Au fil de mes réflexions, en partant du quotidien et ou de l'actualité, d'une observation, ou à partir de thèmes des communautés de blogs ...
~ Billet 111 ~
pastel sec sur papermat griffonné en une vingtaine de minutes pour ce billet
Je ne pensais pas écrire de nouvel article pour le thème de la semaine de Dana sur une proposition de Kri concernant le silence.
Le billet Ou le silence ... Silence ...S ? me semblait entrer dans le sujet en me permettant de ménager mon dos en compote.
Ou bien alors seulement vous recommander ce roman lu il y a quelques mois
Juste quelques unes des premières phrases du prologue, (p13 éditions Sonatine, 2008) en citation pour vous embarquer dans son ambiance :
« [...]
New York avala le bruit des coups de feu sans effort, [...]
Personne ne l'entendit parmi une telle abondance de vie.
Peut-être à cause de tous les autres bruits.
[...]
La ville continuait à vaquer à ses occupations. Un nouveau jour commencerait bientôt, et rien d'aussi insignifiant que la mort ne possédait le pouvoir de les différer.
Ce n'était qu'une vie, après tout ; ni plus ni moins. »
Saluons au passage le talent du traducteur Fabrice Pointeau.
A ma première lecture, j'ai lu pratiquement tout le livre avant de comprendre le sens du titre.
En extrayant ces quelques mots du tout début, je m'aperçois que tout y était déjà là en condensé.
Oui, il est important de faire silence pour entendre la vie autour de soi.
Je l'avais recommandé à la vendeuse d'une sympathique grande librairie qui encourage les clients à donner leurs points de vue sur leurs lectures
Bien au-delà du thriller qui vous tient de bout en bout en haleine, c'est aussi un roman historique qui vous emmène dans l'Amérique profonde des années de la grande crise jusqu'au années cinquante ou soixante, plus vraie, loin des clichés convenus que l'on a habituellement de cette nation qui nous fascine et nous effraie en même temps.
J'avais eu récemment le plaisir de constater que pour la première existence de son prix du Roman noir, , le jury des lecteurs du Nouvel Observateur lui avait décerné le prix du roman étranger.
Je ne suis pas peu fière de mon intuition. Ce n'est pas la première fois que mes errances aux rayons de mes promenades dans les allées de libraires me conduisent à des futurs primés. Une de mes grandes fièrtés est d'avoir offert à une toute jeune journaliste dès sa sortie le livre de Viviane forester « l'horreur économique » publié en 1996 chez Fayard et plus que jamais d'une cruelle pertinence.
Je voulais faire silence sur cette jolie conquête moderne que je constatais semaine après semaine sur un chemin de retour.
Pour protéger ce besoin de tranquillité loin du tapage médiatique.
Entre bretelle d'autoroute et talus, à l'abri du béton du tablier du pont, j'avais vu pousser la cabane, non pas planche après planche, j'y passais trop peu souvent pour cette observation, proprette, simple mais pleine de charme. J'y avais même vu quelques fleurs. Rêve ? Réalité d'un lieu qui s'apprivoise ?
Etait-ce comme on dit maintenant de ce mot trop snob et galvaudé "un objet d'art conceptuel "?
La circulation dense et lente me laissait souvent le loisir de l'apercevoir progresser en un nid de moins en moins frustre pour abriter peut-être une ou plusieurs personnes qui ne demandaient rien d'autre qu'à se protéger des intempéries. Même pas en silence sûrement, vu le lieu. Au dessous des vrombissements de ces engins rugissants.
C'est trop tard, ce désir de discrétion n'a pas été respecté !
Mercredi, la vitesse et les péripéties accaparaient mon attention sur la chaussée et ses monstres à roulettes. Je n'aurais pas vu ....
Ce jour-là, exceptionnellement, j'avais un passager dans ma voiture. Elle, (ma voiture), ce n'est pas un monstre, seulement un objet de déplacement utilitaire bien pratique.
Lui, (mon passager), n'a pas de voiture, ni le permis de conduire, ni jamais assez de sous pour obtenir l'un et l'autre.
J'ai entendu mon passager s'exclamer :
« Ben, ça a drôlement brûlé sous le pont. Tout est cramé. »
C'était la première fois qu'il empruntait ce chemin avec moi et sûr qu'il aurait su ce qui avait brûlé s'il avait vu comme moi cette pimpante maisonnette de conte de fées.
Y avait-il des habitants ? Qui étaient-ils ? Sont-ils saufs ? Vont-ils pouvoir reconstruire autre chose en un ailleurs qui les chasse toujours et encore de partout ?
Sûr qu'il sera fait silence sur leur disparition. Ces nomades à peine tolérés, toujours harcelés, souvent méprisés.
Sûr qu'on a encore bien des progrès à faire dans l'apprentissage de notre humanité !