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21 mai 2023 7 21 /05 /mai /2023 05:00

24 octobre 2020, j'ouvrais un article à rédiger en l'intitulant ainsi.

Un brouillon entièrement silencieux tant sur ce vague à l'âme et ses causes (personnelles ? planétaires ? un mélange des deux ?) que sur l'éloge du silence, si ce n'est par une absence de contenu.

Une page blanche qui me rappelle l'anecdote d'un prof de philo au bac, pardon, d'un professeur de philosophie au baccalauréat : réalité ou blague entre ces profs ? à un sujet de dissertation "Qu'est-ce que le courage ?", le candidat écrit une seule phrase sur sa copie, "Le courage, c'est ça."

Et mon collègue de compléter en disant son embarras à noter. Le barème lui enjoignait de mettre un zéro alors qu'une copie vide de sens mais avec une introduction, deux ou trois parties et une conclusion aurait les points de la mise en forme, voire plus s'il n'y avait pas de fautes d'orthographe.

Et j'évoque avec cette anecdote une époque antédiluvienne où la fièvre de tout évaluer en découpant les notes par critères n'avait pas encore trop parasité les directives pédagogiques.

Il y a des jours, depuis toute petite, où une fatigue et un sourd mal-être diffus et reconnaissable dans tout le corps m'alerte sans autre précision sur la tragédie d'un événement.

Une sensation pas vraiment douloureuse mais dérangeante à laquelle l'expression "vague à l'âme" fait sens bien plus que ce qu'on en trouve dans les dictionnaires. Rien à voir avec le moral : c'est physique.

C'est après coup que je peux faire le lien avec ce qui est arrivé à un ou des êtres chers ou  touchant à l'universel. Il m'arrive aussi de rêver. Non pas avant mais au moment de l'événement.

Comme je suis agnostique et pas superstitieuse*, je pense que dans un avenir plus ou moins lointain nous découvrirons une explication logique à cette sensibilité que nos ancêtres devaient avoir en bien plus grande part.

Si nous n'avons pas détruit la vie sur cette planète avant, voire la planète ...

En ce mois de mai, cette sensation de flottement et cette très légère angoisse, m'ont accompagnés plus qu'habituellement. 

* Bon, d'accord, j'évite de passer sous une échelle ... quand il y a quelqu'un qui fait des travaux au-dessus ...

Reste le mystère de la deuxième partie de mon titre d'alors : "éloge du silence" ! ?

Vaste sujet ! Quand faut-il dire et quand faut-il taire ?

Si les secrets pourrissent la vie, si les dénis en détruisent, toute vérité n'est pour autant pas bonne à dire.

N'éveillez pas le chat qui dort ou éveillez le ?

Et que penser de cet adage martelé depuis des générations ?

"La parole est d'argent, le silence est d'or" ?

Rêvons encore

Ecoutez le silence
Le silence de la vie
Sourdre sous la feuille
Qui frémit sous l’hiver
Le silence de la paix
Qui murmure sous vos deuils
Qui gémit sous vos peines
Le silence de la nuit
Qui veille sur nos rêves
Le silence de la faim
Apaisée par le pain
Le silence de la soif
Etanchée à la source
A la source de vie
Partagée entre tous
Différents et pareils
Malgré nous solidaires
Sur cette terre finie
A tous et à personne
Le silence de la terre
Où se sont tues les armes
Le silence du ciel
Où se sont tues les bombes
Enfin

Rêve ?

Rêve…

©Jeanne Fadosi, 31 décembre 2008

Vague à l'âme et Eloge du silence
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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 15:10

Avec l'indication d'usage que les habitués connaissent par coeur et dont ils peuvent s'agacer. Mais c'est aussi cela transmettre : répéter pour ne pas laisser sur le bord de la route les nouveaux venus ...

Sur l'image du sujet de semaine 9 de miletuneA vous de décider* de la découvrir avant ou après la lecture de ce qu'elle m'a inspirée, au croisement d'autres évocations (images support)

Qu'est-il advenu ?
 

Instantané fugace
de moments heureux
sur patins à glace.
Quand dans l'illusion
les corps harmonieux
les corps en fusion
bonheur contagieux
dansaient sublimés
juste des corps
la tête vide
habitée encore
par le geste avide

Instant où s'efface
la morosité
des journées si lasses.
Fragments éclatés
de ces souvenirs
de sérénité.
Leurs rêves d'avenir
à leur dure réalité
se sont fracassés
en morceaux menus.
Mes oiseaux blessés
Qu'est-il advenu
de vos appétits
à votre naissance
de croquer la vie ?
Qu'est-il advenu
de vos espérances ?

Jeanne Fadosi pour miletune, image de la semaine 9

* Les mots lus ne sont jamais tout à fait les mêmes que les mots écrits, y compris quand ils sont relus par leur auteur. Les mots impulsés par une image échappent eux aussi, et c'est tant mieux, à un seul déterminisme bi-univoque. Mais il n'est pas gratuit de lire sans voir l'image, ou en l'ayant vu ou en la voyant. Quel que soit votre choix, découvrir l'image support avant ou après, vous ne pourrez remonter le temps pour comparer les expériences.

Le choix de l'une interdit les autres.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 06:00

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Ademar le soir
n'est pas noir 
plutôt gris
très épris
sous le balcon
en chanson
dit son amour
fait sa cour
Ademar le noir
chante le soir
en bas de la tour
pour lui dire adieu
ou qui sait à Dieu.
Ademar l'albigeois
est aux abois
Il vient d'être banni
Ce soir c'est fini
Il part pour Aragon
Sa dernière chanson
dans le soir se vrille
Demain, il ira en castille

Jeanne Fadosi pour le prénom du mercredi,

lundi 23 février 2015
 

Adémar le Noir (Ademar lo negro en occitan) fut un troubadour occitan du XIIIe siècle. son domaine dépendait du comté d'Albi et à ce titre il fut victime de la croisade des Albigeois.

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 13:00

Billet 77  (publié initialement sous la rubrique "petits écrits ludiques" pour la communauté écriture ludique)

pour le jeu d'écriture ludique : Chroniques intimes

 

Humaine, rien qu'humaine  

 

 

Enfant de quelque part, enfant de nulle part

D'ici et de partout, d'un hameau, d'une maison

D'une région, d'une nation parmi près de deux cents

Sur l'infime poussière d'un brumeux univers.

Enfant né de l'union d'une femme et d'un homme

Dans leurs corps généreux d'un amour véritable,

Tu es un pont reliant les futurs au passé

A moins que ce ne soit les passés au futur.

Enfant de rien, enfant de tous,

Enfant de tout, enfant du vent

De la pluie, du soleil, de la nuit, de la vie.

Différent et semblable, tu te crois donc l'unique

Sic six autres milliards d'humains à l'identique.

 

Tu es la recombinaison toujours recommencée

De milliards de cellules, d'atomes, de photons

Ces milliards de milliards d'ondes qui te recréent

Et des grains de lumière qui fondent ton image,

Qui te sont inconnus, étrangers ou masqués,

Et pourtant familiers dans tes plis mémoriaux

Effleurant dans tes rêves et dans tes émotions,

Arrivant incongrus de la nuit de nos temps,

Allant vers l'autre fin des horizons lointains,

Fin certes provisoire comme la porte fermée

Par l'huis clos et borné toujours reverrouillé

De l'humaine tant humaine arrogante ignorance.

Comme Socrate et Spinoza, Galilée ou Mani

Ou Giordano Bruno sages inécoutés,

Ces sages conspués ou bannis ou tués

Au nom de certitudes dérisoires, éphémères.

 

Enfant tu es surtout, enfant tu es seulement

L'humain que tu deviens constant et volatile.

Ces milliards de milliards de recombinaisons

Te déterminent ainsi, à l'instant et demain

En apparence Même et pourtant déjà Autre.

Leur multitude mime au détour du conscient

L'aléa du hasard ou la nécessité

La prédestination de tant de religions

Ou l'illusion féconde de la liberté

Humble humain re-naissant de l'enfant re-créé

Il n'est pas d'autre choix que ce chemin suivi

Dans un passé fini qui t'échappe à jamais.

Le comprendre en effet peut éclairer la route

L'assumer, un combat redoutable sans doute

Et pourtant prometteur d'un fardeau moins pesant

Pour regarder, sans plus se retourner, devant

Debout digne et serein comme lavé à grands seaux

De tous ces vains chagrins, de ces mauvais procès

Assombrissant ta vie et taclant ta santé

Et ce qui te relie aux autres en nourrissant

Ton nectar, ton suc, ta substance de vie.

Vas, vis, respire, aime et enfin partage

La liberté fondamentale de l'évidence,

Dans cette immensité de l'espace et du temps

Ta plus proche compagne, ton ami exigeant

L'alliée infaillible de ton humanité

Qui loin de t'isoler te relie aux vivants :

Essentielle et féconde, infinie Solitude.

 Jeanne Fadosi, version du 23 février 2007


Poème écrit pour la naissance d'un enfant, et cela aussi c'est une histoire merveilleuse toujours au commencement

Dédicace écrite également à l'époque
Je dédie ce poème à tous ceux que j'aime, à tous ceux qui s'aiment, à tous ceux qui attendent une parcelle de gentillesse, aux enfants de Don Quichotte, à l'inconnu qui a souri, au malade qui s'oublie, à celui qui a faim, à celui qui a mal, à celui qui rayonne et qui par son action, fait reculer l'injustice et la cruauté, bataille toujours recommencée.

Je pourrais aussi, si j'osais, le dédier à Aimé Césaire, qui a quitté cette vie  le 17 avril 2008 à l'âge vénérable de 94 ans et qu'un adulte lucide et généreux m'a fait découvrir dans la foulée de ma lecture de « La case de l'oncle Tom » (ne riez pas, j'avais 9 ans) et à qui je dois avec d'autres auteurs, d'avoir pressenti, dans l'humain, l'universel, à travers son essentielle singularité et ses racines locales, sans peur et sans rejet de l'autre, sans haine, mais pas sans colère ou révolte.

 
Remarque : Le site d'écriture collective Ecriture ludique a changé d'adresse. La nouvelle adresse du blog où l'on peut retrouver les plannings est la suivante :           http://ecritureludique.over-blog.com/

J'ignore si cette communauté a toujours une vie active, mais il est toujours possible d'y consulter une bonne partie des exercices si vous avez envie de vous y entrainer. Kildar, l'un des créateurs de la communauté d'Ecriture ludique, a rétabli les enchainements logiques vers la liste complète des exercices proposés et le planning en 2008 et 2009.

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 Ephéméride de ce jour

 

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je n'oublie pas Anne-Sophie

les yeux dAnne-sophie

et ses compagnes d'infortune :

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015 ; 123 en 2016 et en 2017 ; 121 au moins en 2018 ; 150 en 2019 (au moins 122 confirmés)

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

le temps s'écoule à sa cadence,

trop vite ou trop lentement,

sans retour possible

N'oubliez pas que

"Tous les matins du monde sont sans retour"

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