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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 18:00

Je remonte des profondeurs de ce blog un article mis en ligne le 26 avril 2012, en écho à celui de Quichottine, Virtuels réédité ce matin de dimanche 8 janvier 2017 et faisant suite à une réédition de Commenter

 

le thème proposé par Enriqueta nécessitait de déborder dans les coulisses de la réflexion. Ma participation pour les CROQUEURS DE MOTS se trouvait dans mon billet intitulé   Fragments d'une chronique japonaise, de Ryoko Sekiguchi.

 

C'est pour ces envies d'à côtés par rapport aux consignes des défis, jeux ou exercices des communautés, et pour m'en tenir (dans le billet principal) à leurs consignes autant que possible, que j'avais créé Coulisses et contrechamps de nos blogs, (vite abandonné par manque d'échos : le concept était je crois mal compris).

 

Pour compléter ou revenir sur un billet plus ancien aussi, préciser ou modifier ce qui y avait été présenté.

 

La possibilité d'y mettre en lumière autrement les commentaires suscités était vite apparu.

Mais peut-être que ces "coups de projecteur" intimidaient-ils : les commentaires se sont raréfiés.Sans décourager les commentaires importuns. Chacun "apprivoisait" les possibilités des blogs et autres moyens d'Internet, leurs inconvénients aussi et les administrateurs des plateformes tatonnaient comme leurs utilisateurs. (ajout du 08/01/2017)

Enriqueta nous avait donc proposé pour ce jeudi en poésie le nom ou l'adjectif  "virtuel"

Voilà un sujet vaste, polysémique, et en pleine mutation en ce qui concerne l'espace numérique qui essaime toujours plus dans nos vies et notre planète.

 

Quand j'ai ouvert mon blog, je l'avais écrit dès mon billet d'accueil comme l'un de mes objectifs ...

 

"Une réflexion sur le réel et le virtuel que je voudrais plus visible."

 

Le nez dans le guidon des itinéraires des communautés que j'aime  suivre, j'ai depuis trop longtemps perdu de vue cette intention ...

 

Pour le jeudi en poésie "virtuel" proposé par Enriqueta pour le défi n°80 des CROQUEURS DE MOTS, j'avais utilisé cette photo pour illustrer quelques fragments d'une "chronique japonaise", de Ryoko Sekiguchi   

 

bureau-tsunami1 - reduc1

 

Une photo prise en France, le 11 mars 2011, loin du littoral et de tout risque de tsunami, bien plus loin encore du Japon.

Elle m'avait été envoyée vers la fin de janvier 2012 pour illustrer les mots que je posais à la fin de mon auto-portrait.

à propos des mille petits riens de la vie,

du monde comme il va

des moyens de chacun pour se protéger un peu

et bâtir son cocon.

 

Je n'avais pas encore lu, ni même acheté, peut-être, "Ce n'est pas un hasard".

 

Quelques jours plus tard, je recevais de la même provenance ceci :

Cette photo reçue en pixels

dans ma boite à courriels,

accompagnée de quelques mots

 

(j'ai resserré le cadrage des deux photos)

 

hiver2012_reel-et-virtuel---reduc1.JPG

 

"la neige va tenir

cette photo pour illustrer le réel et le virtuel"

 

Ce n'était pas écrit exactement comme cela.

 

Ici ce ne sont que des images. Avec fleurs et désastre sur la première, avec neige et vol d'oiseau sur ciel d'été pour la deuxième. 

En haut simultanéité des temps, incompatibilité des événements, arrêt sur image qui figera l'instant tant que des outils permettront de lire l'image prise à ce moment-là, qui n'est plus.

En bas, rencontre de l'hiver et de l'été, d'un jardin de ville et d'un ciel maritime, par la médiation d'un outil informatique. Réunion dans une même image de deux temps et de deux lieux ...

 

Quelques liens pour pour alimenter la réflexion 

virtuel (wikipedia)

réalité virtuelle (wikipedia)

 

et si vous avez envie d'aller encore plus loin l'ouvrage en ligne de Pierre Lévy Sur les chemins du virtuel

Attention !

A l'époque, je ne modérais les commentaires qu'exceptionnellement. Mais le premier m'a mené à une minutieuse vérification que je commente en réponse.

C'est un spam publicitaire avec lien pour mener à un site aux élucubrations aussi suspectes que trompeuses sous une apparence scientifique.

Je ne peux malheureusement pas le supprimer car dans l'administration, l'accès aux commentaires n'a pas de pagination (ce qui sature la mémoire de mon navigateur puisqu'il faut charger tous les commentaires plus récents) et il n'est pas prévu non plus de pouvoir désactiver leurs liens.

Voilà, s'il en était besoin, un aperçu de ce qui nécessite la modération des commentaires dès lors que l'on ne peut les suivre à la seconde* et que l'on aborde le moindre sujet qui peut être sensible.

* Même ainsi, ne jamais perdre de vue que ce qui a été rendu public ne serait-ce que quelques secondes est susceptible d'être relié sur la Toile même si on l'efface.

 

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 05:00

(première mise en ligne 3 octobre 2013)

Réédition jour de la fête des mères en France, date choisie pour les cérémonies officielles du centenaire de la bataille de Verdun (info Le Monde)

Commémoration que certains fort éloignés de l'esprit de paix et de dépassement qu'elle devrait diffuser ont tenté d'accaparer en réussisant à en faire exclure des fêtes en marge un groupe de rap CLIC --->.

Pourquoi ce choix du 29 mai pour une bataille qui s'étira et s'enlisa sur pratiquement toute l'année 2016 de février à décembre ? Peut-être parce qu'elle fit tant de morts et tant de veuves et tant d'orphelins et tant de fiancées dont les ventres resteront stériles ... Mais alors de quel droit exclure les nouvelles générations  ?

 

Quand les poilus regagnaient un monde sans fenêtres ...

 

Pour les jeudis en poésie des CROQUEURS DE MOTS, dans le cadre du Défi n°108 proposé par M'amzelle Jeanne (ce n'est pas moi), je profite de la fenêtre de tir ouverte par la parution d'un rapport officiel remis le 1er octobre 2013 dit "rapport sur les Fusillés pour l'exemple"4, 6 pour mettre en ligne le texte de la Chanson de Craonne, autrement connue sous les titres de La Chanson de Lorette ou Sur le plateau de Lorette5, ou encore Les Sacrifiés.

 

Chanson dont les auteurs nous sont inconnus et pour cause :

Vivement condamnée par les autorités militaires, celles-ci offrirent une petite fortune à celui qui en dénoncerait l'auteur.

 

On doit à Paul Vaillant-Couturier3, avocat et journaliste puis homme politique, capitaine pendant la guerre de 1914-1918, d'en avoir recueilli les paroles telles qu'elles étaient devenues en 1917 après des transformations successives à partir d'une valse-romance de 1914.

 

Je l'ai redécouverte à l'occasion de mes muzardises sur les pas de Pia Colombo, grâce à une autre prodigieuse petite fenêtre qui ouvre grâce à Internet sur bien des ressources documentaires.

Car, oui, dans les années 1950, Pia colombo fut l'une des premières à inscrire cette chanson anti-militariste à son répertoire alors qu'elle était tombée dans l'oubli. Malheureusement, je n'ai pas trouvé d'enregistrement avec la voix de Pia. Celle-ci (CLIC) est chantée par Marc Ogeret, un autre chanteur trop méconnu, et cela me convient tout à fait.

 

 

La chanson de Craonne1,2

 

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,

On va r'prendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile.

Mais c'est bien fini, on en a assez,

Personn' ne veut plus marcher,

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots.

Même sans tambour, même sans trompette,

On s'en va là haut en baissant la tête.

 

Refrain

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes.

C'est bien fini, c'est pour toujours,

De cette guerre infâme.

C'est à Craonne, sur le plateau,

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés !

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards

Tous ces gros qui font leur foire ;

Si pour eux la vie est rose,

Pour nous c'est pas la mêm' chose.

Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,

F'raient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,

Nous autr's, les pauvr's purotins.

Tous les camarades sont enterrés là,

Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

 

au Refrain

 

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve.

Soudain, dans la nuit et dans le silence,

On voit quelqu'un qui s'avance,

C'est un officier de chasseurs à pied,

Qui vient pour nous remplacer.

Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

 

Refrain

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,

Car c'est pour eux qu'on crève.

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève.

Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,

De monter sur l'plateau,

Car si vous voulez la guerre,

Payez-la de votre peau !

Anonyme(s), 1917, sur la musique de Bonsoir M'amour 

(Adelmar ou Charles Sablon, le père de  Jean Sablon)

Paroles recueillies par Paul Vaillant-couturier publiées en 1919.

 

Pour aller plus loin :

1. La chanson de Craonne (article wikipedia)

2. La chanson de Craonne (sur le site Découvrez Mussy)

3. Paul Vaillant-Couturier (article wikipedia)

4. Dépêche de l'AFP : les fusillées de 1914-18

5. C'est au plateau de Lorette que se trouve le Cimetière militaire Notre-Dame de Lorette

Pour le centenaire de la première Guerre mondiale, un mémorial international sera édifié sur le plateau, à proximité de la nécropole.

 

6. Pour vous éviter les tentations d'écouter les avis partisans sur cette douloureuse et sensible question de l'Histoire, je vous invite vivement à prendre connaissance du rapport lui-même, il est en ligne et téléchargeable au format pdf. (je croyais avoir relevé le lien du site où je l'avais trouvé. Je vais le chercher)

Complément du 27/05/2016, j'ai retrouvé la page d'un rapport (est-ce le même ?) inscrit à la présidence de l'Assemblée nationale le 17 mai 2016) CLIC --->

 

Quiriace - reduc1

Mieux qu'un monument aux Morts, cette statue commémore les soldats de la guerre 1914 - 1918,

dans le village de Champfleur dans la Sarthe

 

Et comme en écho, Le texte que ma inspiré l'image de la fenêtre de Mil et Une la semaine dernière :

Le Chant des entrailles

 

 

Bonus ajouté vendredi 4 octobre grâce à la chronique  ce matin à la fin du 7 - 9 de France Inter 

C'est sans doute un hasard, mais j'en suis particulièrement émue :

Quand j'étais petit, François Morel 

(à écouter jusqu'à la fin)

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Published by Jeanne Fadosi - dans jeudi-en-poésie-etc
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 15:00

mis en ligne le 19 juin 2014

Remonté sur le dessus de la pile pour célébrer 

ABSOLUTELY FABULOUS

(à suivre chez emma (pictozoom) dans le billet immédiatement plus récent)

Depuis les derniers réglages du moteur de la coquille par notre nouveau capitaine, voici le deuxième jeudi en poésie du défi n°125, sous le signe de la liberté par la nouvelle barreuse Eglantine.

thème libre et si l'on sèche, "les parfums divers et variés". 

 

La tulipe

 

Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande ;

Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand

Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,

Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.

 

Mon air est féodal, et, comme une Yolande

Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,

Je porte des blasons peints sur mon vêtement,

Gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.

 

Le jardinier divin a filé de ses doigts

Les rayons du soleil et la pourpre des rois

Pour me faire une robe à trame douce et fine.

 

Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur,

Mais la nature, hélas ! n’a pas versé d’odeur

Dans mon calice fait comme un vase de Chine.

 

Théophile GAUTIER

Recueil : "Poésies nouvelles et inédites", 1839

 

Gauthier-la-tulipe.jpeg

Eh oui, il me semble bien que je n'avais pas encore mis en ligne tous les poèmes de mon anthologie d'adolescente

 

Si vous préférez les poètes qui chantent les fleurs odorantes, vous y puiserez dans Ronsard l'amour des roses et son art d'en apprivoiser les parfums pour les offrir aux femmes qui l'inspiraient ...

Lire Ronsard polychrome, de Cochonfucius

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 05:00
Oyez Croqueurs malade des mots ...

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Les excès de mots

peuvent être des maux.

Est-ce une manie ?

une vraie maladie ?

Rien de tel pour guérir

que de venir

sur Fadosi continue écouter Raymond Devos Parler pour ne rien dire,

excellente thérapeutique

pour stimuler l'esprit critique.

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 05:00
Oyez Croqueurs venez guérir ...

Oui venez guérir les maux par des mots, venez écouter qui sait parler au vent, qui sait vous écouter aussi,

Chamane sur Fadosi continue ...

Pour les CROQUEURS DE MOTS et le défi n°143 proposé par Enriqueta nous invitant à évoquer des médecines parallèles.

Parallèle à quoi ? quand la médecine chamanique a infiniment plus d'ancienneté, d'universalité et de pratique que la médecine moderne, qui, au demeurant, a pour certaine part la sagesse de trier les superstitions dangereuses des pratiques vertueuses des médecines traditionnelles.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 06:00

Au grenier, de Jeanne Fadosi (c'est-à-dire ma pomme) a été réédité pour le défi n°141 des CROQUEURS DE MOTS de Enriqueta sur Fadosi continue.

J'ai plus souvent l'habitude de mettre en ligne des poèmes choisis plutôt que les miens. Mais bon, pourquoi pas celui-ci ?

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 06:00

Bon d'accord, c'était pour le défi n°58 et il n'est pas dans la liste. Mais si je vous répète ce que M'annette nous avait suggéré alors pour le jeudi "Conte, on raconte"

Et puis c'est aussi dans quelques semaines la onzième nuit de la chouette organisée un peu partout et dans ma région par le Parc naturel du Vexin

Selon ma nouvelle habitude, mes participations aux défis d'écriture s'installent sur Fadosi continue. Les Hiboux n'échappent pas à cette migration.

(plus de commentaires ici et souvenez-vous que là-bas, les commentaires y sont modérés)

réédition. première édition 23 juin 2011, 11:00

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Nous revoici jeudi. Le temps passe si vite ! Et le jeudi, c'est poésie pour les CROQUEURS DE MOTS. Cette semaine à la baguette, avant d'écrire un conte pour le défi n°58, m'annette nous invite à marier contes et poésie.

 

J'ai tout de suite pensé à un vieux livre (l'ai-je encore) ou les contes populaires collectés étaient tous écrits en vers. Mais au même moment, je me rappelais que certaines des chantefables de Robert Desnos m'avaient évoqué un conte.

 

Alors, dans l'esprit du jeudi 16 juin 2011, et pour prolonger un peu la fête de la musique, voici

"à chanter sur n'importe quel air"

 

la chantefable Les Hiboux, qui sont très chouettes, et dont les yeux sont des bijoux.

 

Les Hiboux

 

Ce sont les mères des hiboux

Qui désiraient chercher des poux

De leurs enfants, leurs petits choux,

En les tenant sur les genoux.

 

Leurs yeux d'or valent des bjoux

Leur bec est dur comme cailloux,

Ils sont doux comme des joujoux,

Mais aux hiboux point de genoux !

 

Votre histoire se passait où ?

Chez les Zoulous ? Les Andalous ?

Ou dans la cabane bambou ?

A Moscou ? Ou à Tombouctou ?

En Anjou ou dans le Poitou ?

Au Pérou ou chez les Mandchous ?

 

Hou ! Hou !

Pas du tout, c'était chez les fous.

 

Robert Desnos1, Chantefables et chantefleurs2

Gründ, 7ème édition 19833, page 46

 

1 Robert Desnos, 1900 - 1945

2 Chantefables et chantefleurs

3 J'ai appris en mettant en ligne le Dromadaire la semaine dernière, et grâce au lien vers Les amis de Robert Desnos que les Editions Gründ avaient préparé pour ocotbre 2010 une nouvelle édition de ces merveilleuses petites comptines illustrées par Laura Guéry et Julie Wendling. Alors si le coeur vous en dit, il est sans doute disponible à la vente.

 

639px-Aryballos_owl_630_BC_Staatliche_Antikensammlungenwiki.jpg

cliché emprunté à wikimedia commons. Un clic sur l'image pour plus d'informations

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 06:00

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Défi n°139 des CROQUEURS DE MOTS proposé par enriqueta sous le signe des résistances, avec pour ce 2e jeudi en poésie la suggestion de partir d'une citation d'un résistant.

J'ai choisi jeudi dernier le poème d'Aragon en hommage aux Résistants fusillés et juste après la mort de Jean Moulin qui était alors le chef de la Résistance.

Ce jeudi, je fais un pas de côté pour décliner, avec Jean de La Fontaine, d'autres formes de résistances aux vents contraires

Bonus sur Fadosi continue dès cet après-midi 14 heures

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas.

Le chêne et le roseau, Jean de La Fontaine

 

Le Chêne et le Roseau


Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.

Jean de La Fontaine, Fables, Livre I, XXII, 1668

Jean de La Fontaine, 1621 - 1695, poète français

Jean Moulin, 1899 - 8 juillet 1943, haut fonctionnaire et résistant français

résister, définitions du wiktionnaire

résistance : définitions du wiktionnaire

Le chêne et le roseau, de Jean de La Fontaine

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 06:00

Puisque enriqueta, pour le défi n°139 des CROQUEURS DE MOTS, nous convie à mettre en ligne un poème ou une chanson qui évoque une forme de résistance, ce poème m'est bien sûr apparu le plus évident ;

Pour la dédicace implicite d'Aragon à Jean Moulin, pour ma propre référence à Raymond Aubrac, autre résistant et grand témoin ;

Pour le dessin enfin ...

 

Mise en ligne précédente 19/04/2012 08:00

Pour ce jeudi en poésie du défi n°79 des CROQUEURS DE MOTS, le mot à mettre en poésie était Dessin.

 

La petite écolière de mon souvenir avait déjà fait Le dessin avec les crayons de couleur le jeudi précédent.

 

Alors, en cette semaine où l'on avait rendu les honneurs militaires à l'un des derniers Grands Résistants de la guerre de 1939-45, Raymond Aubrac, j'avais envie de rendre un hommage posthume à l'un de ses compagnons de route dont la trajectoire a été interrompue comme tant d'autres quelques jours avant que Louis Aragon ne date ce poème. 

Jean Moulin est mort le 8 juillet 1943. Le poème de Louis Aragon est signé du 14 juillet 1943.

 

 

Ballade de celui qui chanta dans les supplices

 

Et s’il était à refaire,

Je referais ce chemin

Une voix monte des fers

Et parle des lendemains.

 

On dit que dans sa cellule

Deux hommes, cette nuit-là,

Lui murmuraient : « Capitule,

De cette vie es-tu las ?

 

«Tu peux vivre, tu peux vivre,

Tu peux vivre comme nous ;

Dis le mot qui te délivre,

Et tu peux vivre, à genoux. »

 

Et s’il était à refaire,

Je referais ce chemin.

Ta voix qui monte des fers

Parle pour les lendemains.

 

Rien qu’un mot, la porte cède,

S’ouvre, et tu sors. Rien qu’un mot,

Le bourreau se dépossède ;

Sésame, finis tes maux !

 

Rien qu’un mot, rien qu’un mensonge

Pour transformer ton destin :

Songe, songe, songe, songe

A la douceur des matins. »

 

Et si c’était à refaire,

Je referais ce chemin.

La voix qui monte des fers

Parle aux hommes de demain.

 

J’ai tout dit ce qu’on peut dire :

L’exemple du roi Henri ;

Un cheval pour mon empire ;

Une messe pour Paris.

 

Rien à faire ! Alors qu’il parte,

Sur lui retombe son sang !

C’était son unique carte,

Périsse cet innocent.

 

Et si c’était à refaire,

Referait-il ce chemin ?

La voix qui monte des fers

Dit : « Je le ferai demain. »

 

Je meurs et France demeure

Mon amour et mon refus.

Ô mes amis, si je meurs,

Vous saurez pourquoi ce fut !

 

Ils sont venus pour le prendre,

Ils parlent en allemand ;

L’un traduit : « Veux-tu te rendre ? »

Il répète calmement :

 

Et si c’était à refaire,

Je referais ce chemin.

Sous vos coups chargés de fers,

Que chantent les lendemains !

 

Il chantait, lui, sous les balles,

Des mots « sanglant est levé ».

D’une seconde rafale

Il a fallu l’achever ;

 

Une autre chanson française

A ses lèvres est montée,

Finissant la Marseillaise,

Pour toute l’humanité.

Louis Aragon, Paris, 14 juillet 1943

 

Deux justifications de le faire figurer sous le thème du dessin lors de ce précédent défi et sous le thème de la résistance pour ce nouveau défi.

 

La première, que certains de mes fidèles lecteurs connaissent déjà, (Pour que chantent d'autres lendemains...) qui était ma manie d'adolescente d'illustrer les poèmes que je retranscrivais soigneusement dans mon anthologie personnelle.

 

Ballade Aragon1

ballade Aragon2

 

La deuxième, évidente quand on sait que Jean Moulin, avant même d'être le chef de la résistance dont on se souvient, fut, sous le nom d'artiste de Romanin, un dessinateur et caricaturiste de talent de l'entre deux guerres.

 

Si vos pas vous conduisent à Bourges, le musée de la résistance et de la déportation du Cher à bourges avait organisé une exposition de ses oeuvres du 18 avril au 15 juillet 2012

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 06:00

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Chat noir pour la carte blanche donnée par lilou, capitaine de quart du défi n°138 des CROQUEURS DE MOTS;

Et bien sûr, le plus célèbre d'entre eux, le cabaret de Montmartre ouvert par Rodolphe Salis et qui doit sa notoriété notamment à Aristide Bruant

.

Le Chat Noir
La lune était sereine
Quand sur le boulevard,
Je vis poindre Sosthène
Qui me dit : Cher Oscar !
D'ou viens-tu, vieille branche ?
Moi, je lui répondis :
C'est aujourd'hui dimanche,
Et c'est demain lundi ...

{Refrain:}
Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
A Montmartre !
Je cherche fortune ;
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
A Montmartre, le soir.

La lune était moins claire,
Lorsque je rencontrai
Mademoiselle Claire
A qui je murmurai :
Comment vas-tu, la belle ?
- Et Vous ? - Très bien, merci.
- A propos, me dit-elle,
Que cherchez-vous, ici ?

{Refrain}

La lune était plus sombre,
En haut les chats braillaient,
Quand j'aperçus, dans l'ombre,
Deux grands yeux qui brillaient.
Une voix de rogomme
Me cria : Nom d'un chien !
Je vous y prends, jeune homme,
Que faites-vous ? - Moi... rien...

{Refrain}

La lune était obscure,
Quand on me transborda
Dans une préfecture,
Où l'on me demanda :
Etes-vous journaliste,
Peintre, sculpteur, rentier,
Poète ou pianiste ? ...
Quel est votre métier ?

{Refrain}

Aristide Bruant, 1884

Affiche de Théophile-Alexandre Steilen, 1896
Affiche de Théophile-Alexandre Steilen, 1896

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Ecouter Le chat noir par Aristide Bruant

Le chat noir, célèbre cabaret de Montmartre créé en 1881 par Rodolphe Salis

Le chat noir, revue hebdomadaire créée en janvier 1882 par Rodolphe Salis et Emile Goudeau pour assurer la promotion du cabaret

Aristide Bruant, écrivain et chansonnier, 1851 - 1925

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et chaque jour

je n'oublie pas Anne-Sophie

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145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015

(clic sur son regard pour comprendre ... un peu)

 

Profitez des instants de la vie :

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trop vite ou trop lentement,

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