avec deux sucres, quelle hérésie ! Mes papilles s'en satisfaisaient.

La radio bourdonne dans son coin sans que j'y prête attention. Décidément ces tartines fraîchement grillées et beurrées. Hm mm ! Je préfère aux biscottes. Mardi dernier, vous m'auriez trouvé en tête à tête avec un bol d'eau chaude au citron et au miel et une wasa, sorte de biscotte scandinave, sans rien dessus. Si encore j'avais eu une salade d'ananas pour l'accompagner ! Il parait que c'est très efficace pour faciliter les digestions.

Et comme Dana nous avait convié sur la toile à y apporter des masques, je n'avais rien trouvé de mieux que de franchir, pas du tout allègrement, la porte du virtuel au réel pour faire de mon visage un masque terreux du plus bel effet pour La nuit des morts vivants !

Aujourd'hui, la radio bourdonne dans son coin sans que j'y prête attention. Je voudrais bien mettre au propre mes deux textes pour Bigornette. Mais tiens, voilà que la radio me parle à moi. Il y est question de bigorneau justement. C'est l'heure de la revue de presse. Mon cœur s'affole. Qu'est-il donc arrivé au Bigorneau pour faire la une de ma radio préférée ?

Bigre ! C'est tous les bigorneaux qui sont en danger ! Avec le chamboule tout climatique que nous infligeons, dans notre insouciance, à la planète, les bigorneaux se fabriquent des coquilles plus fines, donc plus fragiles. Ce qui est fort apprécié des crabes. Alors, pour s'en protéger, les bigorneaux ont appris à courir plus vite.

Hé, Bigornette ! Est-ce pour cela que tu nous ravis de ta débordante activité blogienne ?

Ne me demandez pas dans quel journal ils en causaient ! Les hauts parleurs de mon ordi ont décidé de fermer boutique et ils sont partis à la cloche de bois sans me prévenir.

Mais j'y pense ! C'était aussi l'autre lundi ! Pas étonnant que mon instrument magique n'ait plus de son. Si vous saviez quelle cacophonie de cymbales et de tambours se querellant sous mon crâne ! Bref, je n'avais pas la banane, mardi dernier ! Et avec ça, une langue blanche et râpeuse comme du sucre au goût de lessive.

Allons bon, je n'avais pas mis le chapeau sur le a et le correcteur d'orthographe m'offrait le choix avec rappeuse. Comme si j'avais envie de déclamer du rap ce mardi là !

C'était plutôt comme un lendemain d'orgie ... sans orgie. Et même pas au fond d'un verre Hé, hé (rajout de dernière minute après avoir fait un tour en crabe chez Bigornette).

Bon, voilà que je suis en train d'emprunter des bouts de mon billet griffonné. Oublions ce moment calamiteux ! Ce mardi matin, après tout, j'ai appris que les bigorneaux savaient sprinter. Je me sens moi aussi dans une forme olympique. Même si je ne m'inscris pas au marathon de New York ! Ce midi, je me ferai  une bonne tasse de café ! Heureusement ...

« Tout passe en ce monde, sauf le café dans les mauvais filtres. »

  [Alphonse Allais]

Extrait du journal Le Chat noir - 4 Février 1882

citation trouvée sur evene.fr que vous pouvez rejoindre ici

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 22:27

~ Billet 52 ~

Remarque : en cliquant sur les mots soulignés vous irez visiter les pages évoquées dans ce billet (si je n'ai pas fait d'erreur sur les liens).

Un commentaire d'ABC m'a suggéré :
"Tu pourrais retrouver dans mon blog, un texte "primevère", écrit à ces belles demoiselles pour qu'elles ne viennent pas trop tôt dévoiler leur trésor ! "

 

je suis allée sur son blog et je cherche la rubrique recherche. Celle-ci fait GO et non OK, mais c'est toujours du sabir anglo-universel.
Le moteur me répond :

! Nous n'avons trouvé que peu d'articles correspondant à votre recherche sur le blog detente-en-poesie.over-blog.com/ . Celle-ci a donc été étendue à tous les blogs de Over-blog.com.

Moi, je ne demandais que le lien vers l'article Primevère, qui me donnait une clé bien poétique, et cela suffisait à ma quête.


Mais bon, l'au-delà de ma demande va me permettre d'approfondir la question sur ces fleurs qui rivalisent avec d'autres pour se réclamer la première (prime) fleur du printemps à apporter du vert (vere). ce dernier point (merci Bigornette d'avoir remonté à la surface 
 point à la ligne  ce texte malicieusement réfléchi) est sorti de mon chapeau et l'idée n'est pas forcément lumineuse (clin d'oeil à Bruno pour son pied de lampe portant chapeau).
Pardon, j'ai encore fait des détours. Ceux qui m'ont lu attentivement savent que c'est un de mes défauts. J'en ai comme tout le monde beaucoup !

Revenons aux pays des primevères sur over-blog.
Voici quelques visites suggérées et vérifiées :
pour l'érudition botanique, le blog de kris de Niort :
krissnature ou plusieurs espèces de primevères sont présentées dont les primevères
pour une découverte à la fois précise et concrète celui de Marithé, le temps des fleurs,
pour une photo de star allons chez
Roby
De là, je suis allée chez
Jocelyne. Mais là, il ne faut pas demander à OB de citer ses concurrents. Normal !
Une petite vexation d'amour propre. OB n'avait pas mentionné mes propres articles. A moins qu'il n'ait intégré que je devais déjà savoir ce que j'avais écrit.

Et merci à Oxygène pour son haïku déposé en commentaire :

             Clin d'oeil du printemps
              Primevère est apparue
               Douce à notre coeur




autre résistante2 - reduc
Elles ne payent pas de mine, mais elles sont frigorifiées.

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 17:08

~ Billet 44 ~ Ou le zèle étourdi
Prevert2

 

 Parenthèse : et non, je ne vais pas enlever la cigarette de cette photo célèbre de Jacques Prévert, même s'il faut le répéter sur tous les tons : le tabac fait des ravages, ses victimes en conviennent, mais toujours trop tard.


Avant toutes choses, je voudrais préciser ici que mon propos est davantage de mettre l'accent sur mes propres maladresses de « surfeuse » que de relever les inévitables imprécisions et lacunes de tel ou tel site ou moteur de recherche.

Il est bien connu que c'est d'abord le lecteur pressé ou l'auditeur ou le spectateur selon le média utilisé qui ne retient que ce qu'il veut bien y trouver quand il en retient quelque chose.

J'en ai encore eu l'expérience hier en faisant un détour par le blog de Bigornette, blog que j'apprécie.

Elle nous propose un sujet d'écriture et nous précise ceci : « j'ai retrouvé des textes sur d'autres sujets passés, égarés, déposés au mauvais endroit, ils ont été mis en ligne avec retard, c'est dommage ! Pour éviter ce genre d'inconvénient, je vous demande de bien déposer vos textes en commentaires sous ce sujet sur ce blog.... »

Suit le sujet du nouveau jeu proposé.

 

Ce qui n'empêche pas le second commentaire d'afficher (pardon à son auteur, qu'il n'y voit aucune malice de ma part surtout, cela aurait pu arriver à n'importe qui. Je suis coutumière moi aussi de ce genre d'étourderie) :

 

 « Et si on veut particper on t'envoie les propositions de texte Où ? »

 
Je m'en vais loin de mon propos ? Voire.

Mes vagabondages mentaux sur la citation de Prévert m'ont amenée à vouloir la contextualiser comme on dit maintenant. La resituer dans son texte et dans son époque. Non par souci de précision mais pour savoir si mes divagations pourraient avoir une quelconque pertinence. Mes billets n'avaient pas pour sujet principal la recherche de l'origine qui fait l'objet de ce 3ème billet.

Le premier part de l'envie d'interpréter la citation, le second de mes tentations de chemins buissonniers sur le net où je me laisse facilement écarter du sujet de mes réflexions et m'éloigne souvent même de mes questions.

Ce n'est pas la toile qui m'a apporté une réponse mais un courrier, fût-il électronique.

 

Par paresse je n'ai pas relu le courriel.

La phrase était pourtant concise et précise :

 

« Bonjour,

Cette citation est extraite de "Adonides", dans le recueil Fatras (1966).

Bien cordialement, ...

Relevez au passage que l'usage du courriel peut ne pas faire oublier par tout le monde la convivialité d'une politesse bien utilisée.

 

Je n'ai retenu que la première moitié de la phrase :

... Adonides et 1966.

Et encore je n'ai reconstitué le mot « adonides » (pardon de mon puits d'ignorance aux spécialistes de Prévert) que via Adonis, dieu antique, dans un vague souvenir et un bel Adonis, expression un temps populaire et parce que j'avais quand même lu avec perplexité que l'expression n'était pas « anodine ».

Je note au passage juste au-dessus qu'Adonaï n'est autre que le titre donné à Dieu dans l'ancien Testament et dans la Bible hébraïque. Le cousinage, même fortuit est troublant.

 

Comme Adonis est un dieu phénicien, je vous fais grâce de mon détour par la Phénicie l'un des berceaux des civilisations occidentales dès le IIIème millénaire avant J-C qui s'étirait le long de la méditerranée  de la Syrie au nord au Mont Carmel et Haïfa au sud.

 

Je retourne sur les moteurs de recherche, tape donc adonides et Prévert
Et découvre Joan Miro et une exposition actuelle. Mais point de 1966. Les avis sont partagés selon les sites entre 1978, 1972 et 1975.

Ouvrir plusieurs pages faire le tri des sites d'enchères, je n'utilise pas la toile de cette manière mais vu la rareté de ces pièces numérotées, les prix ne sont de toute façon pas compatibles avec ma bourse.

Fermer des Pop Up intempestives au détour de certaines pages, pourtant mon pare feu est en général efficace. Cela ne m'a pas empêché de voir mon écran illustré d'une ou deux réclames pour des voyances !!!


Revenons à mes recherches :

Ce qui revient quand même le plus fréquemment c'est Joan MIRÒ - Jacques PRéVERT : ADONIDES - Paris, Maeght (c'est l'éditeur), 1975 pour des tirages numérotés.

Ce n'est que plusieurs pages plus loin que je trouverai une piste sur le site dédié à Marcel Carné, compagnon de Prévert dans ses aventures cinématographiques. :

 

Adonides, avec gravures en couleurs et gaufrages de Miro, Maeght, 1978 (texte déjà publié dans Fatras) 
 

Fatras, avec 57 reproductions de collages de l'auteur, Gallimard, NRF, collection " Le Point du Jour ", 1966. mais point d'adonides, info glanée sur une autre page dont, pardon, je n'ai pas noté l'adresse.

Ma perplexité restera entière à propos de 1972 car l'intérêt d'un éclaircissement de vaut pas le temps et les nouveaux tâtonnements, ainsi que les nouvelles tentations de surf sauvage que cela entraînerait.
 

Plus tard, dans l'extrait mis à disposition par l'INA d'un entretien avec Prévert de 1961 (Jacques, ne pas oublier Pierre, talentueux cinéaste et parolier aussi mais resté souvent dans l'ombre de son frère.), je découvrirai qu'il travaillait déjà aux Adonides.


Adonides ou fatras, lequel est dans l'autre ?

Fatras a intégré en 1966 les adonides en leur état puis fatras a été inclus dans les Adonides et peut-être exposés dans un premier temps, sans doute complétés car pour Prévert, une œuvre, un texte, un collage... n'était jamais abouti et il reprenait son ouvrage volontiers même après les premières parutions.

Finalement, ce n'est qu'à l'occasion d'une promenade sur internet pour un autre sujet relatif à Prévert, que je suis tombée sur le site d'édition en ligne de Munich, GRIN sur le sommaire d'un séminaire de Thomas Edeling de l'Université de Bayreuth qui s'intitule:

L'intermédialité dans « Fatras »
de
Jacques Prévert

 

donnant des hypothèses intéressantes dans l'introduction sur les motifs pour lesquels les dates de rédaction ne sont pas toujours connues.


Pour mes vagabondages en pensées à partir de « fatras », ce sera une autre histoire. Je vous promets d'y revenir un peu plus tard.


Il se fait tard (pour moi), je sais que les surfeurs sont beaucoup plus nocturnes et je publie ce texte en l'état, avec ses imperfections et j'y reviendrai pour l'illustrer si des idées d'images me viennent.


Samedi 21 février : je récapitule les dates :
1966 publication des fatras qui présentent l'état du moment des Adonides mises en chantier depuis au moins 1960

1975 publication des Adonides

 

 

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