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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 03:00

 

"Thème libre", a dit Lilou pour le second jeudi en poésie du défi n°92 des CROQUEURS DE MOTS

Gourmandise, la cuillerée de lait, ... m'en voudra-t-elle Lilou, si je réédite ce poème de Victor Hugo (déjà réédité pour son défi n°87 pour le "feu"). Il me semble qu'il est bien dans la continuité de ce que j'ai mis en ligne et qui plus est, de saison.

 

... Je lui pris la main : "Entrez, brave homme."

Et je lui fis donner une jatte de lait.

Une jatte de lait, c'est moins pingre qu'une cuillerée ... De quoi satisfaire la faim et la gourmandise

 

Le mendiant

 

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.

Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant

Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.

Les ânes revenaient du marché de la ville,

Portant les paysans accroupis sur leur bâts.

C'était le vieux qui vit dans une niche au bas

De la montée, et rêve, attendant, solitaire,

Un rayon de ciel triste, un liard de la terre,

Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.

Je lui criai : " Venez vous réchauffer un peu.

Comment vous nommez-vous ?" Il me dit : "Je me nomme

Le pauvre." Je lui pris la main : "Entrez, brave homme."

Et je lui fis donner une jatte de lait.

Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,

Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.

"Vos habits sont mouillés, dis-je, il faut les étendre

Devant la cheminée." Il s'approcha du feu.

Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,

Etalé, largement sur la chaude fournaise,

Piqué de mille trous par la lueur de braise,

Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.

Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé

D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,

Je songeais que cet homme était plein de prières,

Et je regardais, sourd à ce que nous disions,

Sa bure où je voyais des constellations.

       Victor Hugo, , V, 9 ; décembre 1854,

       Les contemplations publié en 1856

 

Illustration : Le repas du mendiant, de Picasso, 1903    

Bonus entendu ce matin : si vous avez le temps, une émission à écouter en entier :   

Comme on nous parle du jeudi 20 décembre 2012 sur France Inter :

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon

et si vous manquez de temps, écoutez au moins le reportage sur le Boulevard Hausmann à partir du temps 34mn40 (durée environ 3 minutes)  

 

Rendez-vous sur ce blog à partir de lundi 24 pour le lancement du défi n°93    

 

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commentaires

L

Oh que non, je ne peux t'en vouloir ! je ne me lasse pas de Victor Hugo.


Merci de nous offrir un si beau poème.


avec le sourire
Répondre
J


merci Lilou, je me doutais bien ... bises



K

Une période difficile pour eux...


 



Répondre
J


Oui, et cruelle avec ces étalages dont ils sont exlus. Mais je crois que c'est sous la chaleur de l'été, quand les relais sont fermés, quand ils sont encore plus invisibles que c'est encore plus
difficile pour eux. Le froid est cruel mais ça on en est encore conscient


merci Kri. passes de bonnes fêtes



S

Maintenant on est plus méfiant avec ceux qui frappent à notre porte, mais je ne crois pas que nous soyons moins généreux.
Répondre
J


Il y a toujours eu des gens généreux et d'autres pas et il est vrai qu'il ne faut pas idéaliser le passé. On est méfiant et on a raison de l'être car il y a aussi des personnes mal intentionnées.


Nous vivons quand même une époque où l'individualisme et la morgue des plus riches sont devenus habituels



V

J'ai regardé ton nouveau blog. Je suis d'accord avec ce que tu en dis. Je n'ai même pas pu mettre mon post!! VITA
Répondre
J


je ne sais pas si cela tient au design que j'ai choisi ou si c'est le cas de tous. il faut ouvrir l'article en lui-même (soit en cliquant sur lire la suite, soit en cliquant sur son titre). Tu as
alors un emplacement pour faire un commentaire.


La fonction repost est toute différente et je n'ai pas trouvé comment la désactiver. Elle permet à quelqu'un d'autre de publier l'article sur son propre blog sans modification et avec
l'indication et le lien de l'origine.


bises et belle fin de semaine



V

J'aime Victor hugo, mais je ne connaissais pas ce poème. Merci pour la découverte. Bises  VITA
Répondre
J


Victor Hugo est un auteur prolifique. Il est bien difficile de tout connaitre de ces écrits. Ravie de t'avoir fait découvrir ce poème


bises



Q

Rien n'a changé, je crois... sinon que je me demande si nous ouvrons encore la porte à des inconnus.


 


Passe une douce soirée. Je t'embrasse.
Répondre
J


ouvrir à des inconnus peut être risqué. et les portes sont munies de plein de trucs qui font barrière. Nous vivons une époque formidable ()


bises et belle journée (sans soleil)



O

Un merveilleux poème écrit par un immense poète mais qui nous montre que la misère était et est toujours -hélas- d'actualité.


Bises à toi Jeanne
Répondre
J


d'où la nécessité de continuer à l'évoquer à défaut d'avoir le pouvoir de l'éradiquer


bises et belle journée



L

un beau poème de Victor Hugo !! 
bon aprem !bisous !
Répondre
J


comme beaucoup chez cet auteur. J'aime beaucoup aussi ses romans et L'homme qui rit en particulier Bises



J

immortel Hugo !


bonne journée Jeanne
Répondre
J


Dommage que certains de ses sujets comme celui de ce poème le soient aussi ...


belle journée Josette



L

Bonjour Jeanne,


Cette réédition n'est pas inutile. Ce magnifique poème de Victor Hugo est toujous hélas de plus en plus dans l'actualité. Bises amicales.


Henri.
Répondre
J


et d'une cruelle actualité pour ceux qui sont concernés


Bises amicales



M

Ce poème est vraiment très beau et tu as bien fait de le rééditer en cette veille de Noël !


Bonne journée



Répondre
J


il est rare qu'un poème de Victor Hugo ne me plaise pas


belle journée



J

C'est beau... Merci Jeanne ! Merci... bises
Répondre
J


Victor Hugo reste l'un de mes poètes préférés bises



L

Avec plus d'un siècle passé cepoème de Victor Hugo est dune cruelle actualité
Répondre
J


toujours oui. Et sans doute ouvre-t-on moins la porte



P

Je l'avais oublié... Merci ! belle journée et bises
Répondre
J


alors cela tombe bien. Victor Hugo avait bien vieilli. bises



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